Auteur : Valérie Hubert-Cassant
Publié : vendredi 23 janvier 2015

Noix. Alors que la Coop Cerno tient ses assemblées de section, le directeur général Jean-Pierre Tuneu lance un appel aux producteurs pour qu’ils ne relâchent pas leurs efforts dans un contexte favorable à la nuciculture, avec des prix élevés.

« La productivité des vergers à améliorer »

Peut-on dire que la filière noix est en bonne santé ?
Jean-Pierre Tuneu, directeur général de la Coop Cerno : En tout cas, les prix de la noix sont exceptionnellement élevés. Mais si la filière va bien, elle a ses problèmes, notamment sur le plan sanitaire avec la carpocapse et bien entendu la mouche du brou qui font parfois chuter les volumes. Mais ce n’est pas la seule cause de la faiblesse des volumes depuis deux ans, alors que les surfaces tendent à augmenter. Les aléas climatiques y sont pour beaucoup, mais aussi un certain relâchement dans les interventions techniques, sans doute parce qu’économiquement ce n’est pas trop mal.

Ce manque de volumes pénalise-t-il votre coopérative ?
J.-P. T. : Nous estimons qu’une récolte moyenne, c’est 3 000-3 500 tonnes. Or, en 2014, nos adhérents nous ont livré 2 600 tonnes de noix et, en 2013, 2 400 t. Le manque de volumes, nous arrivons à le compenser grâce à notre filiale, Cerno SAS qui achète hors de la zone d’apports de la coopérative, Dordogne, Lot-et-Garonne, les Charentes, bref le bassin Sud-Ouest.

La Coop Cerno, qui encourage la production par des aides aux plantations, va-t-elle mettre les bouchées doubles ?
J.-P. T. : Nous aidons en effet les nouvelles plantations et le renforcement des ateliers existants, en complément des soutiens européens et ceux du Conseil général dans le cadre du plan départemental. En plus, nous avons mis au point un contrat de performances pour accompagner les producteurs à améliorer la productivité de leurs vergers. On est aujourd’hui à 1,2 t/ha de productivité, alors qu’on devrait se situer autour de 2 t/ha. C’est un accompagnement payant et ciblé pour étudier sur trois ans les itinéraires techniques donnant les meilleurs résultats. Nous aidons dans ce cadre cinq exploitations par an. 

Les conversions en bio, nombreuses en nuciculture, n’ont-elles pas joué dans le déficit de productivité ?
J.-P. T. : Peut-être un peu, mais les producteurs, s’ils restent en bio, retrouveront leur productivité au terme de leur conversion. Notre coopérative a commencé à valoriser les noix bio il y a une vingtaine d’années, le chiffre d’affaires de ce créneau représente 21 % du chiffre d’affaires total du groupe. Je ne pense pas que la raison du déficit de productivité soit à chercher là, mais plutôt dans une forme de laisser-aller dans la productivité car les marchés sont faciles et les prix élevés du fait du manque de production et de l’augmentation des prix des pays concurrents (à cause de la parité euro/dollar, ndlr). Un laisser-aller que l’on retrouve dans la qualité du produit livré. Quand le consommateur paye cher ses noix, il s’attend à avoir un produit d’excellente qualité. Il ne faut pas l’oublier.


EN CHIFFRES

  • 479 producteurs livrent à la Coop cerno
  • 2 805 hectares de vergers, en augmentation, la surface moyenne par producteur est passée de 3 à 7 ha

Réussir le Périgord
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