Auteur : Interbois
Publié : vendredi 26 juin 2015

Sylviculture. Comme chaque année en cette période, l’interprofession de la filière bois et forêt de Dordogne livre une tendance sur les échanges commerciaux du bois, pour toutes les essences.

Des prix difficiles à stabiliser

En ce début d’été 2015, nous vous proposons, ci-dessous, la grille des prix de bois vert sur pied en Dordogne ainsi que les tendances des principaux marchés associés aux valorisations de cette ressource. On ne note pas de fortes évolutions par rapport à l’automne 2014 mais plutôt une stabilisation des cours de bois avec seulement un léger repli sur le prix des bois de qualité en pin maritime. Les marchés de valorisation des bois de Dordogne se montrent assez fluctuants et il demeure toujours difficile pour les professionnels transformateurs de stabiliser un développement d’activité avec de telles variations de marché.

Les résineux

Concernant la valorisation du pin maritime, dont les volumes exploités étaient repartis à la hausse depuis cinq années, la situation depuis le début d’année 2015 semble quelque peu différente. Nous devons déplorer l’arrêt d’activité d’ateliers de sciage et de transformation de bois de qualité de cette essence (menuiseries, moulures) qui déstabilise les équilibres de valorisation de certaines coupes et qui bouleverse d’autant l’activité des fournisseurs de ces sites.
La demande en bois d’emballage reste soutenue et fait écho aux besoins d’approvisionnement des nombreux sites de fabrication situés sur le département. Les prix des bois pour ces marchés n’augmentent pas car il est aussi vrai que ces derniers restent très concurrentiels et que les professionnels transformateurs ne sont pas toujours en mesure de répercuter les hausses de matière première.
La demande en bois d’industrie résineux soutenue à l’automne s’est elle aussi stabilisée tout comme les prix de bois sur pied pour cette catégorie. Les coupes d’éclaircies peuvent donc être toujours programmées.

Les feuillus

Quant au chêne, après plusieurs mois consécutifs de hausse, les prix se sont stabilisés. La demande est ferme pour toutes les qualités, on constate même un regain d’intérêt pour les bois de qualité intermédiaire type “traverse” destinés aux aménagements paysagers. Rappelons que la Dordogne est un territoire qui présente encore de nombreuses scieries spécialisées dans la transformation de chênes permettant de valoriser en circuit court une ressource locale.
En ce qui concerne le châtaignier, autre essence feuillue emblématique de nos territoires, sa situation sanitaire préoccupante, largement évoquée ces derniers temps, aurait tendance à masquer les autres utilisations de ce bois (parquet, menuiserie…) tout comme la demande dynamique du marché du piquet et des éléments de clôtures. L’arrêt effectif de la transformation du châtaignier sur un site historique en Dordogne ne doit pas faire oublier les innombrables qualités de cette essence. Les prix de bois sur pied restent d’ailleurs stables pour l’ensemble de ces usages.
Pour le peuplier, la pression s’est un peu relâchée mais la demande reste encore bien présente (sciage et déroulage) avec des prix de bois sur pied qui sont stables. La même recommandation peut être faite aux populiculteurs, à savoir : reconstituer leurs peupleraies après récolte.

Bois de chauffage

La demande en bois de chauffage a, quant à elle, connu un retournement de tendance dû à plusieurs facteurs ; un hiver peu rigoureux, des prix de combustibles fossiles à la baisse et une diminution progressive des volumes unitaires consommés par les ménages. Ces derniers s’orientant également vers un autre combustible bois moins contraignant d’utilisation : le granulé. De fait, les stocks sont importants et les prix ne bougent pas.
La situation sur les bois de trituration feuillus a, elle aussi, changé, les opérateurs de l’exploitation qui ont connu cet hiver de meilleures conditions de travail ont dû lever le pied compte tenu des stocks sur les parcs des usines consommatrices et des arrêts techniques prolongés. Les prix, qui avaient continué d’augmenter après notre publication de l’automne, sont maintenant revenus à un niveau comparable.
Les bois secs issus notamment de taillis de châtaignier s’exploitent de plus en plus avec des propositions de coupes de la part des propriétaires forestiers qui souhaitent remettre en production leur peuplement. Ils démontrent, si besoin, toutes les capacités en matière de mobilisation de bois énergie qu’offrent nos massifs et les professionnels de l’exploitation.


Prix des bois verts sur pied en Dordogne (printemps 2015)

Important : tout d’abord, il est utile de préciser que cette grille des prix est issue d’une enquête rigoureuse menée par les techniciens d’Interbois-Périgord auprès d’un panel représentatif de professionnels et de techniciens de la filière Forêt-Bois de la Dordogne. D’autre part, ces prix sont le reflet d’une tendance générale du marché en Dordogne, ils sont donnés à titre indicatif. En aucun cas, ils ne peuvent servir de référence lors de transactions commerciales.
Des disparités géographiques peuvent exister pour certaines essences dues principalement aux marchés locaux, aux marchés de niche, à la nature des coupes, à l’importance des lots etc. De plus, le prix des bois doit aussi prendre en compte les conditions d’exploitation (accessibilité, surface, pente, etc.).
Nous vous proposons également une note de conjoncture qui permettra de se rappeler que la filière Forêt-Bois est un ensemble et que l’orientation des marchés de transformation a des conséquences sur les prix d’achat des bois.

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