Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 11 octobre 2019

Varaignes. Les retenues du Bandiat permettent aux agriculteurs d’irriguer leurs cultures l’été en stockant l’eau en hiver. Germinal Peiro, le président du Département, a visité celle de Varaignes.

Un exemple de retenue d'eau

L’année 2019 l’a montré une nouvelle fois, les étés sont de plus en plus chauds et secs. Les étiages se multiplient sur les cours d’eau avec leur cortège de limitation ou d’interdiction d’irriguer et des conséquences néfastes sur les cultures. Depuis plusieurs années, les exploitants agricoles du bassin versant du Bandiat bénéficient de plusieurs retenues d’eau qui leur permettent de faire face à cette situation difficile sans puiser dans le cours d’eau durant ces périodes critiques pour le milieu naturel. 

En visite dans le canton du Périgord vert Nontronnais le 4 octobre pour inaugurer le contournement sud de Nontron, Germinal Peiro, le président du Conseil départemental, a visité la retenue de Varaignes, au lieu-dit Bellevue. L’occasion de faire le point sur cet ouvrage construit en 2011-2012. D’une capacité de 120 000 m3 pompés l’hiver en deux fois dans le Bandiat. Elle compte deux maîtres d’ouvrage, le Conseil départemental et l’ASA (Association syndicale autorisée) du Bandiat. Non loin, une autre retenue d’eau située à Javerlhac-La Chapelle-Saint-Robert possède une capacité de 148 000 m3. Le coût total des deux réserves avoisine les 1,5 MÄ, avec 1,1 MÄ de subventions (État, Agence de l’eau Adour-Garonne et Feader). Le Conseil départemental et l’ASEAP, Association syndicale pour l’équipement de l’agriculture périgourdine, ont avancé l’autofinancement restant à hauteur de 300 000 Ä au total.

Patrice Gourinchas, éleveur laitier à Varaignes et président de l’ASA, peut témoigner de l’utilité de cet ouvrage. Il irrigue sans problème une centaine d’hectares (maïs, soja et luzerne). « À la base, tous les adhérents étaient des éleveurs, principalement laitiers. Il s’agissait d’assurer le stock fourrager », a dit l’exploitant. Certaines structures ont évolué. On compte 8 exploitations dont un producteur de châtaignes bio, et des cultures de noyers voient le jour. « Aujourd’hui, on ne rencontre plus de soucis pendant la période d’étiage du Bandiat. On n’entend plus parler de problématique de pompage. Le gros intérêt est là. Ce qui n’est pas le cas pour le Cern, La Couze ou le Céou », a dit Éric Frétillère, président des Irrigants de France, à Germinal Peiro.

« On a sécurisé la ressource en eau »

Une question revenait souvent sur les lèvres des personnes présentes. Serait-il possible de faire un ouvrage collectif de cette ampleur aujourd’hui en Dordogne ? Vu les contraintes environnementales actuelles et le coût, très probablement que non. « Depuis ce projet à Varaignes, il n’y en a plus », affirme même Éric Frétillère. Certes, il existe bien une dizaine de petits projets individuels en Dordogne cette année, selon Laurent Coulaud, de l’Adha 24. Pourtant, agriculteurs et irrigants en sont convaincus, vu les sécheresses répétées l’été et les prévisions de réchauffement climatique, il va falloir stocker de l’eau en hiver si l’agriculture veut subsister sur le territoire. Sans ces outils d’irrigations édifiés sur le Bandiat, l’élevage laitier aurait probablement périclité petit à petit dans cette zone. « On a sécurisé la ressource en eau et le stock fourrager, mais on a du mal à sécuriser le revenu », concède Patrice Gourinchas. 

Pour Germinal Peiro : « C’est vertueux d’un point de vue écologique. Si les agriculteurs produisent leur alimentation, ils n’ont pas à importer des tourteaux de soja OGM du Brésil. » L’irrigation ne se résume pas qu’aux grandes étendues de maïs qui occupent l’esprit du grand public. « Le monde agricole a eu beaucoup de mal à ouvrir ses fermes, expliquer pourquoi il arrose et montrer les aspects positifs de l’irrigation », concède Éric Frétillère. Ajoutant : « Il existe une multitude de types de réserves, avec du petit stockage pour une ou deux exploitations. L’eau est une problématique locale qui doit s’adapter selon les territoires. En Dordogne, il reste peut-être à sécuriser l’Isle. » Les irrigants ont aussi expliqué leur souci d’optimiser au maximum l’usage de l’eau, via une amélioration du matériel et de son utilisation.


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