Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 8 août 2014

L’herbe à éléphant, culture de demain ?

Lui n’en cultive que trois hectares, mais s’il avait plus de terres à lui consacrer, Gerolf Jacobs aurait planté du miscanthus partout. Car à l’écouter, cette plante révolutionnaire n’a pas ou prou de défaut et ses utilisations sont nombreuses. Initialement cultivée en Afrique et en Asie du Sud, elle pousse désormais sous nos latitudes avec tout autant de facilité. Car la plante n’est pas gourmande en eau et se passe allégrement de traitement. « Elle n’a besoin ni de pesticide, ni d’insecticide. Elle pousse même facilement sur des terrains pollués. Donnez-moi les terrains dont vous ne voulez pas et je vous y ferai pousser du miscanthus », sourit Gerolf Jacobs, qui préconise néanmoins : « Pour passer d’un pré à une parcelle de miscanthus, il est peut-être conseillé de faire une culture intermédiaire, histoire de réduire la pression d’insectes. »
Ensuite, la plante se charge du reste. Il suffit de planter une fois, d’entretenir la terre et le miscanthus se développe grâce à ses rhizomes. « La culture devient tellement dense qu’elle ne nécessite qu’un apport d’azote tous les deux ou trois ans, et on peut récolter dès la deuxième année, tous les ans pendant 25 ans. »

Industrie et agriculture concernées

L’utilisation ensuite concerne autant l’agriculture que l’industrie. En granulés, bûches ou copeaux, le miscanthus peut servir comme combustible, avec cet énorme avantage qu’il est utilisable dès la récolte. « Il ne contient que 15 % d’humidité, ce qui équivaut à un bois séché pendant deux ans. Et il produit 30 % de chaleur en plus que le bois classique. » Seul inconvénient : plus agressif que le bois, il nécessite un foyer plus résistant ou un entretien plus fréquent.
Pour l’agriculture, le miscanthus peut servir de couvert végétal, car il ne pourrit pas. Il peut aussi être utilisé comme litière pour la volaille ou les chevaux. Moins poussiéreux que la paille ou le bois, il est plus sain et ne colmate pas. Enfin, dans la construction, le miscanthus s’apparente au chanvre. Mélangé à de la chaux (un tiers de chaux, deux tiers de miscanthus), il peut servir comme matériau pour les murs. Allié au plastique, il peut servir au bioplastique ou dans l’industrie automobile comme matériau intérieur (sur les tableaux de bord par exemple).
Gerolf Jacobs, qui voudrait faire connaître cette plante “miracle” en France, met en avant ces diverses utilisations. « Avoir plusieurs types de débouchés peut assurer la pérennité de cette filière. » Filière qui est cependant loin d’exister. En France, seulement 3 000 hectares sont cultivés contre, par exemple, 70 000 hectares en Angleterre.

 


 

EN CHIFFRES

  • 30 % en plus de chaleur produite en combustion par rapport à un bois de chauffage classique, sec
  • 15t/ha de rendement avec possibilité de récolter sur toute la période de printemps, sans contrainte météo

 


 

HERBE À ÉLÉPHANT

Genre de plantes herbacées vivaces originaires d’Afrique et d’Asie du Sud. Certaines des espèces sont appelées “herbe à éléphant”. On en trouve notamment dans les savanes. Certaines d’entre elles sont réellement appréciées par les éléphants, mais le nom a pu être donné par extension à d’autres espèces.

 


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