Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 29 mai 2015

Périgord Montmartre. Pour la 9e année, le Conseil départemental loue un emplacement archi-touristique à la mairie du XVIIIe pour que les Périgourdins puissent y vendre leurs produits le temps d’un week-end.

Une opération commerciale tout sourire

Ah qu’il fait bon à Paris, que l’air est pur, les gens souriants ! Est-ce le Périgord, cette bonne terre de convivialité, qui déteindrait sur la capitale ? C’est ce qu’on pouvait croire vendredi 22 mai, lors du premier jour du marché périgourdin qui s’est tenu tout le week-end de Pentecôte près du parvis de la basilique du Sacré-Cœur. C’était aussi le jour choisi par une délégation du Département, avec notamment les élus de l’agriculture (Didier Bazinet, Michel Lajugie) et du tourisme (Jean-Fred Droin) pour venir se promener à Montmartre.
Un lieu de rêve pour qui veut y faire du commerce et c’est vrai qu’il se vend de tout là-bas. Mais les touristes ne s’y sont pas trompés, quittant les marches où tous les commerces se pratiquent, pour se précipiter sous les stands des producteurs périgourdins.
Là, pas d’arnaque, que du vrai. De l’authentique, du traditionnel. Et pour commencer, un stand vante la destination Périgord. Tenu par le Comité départemental du tourisme et la Semitour, il vend du rêve. Nombreux sont ceux qui repartent avec une carte affichant les atouts de cette destination. Histoire de doper – et de fidéliser – un tourisme déjà bien présent.

De l’image mais pas que

Mais à Périgord Montmartre, tout n’est pas qu’une question d’image. Ici, on goûte, on teste avant d’acheter. Des foies gras, des cabécous, de la charcuterie, des vins, du miel, des noix mais aussi de l’eau de rose, du safran, du vin de pissenlit, de bonnes pâtisseries maison. Et ceux qui n’avaient jamais goûté aux escargots de Vaunac, servis chauds sous leur couverture d’ail-beurre-persil, sont sans doute repartis avec l’idée que l’escargot n’était pas plus une spécialité de la Bourgogne que le vin la propriété du Bordelais.
Car il s’agit bel et bien d’une opération marketing orchestrée depuis 9 ans par le Conseil départemental de la Dordogne qui investit 90 000 e pour l’emplacement et l’installation des pavillons. Plus 10 000 e pour la partie communication. « Une opération rentable », si on en croit Nicolas Platon, directeur de la communication. Difficile d’en savoir plus, les retombées n’étant pas qu’immédiates.

5 000 euros de bénéfice moyen

Les producteurs ne sont pas beaucoup plus loquaces. Les autres années, un bénéfice moyen de 5 000 e serait peut-être le chiffre le plus fiable. Mais, superstitieux ou non, aucun des producteurs ne veut trop s’avancer en ce début de week-end de Pentecôte. Tout au plus, les observateurs ont pu voir pas mal de monnaies s’échanger autour de midi.
Beaucoup des producteurs qui ont goûté à Montmartre veulent y revenir. Le Conseil départemental établit des ordres de passage et rares sont ceux qui étaient déjà là l’année dernière, sauf quelques exceptions n’ayant pas de concurrents sur ce marché parisien.
Parmi ceux qui venaient pour la première fois, comme Monia Clément qui proposait ses produits à base de rose (en cours de cueillette), la fréquentation du lieu était une bonne surprise. « Ça valait le coup de se faire remplacer ce week-end pour se faire connaître à Montmartre», lançait-elle enthousiaste. Enthousiasme partagé par ses voisins.


EN CHIFFRES

  • 100 000 euros coût de l’opération pour le Département, dont 10 000 euros pour la communication
  • 25 stands soit 15 de moins que sur l’emplacement traditionnel, rue Azaïs, inaccessible à cause de travaux

POINTS DE VUE

2151 sylvieSylvie Fourmond, présidente du syndicat d’initiative de Montmartre
J’aime ce marché, les gens sont charmants, les produits de qualité. Je sais de quoi je parle puisque je tiens la pâtisserie Coquelicot à Montmartre. Les commerçants d’ici ont bien compris le parti qu’ils pouvaient en tirer, certains restos vont faire tous leurs desserts ce week-end avec de la fraise du Périgord. Quand je serai à la retraite et que j’aurai vendu mon commerce, je viendrai m’installer dans votre beau département.


2151 francoiseFrançoise Bellard, cliente parisienne
Moi, j’ai une passion pour les vins du domaine La Brie depuis que je les ai dégustés au ministère de l’Agriculture où j’ai ma cantine. C’est d’ailleurs le château La Brie qui m’a envoyé une invitation. J’en profite pour acheter du miel de châtaignier que je ne trouve plus à Paris ou alors à un prix prohibitif.


2151 franckFranck, agent de police
Je profite de ce marché, c’est une aubaine, pour récupérer de la documentation. En fait, je viens chez vous cet été, j’ai loué à 14 km de Sarlat. Je cherchais une destination nature, où l’on trouve encore des petits artisans, où on mange bien. Je vais y rester 15 jours, j’ai veillé à ce qu’il y ait une piste cyclable à proximité car j’espère ne pas trop prendre la voiture. La gentille dame du stand m’a donné ce sac avec plein d’idées sur ce que nous pourrons faire pendant notre séjour. Il me tarde d’y être. 

 


 Ceux qui y sont allés veulent y revenir

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Réussir le Périgord
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