Auteur : Nadine Berbessou
Publié : vendredi 12 septembre 2014

L’Adefa, association départementale pour l’emploi et la formation en agriculture, et Pôle emploi ont organisé,
le 5 septembre à La Brie à Monbazillac, une journée dédiée aux métiers de la viticulture et au recrutement de vendangeurs.

Premières “Viti-actions” en Bergeracois

Pour la première journée “Viti-actions” proposée conjointement par l’Adefa et Pôle emploi, vendredi dernier, sur le site du lycée viticole de La Brie à Monbazillac, les organisateurs ont souhaité privilégier une approche concrète. L’objectif était de présenter à des jeunes et à des demandeurs d’emploi les métiers de la viticulture, de la viniculture et les formations permettant de les exercer.
« Cette journée entre dans la continuité du forum des vendanges que nous organisons pour recruter des saisonniers. Nous avons souhaité lui donner plus d’ampleur en nous associant avec des partenaires pour mettre en avant les métiers de la filière viticole du Bergeracois et les formations qui existent sur le territoire », expliquait Claudine Feyfant, présidente de l’Adefa.
C’est donc par des témoignages que les participants ont découvert les multiples professions liées à la vigne et au vin, de la culture jusqu’à la ­commer­cialisation, en passant par le travail en chai et le conditionnement.
Ludovic Heugas, responsable technique à la cave de Monbazillac, a détaillé les profils recherchés par sa structure. « Les métiers de l’ouvrier viticole sont divers. Ils vont de la taille à la vendange. Pour la taille, nous avons besoin de personnes formées, car c’est ce geste qui détermine la récolte. Il faut savoir aussi que c’est un travail qui intervient l’hiver, parfois dans des conditions météorologiques difficiles. Nous avons aussi besoin de tractoristes d’avril à septembre. Dans tous les cas, connaître la vigne est un plus, car l’ouvrier doit être capable d’observer les plants et détecter d’éventuelles maladies. Les formations sont donc importantes, mais il est possible d’en suivre à tous les moments de sa vie ».

Parcours atypique
Lionel Condeau, maître de chai à la cave de Sigoulès, a, quant à lui, raconté son parcours particulièrement atypique. Après une scolarité chaotique, il s’est mis à travailler dans les vignes. Cet univers l’a passionné. Il s’est formé et a intégré la Cave de Sigoulès il y a vingt-deux ans. Il a gravi les échelons de la hiérarchie avant d’accéder au poste de maître de chai : « un poste passionnant, à haute responsabilité, avec un travail uniquement dans le chai. C’est un métier très technique, avec beaucoup de matériels gérés par informatique ». La cave de Sigoulès a la volonté de fidéliser ses saisonniers, en leur proposant jusqu’à dix mois d’activités, à travers différentes missions, entre les vendanges, les interventions au chai, le travail dans les vignes…
Ce souhait de proposer des durées de travail beaucoup plus larges que la période des vendanges est partagé par les responsables de Pôle emploi Bergerac. Des modules de formation permettant d’acquérir des compétences sur des travaux spécifiques au vignoble devraient être mis en place.

Métiers féminins aussi
Tous les métiers touchant à la vigne peuvent s’exercer sans restriction par du personnel féminin. L’expérience de Christelle Kaufling en est l’illustration. Titulaire d’un diplôme d’œnologie, elle a été ouvrière viticole, puis chef de culture et aujourd’hui maître de chai, toujours à la cave de Port-Ste-Foy. « Avec la mécanisation, les femmes peuvent exercer tous ces métiers », a-t-elle confirmé. Quant à ses critères concernant les recrutements, « être débutant n’est pas important. Ce qui compte, c’est la sociabilité, la ponctualité et la motivation. Dans tous les cas, il faut être capable d’accepter des amplitudes horaires importantes à certaines périodes ».
Après la présentation des formations, la visite de l’exploitation du lycée et le repas, a eu lieu le forum des vendanges. Les viticulteurs, dont certains étaient présents, avaient déposé quelque 300 offres qui ont été très rapidement pourvues.


Un millésime prometteur

La traditionnelle réunion technique avant les vendanges a eu lieu dans le cadre de la journée Viti-actions.

2114 12 basChaque année, avant que ne démarrent les vendanges, le CIVRB, Conseil interprofessionnel des vins de la région de Bergerac, devenu depuis le 1er août Interprofession des vins de Bergerac et de Duras, propose aux viticulteurs une réunion technique. Celle de 2014 s’est déroulée le 5 septembre, lors de la journée Viti-actions, au lycée agricole de La Brie à Monbazillac.
« L’objectif de cette rencontre, explique Damien Le Grelle, œnologue et co-responsable du laboratoire de l’interprofession, est d’apporter des informations aux viticulteurs pour vendanger et vinifier au mieux la récolte 2014 ».
Selon l’œnologue, la récolte s’annonce bien grâce au beau temps de ces derniers jours. La qualité devrait être au rendez-vous, la quantité aussi. Une excellente nouvelle sachant qu’en 2013, la récolte était inférieure de moitié à la normale.
« À ce jour, les conditions climatiques et la maturité sont bonnes et favorables à un bon millésime, ­commente Damien Le Grelle. Mais les viticulteurs vont devoir faire très attention et surveiller de près leurs parcelles, notamment s’il pleut. Avec l’été que nous avons eu, il y a un risque de pourrissement, surtout sur les cépages blancs. En cas de pluie, il va leur falloir réagir très vite ».

Préconisations
Au cours de la matinée, de nombreux sujets ont été abordés. Après un bilan de la campagne viticole 2014, un point a été fait sur les résultats des contrôles maturité et un état des lieux du vignoble avant vendanges.
À l’ordre du jour également : la réduction du soufre, le rôle des tanins œnologiques dans la protection et la fixation de la couleur, les arômes du bois… La réunion s’est achevée par la présentation d’un nouveau produit de collage des vins.
N. B.

 

 


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