Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 25 juillet 2014

De gros dégâts sur maïs, tournesol, blé

En un quart d’heure, Jean-Paul Morillère, agriculteur à Vanxains, a perdu presque tout ce qui n’était pas récolté, c’est-à-dire son maïs et une partie de son blé. « Je devais le moissonner lundi, je crois que ça vaut pas le coup de sortir la batteuse », dit-il découragé.
Un orage de grêle, samedi 19 juillet en début de soirée, a dévasté les cultures du Ribéracois avec une intensité variable selon les endroits. Une dizaine de communes serait concernée, la moitié lourdement touchée.
Sur la commune de Vanxains et, en général, tout l’ouest du Ribéracois, les dégâts sont impressionnants. Les épis de blé sont restés debout, mais le grain jonche le sol. Les cannes de maïs sont sectionnées, les tiges de tournesol n’ont plus de feuilles et leurs fleurs ont subi les impacts des grêlons.
 « Qu’est-ce que tout ça va devenir ? », se demande Roland Bouthier, éleveur de veaux sous la mère à Ribérac. Il comptait ensiler son maïs pour nourrir ses 40 vaches cet hiver. Une partie, récoltée en grain, devait être commercialisée à la coopérative. Ils découvrent les dégâts, un peu sous le choc : dalle perforée, toiture de la salle de tétée qui n’est plus isolée car des grêlons de belle taille ont fait des trous par-ci par-là. Une de ses vaches a été blessée à l’œil. Il a appelé son assurance et attend les experts avant d’oser une estimation des dégâts. 

Pas assurés

Les agriculteurs découvrent jour après jour l’ampleur des dégâts. Éleveurs pour la plupart, en général pas assurés, ou pas pour toutes leurs cultures, ils se demandent comment ils vont alimenter le troupeau et payer leurs factures.
Jean-Paul Morillère, un des responsables syndicaux de la FDSEA et président du CRDA Isle-Dronne-Double, va activer ses réseaux. « On sait très bien que les grandes cultures étant assurables, on ne sera pas indemnisés pour les pertes de récolte, mais au moins qu’on active ce qui peut l’être, il faudrait obtenir un dégrêvement de la taxe foncière et un échelonnement des cotisations pour pas rajouter des problèmes aux problèmes. » Surtout, le syndicaliste demande qu’il n’y ait pas, « en plus de tous nos malheurs », des contrôles PAC ces prochaines semaines.
Mercredi, le Conseil général, les services de l’État, la Chambre d’agriculture et les syndicats agricoles ont fait un premier bilan des dégâts lors d’une visite de terrain. Selon Philippe Brousse, responsable du CRDA IDD, il est important que les agriculteurs concernés se fassent connaître auprès du CRDA et que les maires se mobilisent pour demander d’une seule voix à bénéficier du statut de catastrophe naturelle. « L’urgent, dit-il, c’est de monter un dossier collectif. »


 

PONT DE VUE

a delrueAntoine Delrue, conseiller municipal et agriculteur à Ribérac
Je fais le tour des agriculteurs pour estimer les pertes de récolte. La mairie de Ribérac va monter un dossier pour demander que soit activée la procédure des calamités agricoles, mais ça va être dur vu que les cultures peuvent être assurées à titre privée. Mais, dans mon cas, comme dans celui des autres agriculteurs que j’ai rencontrés, elles ne sont pas assurées. Chaque agriculteur touché doit se faire connaître auprès de son maire ou de son syndicat.

 


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