Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 24 octobre 2014

Des arbres dans les champs

La Chambre d’agriculture et son pôle élevage ont proposé une journée consacrée à l’agroforesterie, vendredi 17 octobre, au domaine de Glane, à Coulaures.

«Un bon système agroforestier doit correspondre à la stratégie décidée par l’exploitant. C’est indispensable à sa viabilité », a martelé plusieurs fois Yves Bachevillier. Responsable de l’agroforesterie à la Chambre d’agriculture du Loir-et-Cher, il avait répondu favorablement à l’invitation de ses collègues de la Chambre de Dordogne qui a consacré une journée à ce thème, le vendredi 17 octobre, au domaine de Glane, à Coulaures.
Aujourd’hui, l’agroforesterie est à la mode et correspond autant aux attentes sociétales qu’aux volontés politiques, notamment affichées à travers les évolutions de la PAC (politique agricole commune) et la loi d’avenir agricole. Malgré tout, agriculteurs comme techniciens des chambres consulaires ont besoin de savoir précisément de quoi il s’agit, même si Yves Bachevillier le définit comme « un outil intéressant parce que c’est une réponse aux exigences environnementales sans remettre en cause les pratiques culturales, notamment en grandes cultures ».
Finalement, l’agroforesterie existe depuis très longtemps et il y a encore des vestiges de ces pratiques un peu partout, que ce soit les haies, les bosquets, les arbres isolés que l’on laisse dans les pâturages... Mais ce système ancien, en France, s’est arrêté après-guerre : « l’arbre n’avait plus d’intérêt par rapport à ce que l’on demandait à l’agriculture française. Du coup, de 1950 à aujourd’hui, l’arbre a été l’ennemi des cultures », précise Yves Bachevillier. Seuls les systèmes de prés-vergers ont réellement perduré.


Viabilité économique

Le technicien de la Chambre d’agriculture du Loir-et-Cher donne sa définition de ce que devrait être l’agroforesterie moderne : « il s’agit de trouver le juste équilibre entre la densité des arbres et la viabilité économique de la culture intercalaire ». Les études menées, entre autres par l’Inra Montpellier, montre qu’un système agroforestier, à l’issue de la durée d’exploitation de l’arbre (soit une quarantaine d’années) sur un hectare, est aussi productif que la somme d’un système forestier et d’un système agronomique classique sur 1,2 ha. À condition d’en avoir fait un choix stratégique tourné vers l’économie et, donc, de l’implanter sur les terres les plus riches avec des essences à forte valeur ajoutée.
C’est, pour Yves Bachevillier, une condition essentielle à la réussite de l’agroforesterie. « L’agriculteur doit être convaincu par les raisons pour lesquels il souhaite s’investir dans ce système. » Ces raisons peuvent être économiques, environnementales, philosophiques mais elles doivent être assumées. « L’agroforesterie menée sur une terre pauvre ne donnera pas de bons résultats économiques mais jouera un vrai rôle environnemental. »
Pour le technicien du Loir-et-Cher, ce système peut très bien fonctionner en grandes cultures. Mais il nécessite d’être bien réfléchi avant de se lancer et doit impérativement s’adapter à l’exploitation et aux pratiques agronomiques de l’agriculteur.


EN CHIFFRES

  • 2 % de taux de biomasse gagnés en trente ans grâce à l’agroforesterie
  • 10 fois plus de lombrics dans un système agroforestier par rapport à un système agronomique classique.

 


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