Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 20 mai 2016

Patrimoine. Les Journées européennes des moulins se déroulent les 21 et 22 mai, sur tout le département. Pour cette 22e édition, 43 sites, restaurés, en activité ou non, ouvrent leurs portes aux visiteurs, tout au long de quatre circuits.

À la découverte des moulins oubliés

Lors d’un recensement en 1809, on en avait compté 2 700 en Dordogne. Aujourd’hui, ils sont certes moins nombreux, mais les moulins représentent toujours le troisième patrimoine de France, comme aiment à le rappeler les membres de l’Apam, fervents défenseurs du patrimoine meunier local. Personne ne sait aujourd’hui combien il en reste en Périgord. Mais les 21 et 22 mai prochains, ce sont 43 sites qui seront ouverts au public pour la 22e édition des Journées européennes des moulins. L’occasion de mettre en avant des moulins méconnus ou ignorés des Périgourdins eux-mêmes. « Les moulins sont un patrimoine de proximité en danger, plaide Jean-Claude Grégory, membre de l’Apam. Parce qu’ils sont considérés comme un patrimoine mineur depuis des années, alors que c’est une partie intégrante du paysage social. »
D’où la création d’un chemin de meuniers prévu pour 2018 et opérationnel pour la 24e édition de ces Journées européennes des moulins. En attendant, les trois premiers chemins ont vu le jour en 2013, dans le Salignacois. L’an dernier, c’est la vallée de l’Inval qui héritait de neuf stations « ludiques et interactives », comme le précise l’Apam. Et cette année, deux nouveaux chemins seront ouverts dans le Pays de Fénelon.
Chaque parcours est pédagogique avec des fiches énigmes et une application numérique mise en place grâce au partenariat avec l’office de tourisme local et des panneaux explicatifs axés sur la tradition meunière (dictons, métiers...). « Promouvoir c’est préserver ces sites pour qu’ils soient témoins de notre histoire », souligne Jean-Claude Grégory, qui se plaît à rappeler que l’an dernier, l’événement avait attiré près de 5 000 visiteurs.

Fermes aquacoles ou écomusées

Il est vrai que certains moulins sont habituellement fermés au public le reste de l’année. Pour l’occasion, des démonstrations de mouture, de fabrication d’huile de noix et de noisettes seront organisées, de même que des dégustations de spécialités à la châtaigne.
D’autres lieux sont en cours de restauration ou ont été complètement transformés, reconvertis en pisciculture, fermes aquacoles ou écomusées. Nombreux sont encore en ruine, dans l’attente d’un propriétaire qui pourrait lancer des travaux. Les visiteurs pourraient, qui sait, avoir le coup de cœur lors de ces visites.
« Nous voulons créer la médiation vers tous les publics pour qu’ils s’approprient leur patrimoine », conclut Régine Anglard, vice-présidente chargée de la culture et de la langue occitane au Conseil départemental.


QU'EST-CE QUE L'APAM ?

L’Association périgordine des amis des moulins a été créée en avril 2001 et compte aujourd’hui 198 membres. Elle a pour but la sauvegarde, la protection et mise en valeur des moulins et éoliennes. Elle travaille actuellement à la création d’un fonds documentaire sur les moulins afin de transmettre les savoirs et l’édition d’une brochure sur les chemins de meuniers, pour 2018. Autre projet : un espace pédagogique sur la meunerie avec écrans tactiles, qui trouverait place dans le futur office de tourisme du Pays de Fénelon.
www.moulins-en-perigord.fr


Réussir le Périgord
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