Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 21 novembre 2014

Nationale 21. Lors du colloque Euro 21, les membres de l’association éponyme, les élus et les responsables de concessions sont tombés d’accord sur l’idée d’un tracé plus rapide, qui allierait des financements publics et privés.


Une 2x2 voies à péage mais pas partout

La route nationale 21, un axe à 2x2 voies parsemé de péages. L’idée circule depuis des années sans que jamais personne n’ait vu le bout du tunnel. Régulièrement pourtant, l’envie de certains de relier Limoges à Tarbes sans devoir s’enquiller 6 h 13 de voiture, selon Euro 21, fait ressurgir la question d’une voie rapide payante. Comme lors du colloque Euro 21, qui a réuni environ 130 personnes, lundi dernier. Personnalités politiques locales, responsables de concessions autoroutières, représentants de l’État, entreprises locales, tous étaient présents pour s’interroger sur la viabilité d’un tel projet et plus encore comment le financer.


Participation de l’État

Patrick Vandevoorde, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) Infrastructure, est catégorique : « À la question “Est-ce que ça doit être financé par des fonds publics uniquement ?“, la réponse est non. Vous n’en sortirez pas. Mais la CDC fait partie du paysage des grands investisseurs. Nous participerons au projet car c’est un outil de compétitivité territoriale, sous réserve qu’il soit aussi pris en charge par des donneurs d’ordre locaux, à savoir les collectivités. »
Une bonne nouvelle quand les partisans de cet axe à 2x2 voies s’entendent régulièrement dire que l’État ne peut plus rien financer en raison de caisses vides.
Autre son, celui des voix des différents responsables de concessions autoroutières présents au colloque. Unanimement enthousiastes pour « entrer dans la compétition » s’il fallait postuler pour obtenir la gestion d’une ou plusieurs parties de ce tronçon Limoges-Tarbes. « Nous serons présents, quelle que soit la forme que prendra ce futur contrat », annonce Pierre Calvin, directeur de la prospection et du développement du groupe Colas, soutenu par ses “collègues“ des groupes Vinci autoroutes et Spie Batignolles, qui soulèvent néanmoins la question du tracé et du trafic.


Consensus politique

Le tracé, justement, ce sont les élus qui l’ont évoqué davantage, voyant plus loin que la simple frontière française, à l’instar du sénateur de la Dordogne, Claude Bérit-Debat : « La RN 21 est un axe stratégique non seulement pour rejoindre Tarbes, mais qui nous permettra de rallier l’Espagne, le Portugal et à plus long terme le Maghreb. Nous avons tout à gagner à voir se développer ce lien Nord-Sud. »
Pour cela, faudrait-il encore qu’un tunnel soit créé entre France et Espagne. « Sans ce tunnel au bout, ça ne sera qu’un axe de développement du territoire. Il faut garder à l’idée cette dimension européenne pour porter ce projet », souligne Jacques Auzou, président de la communauté d’agglomération du Grand Périgueux.
« Pour le moment, nous avançons comme le Petit Poucet : nous mettons des petits cailloux de temps en temps, sans avoir de vision globale », remarque Jean-Louis Costes, député du Lot-et-Garonne, qui réclame une démarche politique commune, comme Emile-Roger Lombertie, maire de Limoges. « La réunion et le consensus de tous sont essentiels ».
Au terme de ce colloque, tout le monde s’est donc donné rendez-vous l’année prochaine pour lancer une structure qui gérerait l’ensemble des volontés politiques et des besoins financiers du projet. Le Petit Poucet va-t-il enfin trouver ses bottes de 7 lieues ?


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex