Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 27 septembre 2019

Débat. La consommation de viande, son rapport avec la santé ou l’importance de l’élevage sur le territoire sont autant de thèmes abordés lors d’une table ronde, le 20 septembre, au Parc Gamenson à Périgueux.

La filière viande face aux critiques

Alors que l’humanité a toujours été omnivore, aujourd’hui, les êtres humains se demandent s’il faut manger de la viande. Dans le cadre de Péri’Meuh, le Crédit agricole Charente-Périgord a organisé une table ronde au Parc
Gamenson, animé par Lionel Robin, journaliste à Réussir le Périgord. Dommage que le public n’ait pas été plus nombreux à venir assister à cette présentation exhaustive, d’autant plus dans un contexte où les éleveurs éprouvent des difficultés économiques et essuient des critiques. 

« Non, il ne faut pas arrêter de consommer de la viande », selon Caroline Garros, diététicienne qui intervient dans des Ehpad et des écoles. Pour couvrir ses besoins, l’être humain doit consommer différents aliments de qualité, dans de bonnes quantités. La viande apporte des protéines et des acides aminés bien assimilés par le corps. Selon les recommandations du PNNS (Plan national de nutrition et santé), il faut limiter la consommation de viande rouge cuite à 500 g par semaine. 80 % de la population française se trouvent en dessous de ce seuil alors que la consommation nationale moyenne s’élève à 320 g. 

Le mode de consommation de cet aliment a toute son importance. La transformation industrielle des produits par l’ajout d’ingrédients ou certains modes de cuisson (le barbecue à très haute température) peuvent dégrader la valeur nutritionnelle et même poser des problèmes de santé au-delà d’une certaine mesure. 

Manger moins, manger bien

Christine Borella, éleveuse de porcs et élue municipale à Vaunac, a rappelé le travail des communes et du Conseil départemental pour commencer à introduire des viandes locales dans les menus des écoles. Dans un contexte où la consommation de viande de bœuf est en baisse constante, Philippe Lalande, boucher rue Limogeanne à Périgueux, constate un changement des modes de consommation avec une augmentation de la demande en steaks hachés au détriment d’autres morceaux plus bruts. L’ensemble des intervenants est tombé d’accord pour dire qu’il valait mieux manger peu mais bien, en particulier des viandes sous signes officiels de qualité. Pour David Romain, l’engraissement des bêtes pendant une longue durée favorise la qualité de la viande. En Dordogne, la grande majorité des élevages est de petite taille. Les vaches mangent essentiellement de l’herbe ou des aliments produits à la ferme. « La bascule entre l’élevage bovin conventionnel et le bio est infime », assure l’éleveur, lui-même en conversion. Quant au bien-être des vaches, il est essentiel pour l’agriculteur, ne serait-ce que pour des raisons économiques. En matière environnementale, si l’élevage émet du carbone, comme nombre d’activités, il en stocke également.

Que seraient les paysages de la campagne périgourdine sans élevage ? « On aurait des ronces ou de la forêt », pense Christine Borella. Sans oublier l’impact économique et social. En Dordogne, l’amont de la filière “élevage“ représente 4 400 emplois, l’aval et la transformation comptent 1 100 emplois directs auxquels il faut ajouter les emplois indirects. David Romain rappelant que l’avenir de l’élevage passera surtout par sa capacité à installer des jeunes.

 

 


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