Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 29 avril 2016

Partenariat. Municipaux depuis presque 50 ans, les ateliers d’abattage de Ribérac vont être confiés à une société dont la mairie ne détiendra plus que 55 % des parts. Les autres actionnaires sont éleveurs, bouchers, artisans et industriels du cuir.

Une forme sociétaire originale pour l’abattoir

Ce soir, lors d’un conseil municipal, le maire de Ribérac, Patrice Favard, présentera les nouvelles modalités de gestion de l’abattoir municipal.
En effet, le projet d’un partenariat public-privé pour pérenniser l’outil d’abattage est sur le point d’aboutir. Une société d’économie mixte à opération unique (Semop) est en cours de création pour permettre à des apporteurs et des clients d’entrer dans le capital. « J’ai engagé les discussions avec les principaux apporteurs de l’abattoir de Ribérac, éleveurs et bouchers, pour savoir qui serait intéressé pour intégrer le capital. Au fil des ans, l’abattoir était devenu trop lourd à porter par la seule mairie qui n’a plus la capacité d’investir dans le développement de cet outil », explique Patrice Favard.
Le fait est que l’outil, par lequel transite quelque 2 300 tonnes de viandes bovines, ovines, porcines, exige pour fonctionner correctement de lourdes mises aux normes et des investissements de modernisation. Le dernier en date, la bouverie, à peine terminé, l’abattoir doit s’équiper du procédé d’électronarcose pour répondre aux exigences du bien-être animal et d’une unité de traitement par salaison des peaux. « L’activité existe déjà sur le site, mais elle ne correspond plus à la demande de qualité de l’industrie du cuir », précise Frédéric Mazeau, bouvier, peseur et classificateur de l’abattoir. Une extension va donc être construite pour mener les opérations sur les peaux, pouvoir les livrer déjà traitées aux tanneries et répondre aux exigences du PER cuir. Le projet va coûter 300 000 euros, ce sera le premier investissement de la Semop.

Société d’abattage ribéracoise

Les Semop, forme sociétaire qui n’existe que depuis 2014, en sont encore à leurs balbutiements, il n’y en aurait pas plus de trois en France à ce jour. La mairie a fait appel à un cabinet de consultants pour mener les discussions et gérer le montage juridique de la société. Les services de l’État ont également été très présents, intéressés par ce partenariat original pour assurer l’avenir de l’outil périgourdin.
Il a fallu passer par une délégation de service public pour que des opérateurs privés intègrent la Semop. Pas moins de quatre projets ont été étudiés, avant de retenir le schéma définitif. L’assemblée constitutive de la Société d’abattage ribéracoise est prévue pour le 17 mai prochain. Son capital de 225 000 e sera détenu à 55 % par la mairie de Ribérac et à 45 % par des acteurs privés. Parmi ces privés, on compte la société AVLP (12,5 %) qui gère les apports de la coopérative Univia. La société Lim France (regroupant la sellerie nontronnaise CWD et les tanneries de Chamont basées à Saint-Pardoux-la-Rivière) rejoint également la société à hauteur de 12,5 % des parts. Deux élevages posséderont également 10 % du capital de l’abattoir, en l’occurrence MM. De Bregeas et Darras, mais aussi la Sica Le Pré vert, coopérative d’éleveurs spécialisée dans la viande bio, qui prend 7,5 % des parts. Enfin, cinq bouchers intègrent le capital.

Un montage évolutif

Ce montage original est aussi évolutif, puisque, comme l’espère M. le Maire, d’autres collectivités locales peuvent devenir actionnaires. L’abattoir, de taille modeste avec ses 12 équivalents temps plein (ETP), répond à des problématiques locales, notamment aux éleveurs qui pratiquent la vente directe et ont besoin d’un outil de proximité traitant de petites quantités, mais aussi aux élevages bio, aux producteurs de veaux sous la mère... Il pourrait augmenter ses capacités d’environ 150 tonnes supplémentaires.


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex