Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 20 septembre 2019

Alimentation. Le Conseil départemental de Dordogne a célébré la remise du label Écocert 100 % bio au collège Pierre Fanlac de Belvès. La collectivité souhaite que d’autres établissements suivent cette voie.

Le collège de Belvès la joue bio

« Nous sommes 100 % bio, niveau 3, avec trois carottes et une mention d’excellence », a détaillé Jérôme Péméja, principal du collège de Belvès, pour exprimer toute sa fierté et celle de son équipe. L’ensemble des représentants du Conseil départemental, les élus et les responsables de l’établissement n’ont pas manqué de rappeler que le collège Pierre Fanlac constitue le tout premier collège de France servant des repas 100 % bio.

Ce vendredi 13 septembre n’était vraiment pas maudit avec la remise de ce label Écocert mais plutôt une journée à marquer d’une pierre blanche. « La meilleure alimentation ne doit pas être réservée qu’aux plus aisés », a souligné Germinal Peiro, président du Conseil départemental, renouvelant sa volonté d’étendre le bio à l’ensemble des collèges de Dordogne (huit sont déjà labellisés à un degré moindre), et même au-delà puisque l’Ehpad de Thiviers aurait émis la volonté d’intégrer du bio local. « Une des solutions au réchauffement climatique est la relocalisation des activités, notamment l’agriculture », affirme Germinal Peiro.

Le Département a mené cette expérimentation avec le collège de Belvès afin de mettre en place une alimentation à 100 % bio, au maximum locale, à un coût maîtrisé. « Au début, on arrivait à un euro supplémentaire par repas. Après la période de réglage, les cuisiniers sont arrivés à une augmentation de 0,10 euros », a expliqué le président du Département. À l’origine, le prix du repas atteignait 1,80 euros. Il s’élève désormais à 1,90 e. Avec l’aide de Jean-Marc Mouillac, animateur formateur pour le compte du Conseil départemental, et d’une diététicienne du collectif Les Pieds dans le plat, Alain Desseix, chef de cuisine du collège de Belvès, a travaillé sur les menus, le gaspillage, la saisonnalité, le positionnement des achats afin de réduire au maximum le surcoût induit par le recours intégral à des produits bio. « Par le biais d’un repas végétarien pour tout le monde chaque semaine, on arrive à descendre les coûts. On réduit le volume de viande consommé en remplaçant les protéines animales par des protéines végétales », a déclaré Alain Desseix, qui confectionne avec ses équipes 360 repas par jour. Quant au gaspillage, une étude menée par l’Ademe montre que 115 grammes par repas et par élèves finissent à la poubelle, preuve qu’il existe de la marge. Réduction des grammages, éducation au goût et recettes savoureuses sont les clés de la réussite de la démarche. Alors, l’accompagnement a une grande importance. D’ailleurs, le Conseil départemental a alloué une subvention de 10 000 euros pour couvrir le surcoût enregistré par l’achat de produits bio pour le premier trimestre 2019.

Relocaliser l’activité

« Les enfants sont sensibles au fait de faire travailler quelqu’un du village ou de la région », a relevé Jean-Marc Mouillac. Pour atteindre son objectif, le collège de Belvès a utilisé la plateforme numérique Agrilocal 24 pour sécuriser l’approvisionnement en fruits et légumes ainsi qu’en viande. Le collège a aussi contractualisé avec Xavier Simon, à Belvès, pour l’achat de pain et la ferme de Ferracin à Soulaures pour de la viande. Certains légumes proviennent de la ferme de Cagnolle à Saint-Amand-de-Belvès. La ferme de Ribeyrolle au Change, les yaourts Péchalou et d’autres structures sont aussi dans le coup. Enfin, la plateforme Manger bio Périgord permet également l’achat de produits de maraîchage et d’épicerie. 

Le président du Département en a profité pour annoncer que le prochain collège de Dordogne à suivre l’exemple de Belvès serait celui de Montpon-Ménesterol, qui confectionne pas moins de 1 000 repas par jour pour les collégiens, mais également l’école primaire.

 


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