Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 19 décembre 2014

En visite sur l’exploitation de volailles et ovins de Philippe Collas, à Peyrignac, les élèves de 2nde option production animale du lycée agricole de Coulounieix ont découvert les impératifs de la filière et du label “Agneau du Périgord“.


« Nous avons le vent en poupe »

«Avec les brebis, ils ont découvert un élevage très spécifique. Ce que potentiellement, ils auront à faire avec une vache, nous, nous devons le faire au même moment avec dix brebis », remarque Luc Servettaz, associé avec Philippe Collas sur le Gaec Les Coteaux, à Peyrignac. Les élèves de 2nde option production animale du lycée agricole de Coulounieix-Chamiers ont beau être destinés à devenir éleveurs, tous ne sont pas au fait du fonctionnement de la filière ovine. Encore moins de celle du label Agneau du Périgord.
« Faire du label, c’est synonyme de contraintes supplémentaires. Mais par la suite, ça nous fait du revenu et ça rend l’activité rémunératrice », assure Philippe Collas, président du groupement ovin de la coopérative Univia, qui sait plus que quiconque, en ce moment, quelles sont ces contraintes.
« À la coopérative [Univia, ndlr], nous travaillons auprès des éleveurs pour qu’ils lissent leur production et que les brebis fassent des agneaux toute l’année, éviter d’avoir des pics au printemps et avoir des agneaux à livrer aux consommateurs, en décembre, explique-t-il. On va chercher à vendre les agneaux quand ils sont au meilleur prix pour nous, c’est-à-dire en ce moment, en décembre, voire en début d’année. » Sauf que désaisonner ainsi la reproduction signifie anticiper d’environ neuf mois l’arrivée des agneaux. Un exercice qui ne se fait pas aussi facilement que ça. « Ça fait deux ans que nous avons du mal à les désaisonner. Il faut qu’on essaie de les remonter progressivement. »

Installer des producteurs

L’enjeu est de taille puisque la plus-value n’est pas du tout la même. « Grâce à la plus-value du label, nous atteignons un bon niveau de prix de vente : 7,50 e/kg par carcasse, je n’ai jamais vu ça en 25 ans. En 2008, on était plutôt sur du
6 e/kg par carcasse. Des prix hauts maintenant, ça veut dire qu’il faut anticiper tout de suite. Produire des agneaux en décembre implique qu’on prépare les brebis dès mars, donc qu’on pense dès janvier à les préparer pour recevoir les béliers », souligne le président du groupement ovin d’Univia. Il ajoute : « Pour l’instant, nous avons le vent en poupe. En plus, la nouvelle PAC nous est plutôt favorable. La prime passe de 24 e à 29 e. Finalement, c’est la période qui est pénalisante parce que nous ne produisons pas assez alors que les cours sont en notre faveur. »
Le message à passer auprès des futurs éleveurs était donc clair : installez-vous en ovin. Les chiffres sont parlants : aujourd’hui, la production française ne couvre que 40 % de la consommation nationale d’agneau. Le reste relève de l’importation. « Notre challenge est d’inverser l’inexorable courbe de baisse de production. Nous avons la chance d’avoir deux abattoirs sur le secteur. Si on ne les alimente pas assez, on va finir par en perdre un », insiste Philippe Collas.



EN CHIFFRES

  • 7,50 euros/kg le prix de vente d’une carcasse d’agneau label, en 2014, contre 6 e/kg en 2008
  • 40 % de la consommation française d’agneau est produite en France. Le reste est importé

 


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