Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 29 août 2014

Lors d’une porte ouverte le 21 août, le Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes a présenté différents systèmes d’installations couvrantes destinés à protéger les vergers et limiter les risques sanitaires.


Des bâches anti-pluie à l’essai au CTIFL

Au Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL) de Prigonrieux, les vergers ont des parapluies. Du moins, ces grandes bâches en plastique transparent, disposées de façon différente au-dessus des rangées de pommiers, doublent désormais les filets paragrêle.
En fait, depuis 2010, le CTIFL expérimente différents systèmes capables de créer une barrière mécanique contre la pluie de façon à limiter les risques sanitaires sur les pommiers, notamment le développement de la tavelure et des maladies de la conservation.
Cette année, le centre teste ces mêmes bâches au-dessus d’un verger juste planté, pour voir « comment on peut améliorer l’approche verger par une irrigation maîtrisée et les effets sur le rendement et la qualité du fruit, bref comment combiner des techniques innovantes », explique Franziska Zavagli, responsable du pôle santé des plantes et biocontrôle fruits et légumes pour le CTIFL.
En fait, ce qui préoccupe les chercheurs, ce sont non seulement les résultats techniques obtenus sous bâche, mais aussi les différentes techniques d’installation, le temps de pose, le coût du matériel et sa résistance aux intempéries. Un programme tout à fait innovant qui réunit cinq stations régionales d’expérimentation, plus quelques particuliers qui testent les systèmes sur des surfaces réduites.

Six fournisseurs seulement
À ce jour, seule une quarantaine de systèmes protecteurs contre la pluie est installée. Il n’y a d’ailleurs que six fournisseurs, cinq en France et un en Allemagne, qui proposent de telles couvertures destinées au verger. Le CTIFL expérimente les différentes installations possibles, en veillant à leur facilité de montage et leur résistance. Les qualités des bâches, les systèmes d’attache au faîtage, clips, cordelettes, ficelles, la résistance des œillets et des tendeurs qui peuvent relier les bâches entre elles... sont notées. On tente d’adapter le palissage, la densité du verger, la conduite à ces systèmes avant d’observer leur impact sur le développement des maladies et des ravageurs.
« Ainsi, a souligné Franziska Zavagli, un fort coup de vent en juin a fait subir des dégâts aux vergers où les poteaux soutenant les bâches étaient trop écartés. » Les chercheurs ont également constaté une perte de luminosité néfaste au développement des fruits, avec une incidence de l’ordre de 40 % quand le temps est couvert. Des sondes vont d’ailleurs être installées pour contrôler la luminosité dans les vergers couverts.
En revanche, au CTIFL, aucun effet négatif n’a été constaté globalement pour l’instant sur le rendement, la qualité des pommes, leur sucrosité. Par contre, le système nécessite de piloter correctement la fertilisation, mais aussi l’irrigation, en lien avec le potentiel hydrique des sols, pour ­compenser... l’action bienfaitrice de la pluie.

Des coûts très variables
D’après les réactions des producteurs venus à la porte ouverte du CTIFL le 21 août, le coût de cette installation pourrait freiner sa généralisation dans les vergers.
En effet, le prix de la bâche anti-pluie irait aujourd’hui de 0,70 € à 2,80 € du m2, matériel livré, hors main-d’œuvre. De 15 000 à 25 000 €/ha, sans compter les 100 à 500 heures/ha pour la pose, ça fait cher, ont-ils dit, pour un système qui n’a pas encore fait totalement ses preuves.
En effet, difficile à ce stade de dire si les bâches peuvent résister dans le temps au vent, ni de précisément avancer une durée de vie. Au CTIFL, on l’estime à « peut-être 5 ou 6 ans », pas plus. On ne connaît pas bien non plus quel entretien exigeront ces bâches pouvant s’encrasser et donc restreindre encore plus la luminosité.
Enfin, un test mené dans les vergers du Limousin s’est soldé par un échec, la bâche malmenée par le vent aurait fini par laisser ruisseler l’eau... sur les troncs. Autant dire qu’il faudra encore quelques années d’expérimentation pour que les bâches anti-pluie deviennent aussi classiques dans les vergers que les filets paragrêle.


 

AXE OPTIMISÉ

 2112 pommes bas

Au programme de la visite des essais du CTIFL, deux conduites de l’arbre étaient présentées : mur fruitier et axe optimisé (dit Aximum, photo) sur un jeune verger destiné à améliorer l’accessibilité des arbres et fruits tout en densifiant le verger. Les résultats de l’éclaircissage mécanique (avec les machines Eclairfel et Darwin, utilisées seules ou en complément d’un éclaircissage chimique) étaient au programme. Également la technique de la pulvérisation sur frondaison et la présentation de variétés et mutations.

 


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