Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : jeudi 31 octobre 2019

Jumilhac-le-Grand. Les acteurs agroforestiers régionaux se sont rendus à la ferme Le Mas Laborie, le 24 octobre. L’éleveur y valorise des plaquettes de bois de sa propriété pour la litière de ses vaches.

Un éleveur valorise son bois en litière

Le 24 octobre, le monde de l’agroforesterie de Nouvelle-Aquitaine s’est réuni à Jumilhac-le-Grand dans le cadre du Réseau rural agroforestier français dénommé Réunir-AF. La thématique du jour portait sur la “Gestion et valorisation du bois agricole“, en partenariat avec le Parc naturel régional Périgord-Limousin.

Le matin, les acteurs se sont retrouvés à la salle de la Poste pour faire le point sur différents sujets comme le Plan de gestion durable de la haie, le label Bois bocager géré durablement. Stéphane Hékimian, de Mission Haies Auvergne-Rhône-Alpes, a présenté la valorisation fourragère des haies et le paillage plaquette. Domaines dans lesquels sa région est bien avancée. « L’idée de cette journée est de voir la diversité de la place de l’arbre et de la haie dans la région avec les différentes filières de production agricole », a expliqué Françoise Cire, animatrice régionale de Réunir AF – Prom’haies en Nouvelle-Aquitaine, basée dans le sud des Deux-Sèvres. Elle coordonne le réseau régional avec Éric Cirou, autre animateur de l’association située en Charente-Maritime.

L’après-midi, une vingtaine de personnes s’est rendue à la ferme Le Mas Laborie. Sébastien Touzin y élève des porcs et des vaches à viande. Il exploite 40 ha, une quinzaine en culture et le reste en prairie. Il élève 220 truies en tant que naisseur-engraisseur. Il a le projet de créer, au printemps 2020, une unité d’engraissement sur paille avec des panneaux photovoltaïques, ainsi qu’un laboratoire de transformation. Il transforme déjà cinq à six cochons par semaine.

« La litière était sèche »

L’utilisation de plaquettes de bois en litière pour les animaux d’élevage est encore rare dans notre région. Pourtant, la problématique du manque de paille et de son coût à cause des sécheresses régulières devrait inviter les éleveurs à réfléchir à des alternatives.

Même s’il ne disposait pas de copeaux de bois le jour de la visite, Sébastien Touzin a témoigné de son expérience. À l’origine, il voulait utiliser les plaquettes pour une chaudière à biomasse. Ce projet n’a pas abouti. Il avait réalisé des copeaux avec du bois de la tempête de 1999. « Ce bois ne valait pas grand-chose. J’avais vu dans la presse qu’on pouvait l’utiliser en litière », dit-il. Il réalise un essai en disposant une couche de 30 cm dans la stabulation de ses vaches. « L’année précédente où ça manquait de paille, les animaux étaient sales. Là, je n’ai pas rencontré ce problème. La litière était sèche. Je n’ai pas mis de paille pendant un mois après que les animaux furent rentrés en bâtiment. Il y avait une sorte de drainage qui garantissait une litière sèche. »

Si l’éleveur s’est dit satisfait de l’essai, il n’a pas encore renouvelé l’expérience faute de temps pour réaliser les plaquettes. « Ne faudrait-il pas organiser une filière pour aider à couper les bois ? », s’est interrogé l’agriculteur. Il était passé par la Fédération départementale des Cuma qui possède une broyeuse. Mais, il faut déjà couper le bois et le mettre en tas. En une demi-journée, le chantier avait été réalisé obtenant des copeaux, surtout de châtaignier, environ 200 m3 qu’il a utilisés pendant un an et demi. « Je les ai transportés avec une benne pour les mettre dans un hangar afin qu’ils sèchent. Je les ai utilisés quelques mois plus tard. » Il a aussi dit sa satisfaction concernant le fumier obtenu : « Le produit gardait l’humidité lorsqu’on l’épandait sur les terres. Avec le changement climatique, c’est plutôt intéressant. » 

Sébastien Touzin dit en avoir parlé autour de lui sans trop de retour, s’étonnant pourtant que les éleveurs locaux achètent beaucoup de paille à l’extérieur. « Utiliser le bois de la ferme est un circuit court. » Pour Alexandre Brochet, animateur Prom’haies en
Dordogne, les exploitants ne pensent tout simplement pas encore à cette solution. Selon Stéphane Hékimian, l’intérêt dépend aussi du prix de la paille : « En dessous de 80 € la tonne mieux vaut mettre de la paille. Au-dessus, la plaquette devient intéressante. »

 


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