Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 19 décembre 2014

La Périgourdine. Malgré la baisse des cours des céréales, la coopérative enregistre un résultat positif lui permettant de poursuivre son expansion. Après avoir pris des parts dans la société Caussade semences, elle envisage une union avec Univia.

« La diversité de nos métiers est une force »

C’est d’abord pour saluer son prédécesseur que le nouveau président de la SCA La Périgourdine, Didier Fourcaud, a pris la parole lors de l’assemblée de la coopérative le 15 décembre à Boulazac. « Jacques Beaudoin a laissé un outil en bon état et en très bonne santé. »
Un outil qui peut faire face à la volatilité des cours des productions végétales. La chute des prix des céréales à paille et du maïs a eu un impact sur le chiffre d’affaires global du groupe (voir encadré) : 82 millions d’e, en baisse de 11 %. Mais son résultat net d’un peu plus de 1 million d’e, après redistribution de 1,5 million d’e de complément de prix et ristournes, montre une santé florissante en effet.
Chiffre d’affaires en baisse
Le chiffre d’affaires de la coopérative à proprement dite (sans ses filiales) est de 36,7 millions d’e, en baisse de 18 %. L’activité collecte est impactée par la chute des cours, avec un chiffre d’affaires qui perd 34 % sur la campagne pour atteindre 14 millions d’e. De 86 800 t de céréales livrées en 2012, on est passé à 70 800 t en 2013.
L a partie approvisionnements (engrais, semences, phyto) se maintient autour de 20 millions d’e, en dépit de la baisse importante du poste engrais (- 12 %).
L’activité fruits (2 millions d’e de chiffre d’affaires) est en diminution à cause d’une mauvaise campagne noix du fait des intempéries. Les volumes noix et châtaignes passent de 800 t en 2012 à 670 t.
Même s’il régresse, le résultat net 2013 de la coopérative reste largement positif : 1 247 000 e.

Nouveaux partenariats

La Périgourdine est « une entreprise indépendante, à taille résolument humaine au service de ses adhérents », a répété le président Fourcaud en cours d’assemblée. Mais c’est aussi un groupe qui étend toujours plus son périmètre d’actions et ses domaines d’activités. En atteste le rachat en 2013 de l’abattoir de volailles de Nontron, Volagrain Périgord.
En atteste également le rachat de 6 % des parts de la société internationale Caussade semences, pour lesquelles la Périgourdine a investi 2 150 000 e.
En atteste enfin sa volonté de s’investir dans la filière viande en devenant l’alliée privilégiée de la coopérative Univia. Une union des deux coopératives serait envisagée pour 2015, ce que le président a évoqué à mots couverts. « Nous avons le devoir, nous coopératives, de regrouper nos moyens », a-t-il dit en substance. S’il ne s’agit pas encore d’une union des deux coopératives, on peut tout de même en déduire que l’idée fait son chemin.




UN GROUPE SOLIDE

La SCA La Périgourdine a une holding financière, Périgourdine finances, qui gére ses filiales implantées sur tout le Sud-Ouest :
SA Terres du Périgord, SARL Établissements Dupont, SARL Terres de Gironde, SARL Terres du Limousin, SAS Éts Vidal, Sasu Horti services, SARL Œno Bergerac, SARL Agri-équipements et, la dernière rachetée en mars 2014, la SARL Froidefond.
Le groupe détient des parts aussi dans plusieurs sociétés de Dordogne ou de départements voisins (Périgord bétail, Socave, Épi de Gascogne, Union céréales services). Le chiffre d’affaires consolidé de la SCA La Périgourdine de 82 millions d’e, pour un résultat net d’un peu plus de 1 million d’e, est réalisé à 55 % par ses filiales.

 



Engagement. Le président de La Périgourdine, Didier Fourcaud, a signé la charte de l’installation avec Pierre Leonard, le président des JA.

 

Les jeunes seront privilégiés

2128 10 basMieux qu’un engagement, un réengagement. La coopérative La Périgourdine avait déjà signé une charte en faveur de l’installation, « mais c’était en 1997, on n’était même pas encore à l’euro », a rappelé Pierre Leonard, président du syndicat Jeunes Agriculteurs.
Le 15 décembre, les JA ont profité de l’assemblée de La Périgourdine pour l’amener à reconduire ses engagements en faveur des nouveaux installés. « Vous êtes un des premiers partenaires de l’installation à réitérer votre effort qui n’est pas que symbolique », a tenu à préciser Pierre Leonard.

Traitement de faveur

Parmi les engagements de La Périgourdine, une prise en charge des intérêts pour les prêts de campagne souscrits par les jeunes pendant 5 années après leur installation, mais aussi des remises sur les frais, les assurances... Le capital social pour tout nouvel adhérent nouvellement installé pourra être libéré sous 4 ans. La coopérative s’est aussi engagée à veiller à ce que le jeune bénéficie d’un soutien technique accru.

 


 

Caussade semences. La société dans laquelle La Périgourdine a investi a été présentée.

Vers l’international

Dernier “coup” en date, la coopérative La Périgourdine qui revendique son ancrage en Dordogne vient de s’offrir une ouverture à l’international. Ses dirigeants avaient invité Nicolas Helstroffer, directeur de Caussade semences, à parler de cette société dans laquelle La Périgourdine a investi plus de 2 millions d’e.
Caussade semences, dont le siège social est dans le Tarn-et-Garonne, « est un semencier indépendant, multi-espèces, à fort ancrage régional mais international », a précisé son directeur. Elle compte parmi ses actionnaires bon nombre de grosses coopératives du grand Sud-Ouest, Terres du Sud, Capel, Unicor, Val de Gascogne...

143 millions de chiffre d’affaires

Un semencier énorme qui continue de grossir en intégrant Épi de Gascogne. Son chiffre d’affaires de 143 millions d’e, dont 16 millions réalisés à l’international, pourrait ainsi très vite dépasser les 180 millions d’e.
Caussade semences diffuse sa génétique sur 37 000 ha dans le monde. Le semencier gère cinq sites industriels en France et un en Roumanie et commercialise ses semences dans 34 pays.
« La recherche est notre métier de base. Nos objectifs étant de fournir aux producteurs des hybrides et lignées en maïs, céréales à paille, colza, tournesol et productions fourragères qui répondent aux exigences des marchés européens et mondiaux. » Pour la seule recherche, elle emploie pas moins de 65 salariés permanents.


Réussir le Périgord
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