Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 15 novembre 2019

Artisanat. Pour la première fois, la Chambre de métiers et de l’artisanat de Dordogne propose une formation au diplôme d’État d’ambulancier, en alternance et en apprentissage. Douze élèves ont commencé en septembre.

Nouvelle formation d’ambulancier

Il est bien tôt ce matin-là de septembre. Il fait nuit. Peu de voitures dans la rue où Tristan attend le VSL (véhicule sanitaire léger) qui doit l’amener à l’hôpital. L’ambulancier arrive, stoppe en bord de trottoir, Tristan monte dans le véhicule côté passager. Il n’est pas allongé sur un brancard, ni pris en charge dans un lit médicalisé qui nécessiterait deux personnels et un transport en ambulance. Pour autant, ce jour-là, c’est bel et bien à un service d’ambulanciers qu’il a eu recours, et celui qui l’amène à l’hôpital n’a rien d’un taxi. Ce dernier est chauffeur, bien sûr, mais plus que ça. Il est au minimum auxiliaire ambulancier ; au mieux titulaire d’un diplôme d’État ambulancier (DEA). Sauf que ça, la plupart des gens ont tendance à l’oublier.

« Nous sommes des professionnels de santé, pas des transporteurs », insiste Éric Sailly, ambulancier et formateur à l’IFA de Pau. Il était, toute la semaine dernière, au Pôle interconsulaire, en présence d’une douzaine d’élèves, équipé de presque tout le matériel dont un ambulancier aura besoin au cours de sa carrière. Peut-être ne manquait-il que l’ambulance elle-même.

C’est un rituel qui se répète à peu près toutes les cinq ou six semaines depuis septembre. Éric Sailly investit une salle du site de Coulounieix-Chamiers, met ses élèves en situation avec simulation de malaise, prise en charge médicalisée, transport... Il est en effet responsable pédagogique de cette nouvelle formation proposée par la CMA (Chambre de métiers et de l’artisanat) de Dordogne, en alternance, pour le DEA. C’est au terme de neuf mois d’apprentissage que les douze élèves seront titulaires de ce diplôme.

Test d’admissibilité

Pour l’heure, ils ont huit modules à suivre jusqu’à la fin de leur année scolaire, au cours desquels ils aborderont des sujets aussi divers que la communication avec le patient, l’hygiène, l’ergonomie, la sécurité du transport sanitaire ou les gestes d’urgence. « Le dialogue avec une victime d’accident, ça s’apprend. De même qu’il faut savoir que le ressenti d’un transport couché n’est pas le même qu’assis. Ça peut jouer physiologiquement sur les gens », explique Éric Sailly.

Ces détails, certains des stagiaires présents les connaissent. Car parmi les douze élèves, la moitié est issue du milieu ambulancier : « Six ont été recrutés via Pôle emploi et six autres sont des salariés d’entreprise d’ambulance qui se forment en interne », témoigne
Frédéric Serveau, responsable emploi et formation à la CMA 24. Tous néanmoins sont arrivés égaux, en septembre dernier, les demandeurs d’emploi ayant suivi 140 heures de formation, en immersion en entreprise. « Pour accéder à ce DEA, ils ont tous passé un test en mai dernier. Les salariés en entreprise ont passé un écrit et les demandeurs d’emploi ont suivi un stage en avril-mai après avoir passé des épreuves d’admissibilité, à l’oral et à l’écrit », raconte le responsable emploi et formation de la CMA 24.

Fixer la formation “à domicile”

Pour Cindy, le rapatriement en Dordogne du DEA est une aubaine. Elle est auxiliaire ambulancière depuis 2012 et a toujours visé le niveau supérieur. « Je suis maman. Jusqu’à présent, je n’allais pas m’absenter à Bordeaux, Limoges ou Angoulême pour me former. Le fait de pouvoir passer le DEA ici m’a fait sauter le pas. » Même son de cloche chez Shirley et Dylan, tous deux 23 ans, auxiliaires depuis juillet dernier. Ils ont pu s’insérer en alternance dans des entreprises de Mussidan et Eymet, et venir compléter leur formation à quelques kilomètres.

 

Pour les entreprises aussi, c’est tout bénéfice. « La crainte si vous allez vous former à Bordeaux c’est que vous vous installiez définitivement là-bas et que jamais vous ne reveniez en Dordogne. L’idée était donc de fixer la formation là où les entreprises en ont besoin », conclut Frédéric Serveau.


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