Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 20 mai 2016

Artisanat. Yannick Brunet est installé depuis 2011 à Saint-Jory-de-Chalais où il a créé son entreprise Crob charpente et couverture. Avant de se mettre à son compte, il a beaucoup voyagé, en France pour apprendre son métier, et à l’étranger.

Le charpentier globe-trotter

“Il n’y a pas de meilleur alignement astronomique que quand l’outil, la main, l’œil et l’esprit sont alignés”. Yannick Brunet a fait sienne cette maxime parce qu’elle résume parfaitement la manière dont il envisage son métier de charpentier. « Un client, il a un rêve, il faut le comprendre et lui apporter les solutions pour qu’il soit réalisable », définit le jeune artisan.

C’est en 2011 que Yannick Brunet a créé son entreprise, Crob charpente et couverture, Crob pour Conception et réalisation d’ouvrages en bois, à Saint-Jory-de-Chalais. Cinq ans plus tard, il est satisfait d’avoir franchi les étapes des trois et cinq ans, et même d’avoir pu embaucher un ouvrier et un apprenti.
Titulaire d’un CAP et d’un BEP obtenus auprès des Compagnons en deux ans, Yannick Brunet pourrait avoir un profil relativement classique. Pas tout à fait. Parce que le jeune homme se destinait d’abord à l’industrie après avoir obtenu tous les diplômes entre le CAP et le BTS en génie mécanique. Mais ses stages en usine l’ont convaincu qu’il n’était pas fait pour cet univers professionnel. De plus, « lors d’un séjour en Savoie, j’ai vu des charpentiers sur un toit, je les ai interpellés, on a discuté et je me suis dit que c’était un métier pour moi ».
C’est donc à 20 ans qu’il apprend la charpente. Après son compagnonnage, trop vieux pour démarrer son tour de France, il décide de le faire tout seul : « J’ai aménagé un camion pour mes outils et pour y dormir et je suis parti sur les routes de France ». Durant cinq ans, il va aller ainsi travailler d’une région à l’autre, apprendre d’autres techniques. En fait, depuis son adolescence, Yannick Brunet voyage, « dès que j’ai eu 16 ans, j’ai pris un sac à dos et j’ai fait du stop pour aller ailleurs ».
Avant de débarquer en Dordogne, avec son épouse Christelle, ils ont fait un tour du monde de huit mois qui les a menés de la Sibérie à la Bolivie en passant par la Mongolie, l’Inde et la Thaïlande.
De toutes ces expériences, Yannick Brunet en a fait un bagage pour exercer au mieux son métier. Un métier qui le passionne à tel point que l’écouter en parler est tout à fait fascinant. Il avoue une prédilection pour la restauration et la rénovation : « Quand on travaille de l’ancien, on a un morceau d’histoire entre les mains, il y a une âme qui impose de faire les choses avec justesse ».


CHARPENTIERS SANS FRONTIÈRES

François Calame est ethnologue à la Direction régionale des affaires culturelles de Haute-Normandie. Il fait partie de ceux qui ont permis l’inscription au patrimoine immatériel de l’Unesco du “trait de charpente”, maîtrise du tracé en trois dimensions d’une construction en bois. Il a aussi créé l’association des charpentiers sans frontières. Cette association participe à des chantiers de restauration du patrimoine de monuments historiques. Ainsi, Yannick Brunet a participé à celui du château de Gaillon en Normandie où se sont retrouvés une quarantaine de charpentiers de cinq nationalités différentes maîtrisant des techniques anciennes. « C’est une belle aventure humaine et de partage parce qu’on travaille ensemble et ensuite on peut échanger sur nos cultures professionnelles qui sont différentes », se réjouit Yannick Brunet.


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