Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 24 octobre 2014

Ou pourquoi réaliser son rêve d’être paysan

Ancien du BTP, Pascal Garrigou a réalisé un rêve en s’installant dans un élevage, grâce à l’aide d’Initiative Périgord. Son exploitation fait partie des sites visités lors du séminaire organisé par la Chambre d’agriculture.

Il fut un temps où Pascal Garrigou vivait dans une belle maison neuve, partait tous les matins pour rejoindre son entreprise de charpente et ne se souciait pas vraiment du cours du maïs. Mais il y a environ sept ans, tout a changé. « Un jour, il m’a dit “Je veux acheter une ferme“ », raconte son épouse. « Ça faisait un moment qu’on se disait qu’on n’irait pas jusqu’à la retraite en travaillant dans le bâtiment. On était déjà proches de tout ce qui est bio, on avait participé à créer une Amap [Association pour le maintien de l’agriculture paysanne, ndlr] et, quand j’avais 17 ans, je disais que je voulais être paysan », se souvient Pascal Garrigou.
Pendant deux ans, le couple cherche une ferme où réaliser ce rêve. Ils cherchent loin (Quercy, Limousin, limite de la Gironde), et finissent par trouver... à 15 kilo-
mètres de là où ils habitaient. « Mais, à 50 ans, devenir jeune agriculteur, on pouvait oublier. On n’avait droit à rien. » Ils vendent l’entreprise, la maison et entendent parler des prêts à taux zéro d’Initiative Périgord par la Chambre d’agriculture. Une aubaine car même avec un apport personnel, concrétiser ce projet aurait été compliqué. « Si on n’avait pas eu de patrimoine, on n’aurait pas pu se reconvertir comme ça. Un jeune qui s’installe aujourd’hui aura sûrement droit à des aides que nous n’avons pas eues, mais ça ne fait pas tout. Comment il fait pour se dégager un revenu rapidement ? », interroge Pascal Garrigou.
Installés en bio, sur peu de terres, les Garrigou doivent acheter leur aliment « plus cher qu’en traditionnel : c’est un gros budget ».

« Financièrement difficile »

Ils ont créé un laboratoire de cuisine six mois environ après s’être installés « pour être plus autonomes, gérer notre temps ». C’était 70 000 euros d’investissements sur lesquels ils ont bénéficié de 17 000 euros d’aides. « Même si le prêt d’Initiative Périgord est à taux zéro, ça reste un prêt qu’il faut rembourser. Pour ce labo, j’ai quasiment tout construit moi-même. Il n’y a que l’électricité et la plomberie que j’ai fait faire. »
Aujourd’hui, ils reconnaissent que c’est toujours financièrement difficile, mais aussi qu’ils « dorment beaucoup mieux ». « On a gagné en qualité de vie. » Ils vendent 75 % de leur production à la ferme, font quatre salons par an et le marché de Sarlat. « On a une petite production et on part du principe que tout le monde doit pouvoir se payer de bonnes choses. Et ça fonctionne : depuis cinq ans, à partir du 15 août, on n’a plus de foie gras à vendre ici. »
Sans chercher à produire plus, ils envisagent un autre canal de vente : la future Biocoop de Sarlat avec laquelle ils pourraient travailler sur le porc. Mais à la Combe aux oies, on ne veut pas à tout prix faire plus, on veut faire mieux.


 

SÉMINAIRE

Un séminaire à l’installation agricole est organisé à Sarlat hier et aujourd’hui. Deux exploitations agricoles ayant bénéficié des aides d’Initiative Périgord sont visitées dans ce cadre : à 9 h 30, chez Pascal Garrigou, la Combe aux oies à Ste-Nathalène.

  • À 11 h, visite de l’exploitation de Mme Tisserand, à Cénac-et-St-Julien qui pratique la culture et transformation de safran et l’agrotourisme.
  • À 15 h, visite de la Coop Cerno à Cénac-et-St-Julien, usine de conditionnement et transformation de noix.

Réussir le Périgord
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