Auteur : Nadine Berbessou
Publié : vendredi 24 octobre 2014

Les nouveaux marchés prennent leurs marques

Deux nouveaux lieux de vente contrôlés ont pu ouvrir grâce à la pousse de cèpes tardive mais bienvenue, à Mussidan et à Saint-Saud-Lacoussière.

Les propriétaires forestiers récoltant des cèpes sur le secteur de Mussidan l’attendaient avec impatience. Grâce à la pousse actuelle, l’association Cèpes du Périgord, en partenariat avec la municipalité de Mussidan et la Chambre d’agriculture, a pu ouvrir le premier marché aux cèpes de la commune. Tant que la pousse durera, producteurs et acheteurs ont rendez-vous tous les jours à 16 h, sous la halle.
Là officient, autour de la présidente de Cèpes du Périgord, Emmanuelle Chignat, des membres de l’association et le garde-champêtre David Bourgeix. Tous veillent au bon déroulement du marché et au respect du règlement. En effet, pour asseoir la réputation de ces lieux de vente, l’association mise sur la qualité des champignons et la sincérité des transactions. Pour prétendre à bénéficier du cadre des marchés contrôlés de la marque Cèpes du Périgord et de la publicité qui en est faite, les apporteurs doivent se soumettre aux règles fixées sur le modèle de ce qui se fait depuis de nombreuses années à Villefranche-du-Périgord. Ils doivent être membres de l’association et justifier de la possession de bois. Les champignons doivent être du jour, nettoyés, présentés en cagette sur une seule couche, et triés en trois catégories : 1 pour les plus jeunes, 2 pour ceux comportant un peu de matière verte et 3 pour les plus vieux.
Cette rigueur s’impose pour que la pérennité des marchés soit assurée, car ils font partie des outils qui contribueront à développer durablement la filière cèpes du Périgord.
Lundi dernier, une dizaine d’apporteurs était présente avec près de cent trente kilos de cèpes, pour des prix compris entre 15 e et 25 e le kilo. Les acheteurs étaient surtout des particuliers venus s’approvisionner pour les conserves familiales. Certains n’avaient pas hésité à faire le déplacement depuis Bègles, en Gironde, sûrs qu’ils étaient d’acheter des cèpes certifiés.


Nouveaux adhérents

La présidente Emmanuelle Chignat se fait un point d’honneur à assister à tous les marchés de Mussidan. Elle constate ce qui avait été pressenti. Les propriétaires forestiers attendaient l’ouverture du marché pour rejoindre l’association. Ils reconnaissent que leur mise en place va permettre de mieux valoriser les cèpes. Si réticences il y a eu, relève la présidente, elles émanent des acheteurs professionnels, notamment les grossistes, qui auront beaucoup plus de mal à imposer leur – bas – prix.
« En plus d’aider à la valorisation, nous allons pouvoir accompa‑
gner les producteurs qui ont des projets sur la transformation ou des gîtes à thème, par exemple. Individuellement, il y en a plusieurs qui envisagent de réhabiliter ou de créer un laboratoire. Ces démarches pourront être soutenues dans le cadre du plan départemental du Conseil général. De plus, quatre possesseurs de laboratoire, répartis sur l’ensemble du territoire, proposent maintenant des prestations à des producteurs non équipés qui souhaiteraient transformer leur production », explique Emmanuelle Chignat.
Lundi également, a ouvert pour la première fois le marché de St-Saud-Lacoussière au nord du département. Les apporteurs étaient au rendez-vous avec une centaine de kilos et des prix allant de 10 à 25 e/kg suivant la qualité.
Le cèpe du Périgord vient de franchir un grand pas vers sa reconnaissance comme production agricole.


 


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