Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 14 septembre 2018

Emploi. Les viticulteurs et les candidats aux vendanges des liquoreux se sont retrouvés au lycée viticole de La Brie le 7 septembre lors de Viti-actions organisé par le Pôle emploi de Bergerac, l’Anefa Dordogne, en partenariat avec le CFPPA.

Top chrono pour les vendanges

Dès 8 heures du matin, une légère tension est palpable dans l’amphithéâtre du lycée de La Brie à Monbazillac. Les vendangeurs potentiels affluent. Juste avant de rencontrer les viticulteurs en quête de main-d’œuvre, on leur donne quelques instructions qui pourraient bien leur servir. Surtout, pour ceux dont c’est le premier exercice du genre. Trois cents offres sont à pourvoir. Il s’agit de récolter les raisins pour les vins liquoreux à partir de fin septembre, début octobre. Les grappes sont récoltées à surmaturité et la récolte s’effectue manuellement avec un sécateur. « L’action sur les baies du botrytis cinerea n’est pas homogène d’où la nécessité de vendanger en plusieurs fois par tries successives », explique Josiane Boccalon, du CFPPA de la Dordogne qui a présenté rapidement les différentes formations proposées pour les jeunes et les adultes. Pour ces dernières, la Région Nouvelle-Aquitaine propose des aides. Puis, une petite vidéo leur est diffusée montrant les services de Pôle emploi dont le site maintenant.pole-emploi.fr lancé en mai dernier qui permet de mettre en relation directe demandeurs et employeurs, sans CV, sur tablette, mobile ou ordinateur. « C’est dans l’air du temps », assure Valérie Moreau, directrice du Pôle emploi de Bergerac.

La quête de vendangeurs

Valérie Laffargue, directrice de l’Anefa Dordogne, pouvait comptabiliser 200 candidats et 24 viticulteurs participants au forum, soit des chiffres plus élevés que l’année passée marquée par les effets du gel sur le potentiel de production.
Pourtant, les viticulteurs éprou-vent bien du mal à combler tous leurs besoins à l’image du château de Monbazillac, un gros pourvoyeur en la matière (voir article ci-dessous). Benjamin Chabrol, dirigeant du domaine La Grande Maison à Monbazillac participe pour la deuxième fois au forum. Ayant déjà recruté 6 personnes avant de venir, Il affiche davantage d’optimisme et en recherche autant pour vendanger ses 14 ha en culture biologique plantés en cépages blanc sec, rouge et monbazillac. « J’ai pu recruter 4 personnes ce matin avec une liste complémentaire bien remplie. Il me manque encore deux personnes mais je pense que je vais trouver. On a toujours des retardataires qui appellent. Je vais mettre une publication sur Facebook. J’ai rarement manqué de vendangeurs », explique-t-il.
Parmi les candidats, on retrouve quelques profils atypiques comme ce jeune homme roux avec un sac à dos imposant. Âgé de 20 ans, Sam est d’origine australienne. Il parle assez bien français et fait des études universitaires en Allemagne dans l’informatique et la linguistique. De passage en France pour faire de la randonnée pendant ses vacances, il a trouvé à se loger à Bergerac chez une personne qui l’a pris en stop. « J’attends pour une offre à Rouffignac-de-Sigoulès. Je n’ai jamais fait les vendanges », dit-il mais semble bien décidé à tenter l’expérience en Bergeracois.


« Un vrai trou d’air »

2319 temoignage« On a du mal à trouver. À cette époque, d’habitude, le service de recrutement de la cave compte 200 à 250 demandeurs. Là, on atteint les 50 ou 60 », explique Ludovic Heugas, conseiller viticole de la cave de Monbazillac. Pour ses 170 ha en vendanges manuelles, le château recrute entre 110 à 120 personnes. Au moment du forum, une trentaine était déjà sur liste à la cave, auxquels on pouvait ajouter une quinzaine de saisonniers permanents et autant de profils inscrits rencontrés lors du forum du 7 septembre. « On est à 15 jours, trois semaines des vendanges, les autres années on avait quasiment bouclé notre recrutement. On a un vrai trou d’air », souligne-t-il. Quant à expliquer cet état de fait, le technicien évoque un certain « manque de motivation » sans trouver d’autres raisons plus satisfaisantes. « Le problème pour la moitié des gens est de devoir travailler en extérieur », ajoute Anaïs Lacazette, secrétaire vendanges. Le manque de mobilité des candidats peut aussi poser problème.
« Si on ne trouve pas, on va perdre de la récolte car les équipes mises en places ne pourront pas réaliser les chantiers dans les temps impartis », ajoute le conseiller qui met la motivation comme premier critère de recrutement, plus que l’expérience. Il explique aussi que le château propose des heures supplémentaires.

Un millésime prometteur

Perdre du potentiel de production serait bien dommage pour ce millésime qui s’annonce plutôt bon après le gel de l’an dernier. « On a connu une année assez technique avec un début pluvieux et des problèmes de maladie, notamment le mildiou qu’on a réussi à maîtriser à peu près. On a été assez épargné par les orages contrairement à la Gironde ou à la Charente. Cela annonce plutôt un bon millésime, que ce soit en rouge ou en liquoreux. Le moral revient à l’approche des vendanges », confie Ludovic Heugas.


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