Auteur : Stéphane Bouzon
Publié : vendredi 19 juillet 2019

 

Angoisse. Marie-Pierre Dupérier fait partie de ces rares abat-jouristes formés en France. Dans son atelier, la créatrice confectionne pour la lumière des habits sur mesure avec des matériaux locaux et de qualité.

Les habits de lumière de Marie-Pierre

« Quand on fait une pagode [comprenez une armature d’abat-jour, ndlr], on a l’impression de faire un corset ou une jupe ; c’est vraiment similaire au vestimentaire », reconnaît Marie-Pierre Dupérier, artisane abat-jouriste. Échantillons de tissus, ciseaux, épingles à nourrice, machine à coudre, surjeteuse, l’atelier a en effet beaucoup de points en commun avec celui d’une couturière. Dans son espace de travail, la créatrice confectionne des pièces uniques, sur mesure telles que des lampes de table, des suspensions, des abat-jour ainsi que des lampadaires. « Pour habiller les armatures, il y a deux techniques possibles en fonction de la forme et du budget du client. On peut contre-coller le tissu ou alors le tendre et le coudre, ce qui est plus long. Quoi qu’il en soit, chaque modèle est unique et nécessite un patron unique. »

La créatrice met un point d’honneur à n’utiliser que des matériaux locaux, même si cela peut représenter un coût supplémentaire. « Mon fabricant de carcasses pour les abat-jour se situe en Eure-et-Loire. Je le contacte, lui demande ce que je veux précisément et, quand il a toutes les informations, il réalise l’armature. Cela prend une semaine environ. » Quant aux tissus, pour l’habillage, ils sont également produits en France. Leur tarif démarre à 50 € et peut atteindre 400 € le mètre, voire plus pour des Pierre Frey ou des Lelièvre, éditeurs et fabricants renommés. Par exemple, la réalisation d’une pagode de 35 cm de diamètre nécessite un mètre de tissu. On comprend facilement que cet ingrédient influe pour une bonne part sur le prix de vente final de l’objet.

« Nous sommes 70 à être formés en France. »

Pour les éléments en bois, Marie-Pierre n’a pas à aller les chercher bien loin puisque son mari est charpentier. Pour réaliser des pieds de lampe, elle récupère ainsi de l’acacia, du chêne et du châtaignier qu’elle ponce. Elle assemble ensuite les différentes parties du luminaire et installe le circuit électrique. Une tâche qu’effectue aisément cette diplômée en chimie et biologie, qui a travaillé cinq ans dans la recherche et dix années comme enseignante en mathématiques et en sciences physiques.

Plus jeune, Marie-Pierre Dupérier a baigné dans le métier avec une tante couturière de luxe. « À partir de 40 ans, j’ai décidé de faire quelque chose de mes dix doigts. J’ai commencé par refaire la décoration et les luminaires de la maison. D’abord en bois et liège. Puis j’ai voulu passer au tissu, et là, j’ai compris que je devais me former. »

C’est en Charente, auprès d’un maître artisan d’art, qu’elle apprend le métier d’abat-jouriste. « Nous ne sommes que 70 en France à être formés », précise-t-elle. Puis, en octobre 2018, Marie-Pierre crée son entreprise, Macréalux, et démarre officiellement sa nouvelle activité dans une partie du hangar de son mari charpentier. Cet été, elle expose ses créations lumineuses à la Boutique des 7 pommes à Saint-Yrieix-la-Perche (Limousin) ainsi qu’au Kitsch café à Excideuil. Elle sera présente également cet automne au salon de Cognac (Charente) ainsi qu’au salon arédien (St-Yrieix-la-Perche), fin novembre.

La créatrice lancera très prochainement une campagne participative sur la plate-forme française Tudigo pour financer les travaux d’agrandissement de son atelier et show-room.

• Macrealux : www.macrealux.com

 

 


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