Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 19 juillet 2019

 

Palmipèdes à foie gras. Le Ceppag, la société Terra d’Auca, Asseldor et sa Ferme de l’oie, éleveurs et gaveurs, nombreux sont les acteurs à travailler pour offrir un avenir à cette filière traditionnelle du Périgord.

L’oie, une niche à reconstruire

Au jeu de l’oie, celui qui tombe sur la case de l’emblématique palmipède double la mise, et si les dés sont favorables on peut presque terminer le jeu. Bien des acteurs de la filière périgourdine aimeraient que cette chance-là joue en leur faveur. C’est que l’oie, aujourd’hui, est une espèce en voie de sauvegarde, avant une possible disparition. Tout comme sa filière professionnelle. Actuellement, entre le Ceppag (coopérative des éleveurs de palmpièdes prêts à gaver Corrèze-Dordogne) et la coopérative Sarlat Périgord foie gras, la Dordogne compte seulement une vingtaine d’éleveurs de prêts-à-gaver, « ce qui en fait le premier département français devant le Gers », constate Élisabeth Cazenave, responsable du Ceppag. « Pourtant, c’est une belle filière qu’il faut structurer pour la redynamiser », estime Patrice Marcelly, président et créateur de la société de commercialisation Terra d’Auca.

L’oie du Périgord, cette belle image d’Épinal qui parle tant aux amoureux de la Dordogne, est une production tombée en désuétude, pour diverses raisons, la plus importante étant l’importation de blocs de foie gras d’oie à des coûts plus bas qu’en France. À titre de comparaison, la France produit de 180 000 à 200 000 oies par an quand la
Hongrie en est à 2,6 millions. Pourtant, plusieurs acteurs et responsables estiment que ce marché de niche a toute sa place dans le département. Ainsi, une démarche d’indication géographique (IGP) est en passe d’aboutir à l’échelle du Sud-Ouest, avec des déclinaisons départementales, à l’instar de ce qui se fait en canard. L’oie peut trouver son public, à condition de rester un produit haut de gamme.

La filière oie est organisée selon un schéma relativement précis et spécialisé. Dans un premier temps, les éleveurs de reproducteurs produisent des œufs. Ces derniers sont acheminés dans un couvoir chargé de les amener à terme. Après l’éclosion, les oisons d’un jour sont livrés aux éleveurs de prêts à gaver. Ces agriculteurs gardent les oies de 12 à 15 semaines. Enfin, les palmipèdes sont amenés chez les gaveurs. Le gavage durera 14 jours avant abattage et transformation. Chaque éleveur spécialisé a son importance dans cette chaîne de production.

Manque d’oisons

Évidemment, la réussite de cette filière passe par une juste rémunération de tous les acteurs, à chaque étape. En Dordogne, il ne reste que trois éleveurs de reproducteurs, qui fournissent les œufs au couvoir de Prats-de-Carlux, le seul de Dordogne et le seul capable d’être désaisonnalisé. « Les œufs sont mal payés. Les prix de reprise sont trop bas et il est compliqué de gagner sa vie avec cette activité », reconnaît Patrice Marcelly. C’est d’autant plus embêtant que les trois éleveurs de reproducteurs de Dordogne sont dans la tranche d’âge où il faut envisager la transmission. Les uns et les autres s’interrogent : pourra-

t-on installer des jeunes avec une activité trop peu rémunératrice ? De plus, actuellement, les apports d’oisons sont trop irréguliers. « On ne maîtrise pas la mise en place et j’ai manqué d’oisons au printemps », se désole Élisabeth Cazenave.

Quand Terra d’Auca a été créée par Patrice Marcelly et ses associés, une grille de rémunération a été établie. Cette dernière prend en compte le nombre de bandes réalisables, un bâtiment et son tableau d’amortissement et ce que chacun doit retirer pour vivre. « Nous avons fait en sorte de border le système afin de proposer un prix au client pour que tout le monde gagne sa vie », précise Patrice Marcelly.

L’oie du Périgord peut être rémunératrice et beaucoup y croient. C’est l’aval de la filière avec la rémunération des œufs et une régularité de livraison qu’il faut structurer au mieux pour la rendre pérenne. 

 

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