Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 12 septembre 2014

Agacés par les propos du directeur départemental des territoires, la FDSEA et les JA en appellent aux élus. Le 3 septembre, Yannick Frances a reçu Bernard Cazeau, président du Conseil général, sur son exploitation à Veyrines-de-Domme.

« L’administration ment aux agriculteurs »

C’est parole contre parole. Il y a deux semaines, dans nos colonnes, le directeur départemental des territoires, Jean-Philippe Piquemal, se voulait rassurant quant aux traitements des dossiers PAC et promettait leur mise en paiement rapide, au plus tard le 1er décembre.
Mensonge selon les responsables des syndicats FDSEA et JA accusant l’administration de cacher la vérité aux agriculteurs : « ils ne pourront pas tenir les délais, les agriculteurs ne seront pas payés avant longtemps ». Ayant décidé de ne pas en rester là, les présidents respectifs de ces syndicats, Yannick Frances et Pierre Leonard, ont convié le 3 septembre Bernard Cazeau, président du Conseil général et sénateur, à se rendre sur l’exploitation du premier, à Veyrines-de-Domme, pour une explication de texte.
Avec quelques membres de leurs syndicats, ils conduisent le président Cazeau près d’une vaste parcelle arborée. « Vous voyez, ici il y a une mare, il faudrait la boucher, là il y a trop d’arbres. La borie là-bas, il faudrait que je la démolisse. En fait, pour être en règle avec l’administration, il faudrait faire table rase, tout couper et l’an prochain, tout replanter car nous devrons avoir un certain pourcentage d’éléments topographiques dans nos îlots. »

« Souffre-douleur »
« Si c’est comme vous dites, vous êtes les souffre-douleur de l’administration. Pourquoi ils vous maltraitent ainsi ? », réagit Bernard Cazeau qui promet d’intercéder. Le 19 août, le président du Département avait envoyé une lettre au ministre de l’Agriculture lui demandant un moratoire quant au traitement des 35 000 anomalies détectées lors du toilettage des registres parcellaires graphiques, documents de base pour la déclaration PAC. Pour l’instant, pas de réponse. Bernard Cazeau promet qu’il fera tout son possible. « Je sais ce que c’est que de se trouver devant un mur, je vais tenter d’ouvrir une brèche. Si ce que vous dites est vrai, je ne le supporterais pas. »
Des propos qui font chaud au cœur des syndicalistes qui ont contacté tous les parlementaires de Dordogne pour demander leur aide. « Nous leur avons donné jusqu’au 10 septembre pour nous manifester leur soutien, quatre nous ont répondu pour le moment, Bernard Cazeau, Germinal Peiro, Brigitte Allain, Colette Langlade », explique Pierre Leonard.
Les syndicalistes ont décidé de ne plus se laisser faire car ils s’estiment pris en otage. « On dit aux agriculteurs qu’ils peuvent contester les anomalies de leur dossier, mais s’ils le font, ils seront contrôlés et pas seulement pour la PAC, sur tout. Par peur des pénalités, ils ne contestent rien », s’étrangle Yannick Frances.
Après la sensibilisation des élus, la FDSEA et les JA vont poursuivre leurs actions par des réunions d’information destinées « à dire la vérité aux agriculteurs ». Dès cet automne, ils promettent des actions syndicales dures « si l’administration continue à faire la sourde oreille ».


« LA DDT TIENDRA LES DÉLAIS »

Pour Jean-Philippe Piquemal, directeur de la DDT, les syndicalistes ne font que « diffuser des informations fausses dans les campagnes qui alimentent les inquiétudes des agriculteurs. Nous tiendrons les délais, au minimum 65 % du montant des aides versés à l’acompte en octobre et le solde en décembre, dit-il. Je ne vais pas rectifier en permanence ce que j’ai dit. On a des objectifs et on a renforcé nos moyens pour pouvoir les tenir. »  Le DDT récuse également les accusations de pousser à arracher les arbres, les haies... qui se trouvent sur les parcelles agricoles. « L’arrêté sur les bonnes conditions agri-environnementales, BCAE, est connu et il n’a pas changé. Dans l’ensemble, il est respecté. »

 


L’extension fâche

Zone vulnérable. Le nouveau zonage concernerait 99 communes en Dordogne.

Le 23 juillet dernier, la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, affirmait vouloir étendre la carte des zones vulnérables à 3 888 communes supplémentaires en France. En Dordogne, ce sont 99 communes qui se retrouveraient ainsi classées en zone vulnérable, en plus des 17 communes dans le secteur du Verteillacois qui y sont déjà. Une extension qui fait grincer des dents des syndicalistes qui diffusent la liste des 99 communes concernées. « Non seulement les agriculteurs des 17 communes déjà dans la zone viennent tout juste d’être
informés des contraintes qui les attendent, mais en plus on apprend que, au nom d’une décision arbitraire, 99 communes vont se retrouver dans la nouvelle carte. On ne laissera
pas faire ça », enrage Dominique Joussain, de la FDSEA.

Réunions de la DDT
Hier, la DDT a organisé deux réunions pour informer les agriculteurs situés dans les 17 communes actuellement en zone vulnérable des contraintes que ce zonage implique. « Une réunion technique et uniquement technique », pour le directeur de la DDT qui craignait que des actions syndicales ne viennent perturber ce rendez-vous avec les agriculteurs. « Pas question de polémiquer sur les nouvelles communes qui seraient concernées, nous quitterons la salle s’il devait y avoir des débordements », faisait-il savoir en début de semaine.
La FDSEA et les JA, pour qui le projet d’extension a été décidé « sans concertation avec la profession et il est sans fondement scientifique », n’exluaient pas de manifester leur mécontentement.

 


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