Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 23 janvier 2015

Veaux de boucherie. Le président de la Région Alain Rousset, son vice-président Jean-Pierre Raynaud, et plusieurs élus locaux ont visité lundi dernier l’entreprise Sobeval, implantée à Boulazac, qui continue à investir pour développer la filière.

« Le modèle Sobeval doit être dupliqué »

Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine, a pris son temps, lundi dernier, pour sa journée de démonstration de l’engagement de la Région en faveur de l’emploi, de la formation et de l’éducation en Dordogne. Il a d’abord rencontré les responsables de l’entreprise Sobeval à Boulazac, spécialisée dans la transformation de la viande de veaux de boucherie. Une de ces entreprises qui ont toujours un projet en cours, investissent, embauchent et, à ce titre, bénéficient d’aides publiques. Le directeur général, Gilles Gauthier, fraîchement élu à la tête de la Fédération nationale de l’industrie et du commerce en gros des viandes, a présenté en détail son entreprise.
Le président de la Région, accompagné de son vice-président, le Périgourdin Jean-Pierre Raynaud, et d’élus locaux, a ensuite rencontré un artiste périgourdin Marc Pichelin qui concourra au Festival international de la BD à Angoulême, son album ayant été sélectionné. Puis, il a inauguré les travaux de reconstruction de la demi-pension du lycée Bertran-de-Born à Périgueux, où était également organisée la traditionnelle cérémonie de vœux.
Mais, dans ce programme chargé, Alain Rousset a pris le temps de visiter les tout derniers aménagements de Sobeval.

Une entreprise qui recrute

 « Vous arrivez, Monsieur le Président, à un moment stratégique pour notre entreprise », a dit en préambule Gilles Gauthier. Ce qu’il aurait pu dire l’année précédente et même chaque année puisque depuis 10 ans Sobeval est toujours à un moment stratégique de son développement.
Le petit abattoir municipal créé en 1980 à Boulazac va connaître un tournant en 1995 lorsque « bien aidés par le maire Auzou, nous l’avons privatisé ». Nous, c’était déjà Gilles Gauthier et son beau-frère Michel Gargaud, à la tête de l’entreprise depuis son rachat à la mairie de Périgueux. Trois décennies plus tard, l’outil qui a rejoint le groupe néerlandais Van Drie est le leader incontesté dans la transformation de la viande de veaux de boucherie.
Après le décès accidentel de son beau-frère, Gilles Gauthier reprend l’outil et le fait prospérer au prix d’investissements réguliers et maîtrisés et de recrutements. De 17 salariés en 1985, l’entreprise emploie aujourd’hui 381 personnes, 352 sur le seul site de Boulazac.
Désormais, Sobeval, c’est un abattoir privé agréé CEE, deux ateliers de découpe, une usine de fabrication de produits transformés, neuf centres d’allotement basés, pour la Dordogne, à Bassillac, et partout en France. Ainsi, 589 éleveurs sont approvisionnés en veaux de boucherie qu’ils engraissent pour le compte de Sobeval, selon le modèle de l’intégration.
« Le modèle de Sobeval peut-il être dupliqué ? », a demandé le président Rousset qui imagine déjà avec la réunion des régions Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin une grande région d’élevage. Où Sobeval, et son modèle économique, pourrait avoir toute sa place.


POINT DE VUE

Jean-Pierre Albenque
directeur de la partie élevage
2133 10 portraitLe modèle intégré, c’est un prix garanti, et aucune incidence sur ce prix payé à l’éleveur, en contrat avec nous pour 8 ans minimum, de la variation des coûts de l’aliment ou des cours de la viande. Nous venons d’ailleurs de mettre en place une prime pour compenser le manque à gagner en lien avec la nouvelle PAC. Avec les primes PAC, l’éleveur touchait 120 e par bande de veaux. Cette année, nous allons compenser la diminution de ces primes par un complément DPU de l’ordre de 8 e par place et par an.

 


Des cuirs mieux valorisés

 Projet. Ces dix dernières années, Sobeval a investi 26 millions d’e et poursuit dans cette voie avec de nouveaux travaux qui s’achèvent.

2133 10 bas sobevalLe président Rousset et les élus ont pu visiter les derniers aménagements de Sobeval, notamment la partie traitement des cuirs qui vient d’être agrandie. Jusqu’alors, les peaux étaient envoyées brutes en Italie pour approvisionner les grandes marques du luxe. Désormais, l’entreprise boulazacoise pousse plus loin la valorisation en traitant ses cuirs avant de les envoyer dans des tanneries. Une opération intéressante, sachant qu’une peau de qualité représente 15 % de la valeur de l’animal. Une visite qui a séduit le président de la Région, lequel a œuvré à l’émergence d’un Pôle d’excellence rurale (PER) Cuir.
Sur le même site, d’autres travaux ont permis de doubler la surface de la bouverie et de moderniser la chaîne d’abattage. D’un coût total de 4,8 millions d’e, ce projet a été soutenu par le Conseil général de la Dordogne, le Conseil régional d’Aquitaine, qui y a pris part à hauteur de 300 000 e, et l’État.
En tout, depuis 1996, 26 millions d’e ont été investis sur le site.

Formation des salariés

Autre investissement, humain celui-là, qui tient particulièrement à cœur à Gilles Gauthier : la formation des salariés. Un plan est en cours, accompagné par la Région, pour former 117 stagiaires et 84 salariés. La mise en place d’un outil de gestion de l’information va également dans ce sens.
En partenariat avec le Grand Périgueux, la direction de Sobeval espère former une cinquantaine de jeunes chaque année. Le renouvellement des équipes pourrait bien devenir désormais l’enjeu de Sobeval.


Réussir le Périgord
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