Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 5 juillet 2019

Prédation. Une trentaine de référents loups a été formée les 3 et 4 juillet à l’école de chasse de Saint-Astier. Ils auront vocation à recueillir les indices de la possible présence du prédateur sur le territoire.

Sur les traces du loup

Ils sont assez nombreux à avoir vu, photographié ou filmé un animal pouvant être un loup. Mais en était-ce vraiment un ? La trentaine de référents qui s’est retrouvée en formation à l’école de chasse à Saint-Astier les 3 et 4 juillet possède désormais des éléments pour limiter les erreurs d’observation et recueillir des indices tangents comme des empreintes ou des crottes.

Yannick Léonard, de l’ONCFS, est venu des Hautes-Alpes leur expliquer comment reconnaître un loup, que ce soit d’un point de vue physique ou comportemental. Aidé d’une réplique saisissante du prédateur, cet expert a résumé ainsi les points majeurs : haut sur membre, le contraste du pelage entre des zones claires, le ventre et les flancs, et foncées, le dos, avec un masque facial, un liseré foncé sur l’avant des pattes intérieures, la queue courte pour un canidé avec l’extrémité noire, des oreilles plus courtes et arrondies. En matière de comportement, les loups observés ont souvent un éloignement tranquille de l’homme. « On n’a jamais eu de cas d’agressivité de loups sur un observateur sur le terrain »,
a-t-il dit. 

Parmi les agriculteurs à avoir intégré le dispositif, on pouvait trouver Jérémy Nadaud, éleveur de limousines à Saint-Saud-Lacoussière. « J’ai voulu être référent à la suite d’une suspicion d’attaque sur ma commune cet hiver et une observation par des chasseurs à la limite de Champs-Romain. On s’est rencontrés avec les collègues éleveurs de Saint-Priest-les-Fougères. Ils m’ont proposé de participer à cette formation avec eux ». Kevin Breton, éleveur à Saint-Priest-les-Fougères, a perdu sept veaux ces derniers mois sans qu’aucune de ces prédations ne puisse mettre en cause le loup mais plutôt des « canidés » non identifiés. Il aimerait bien éclaircir la situation sur la présence éventuelle du loup. « Je cherche à mieux connaître cette problématique et l’espèce pour pouvoir la détecter et prouver sa présence. »  Présente également à la formation, Marie-Christine Forestier, éleveuse à la limite de la Haute-Vienne et membre de l’association “Préservons nos troupeaux des loups en Limousin”. 

Le plan se met en place

 

Des attaques de brebis ou de veaux survenus ces derniers mois, ainsi que certaines observations, avaient renforcé la suspicion sur la présence du loup en Périgord. Si des doutes subsistent toujours, le préfet, Frédéric Perissat, a décidé de communiquer le 3 juillet à l’occasion de la formation des “référents loups” proposée par l’ONCFS à l’école de chasse. Histoire de montrer que l’État assume ses responsabilités depuis la mise en place de la cellule loup en 2018 à la suite d’une attaque de mouton à Saint-Saud-Lacoussière où l’hypothèse d’un loup n’avait pas été écartée. La formation de référents avait été annoncée par le préfet. Issus de la population (des milieux professionnels comme l’ONCFS, services de l’État, éleveurs, chasseurs, élus…), ils seront chargés de recueillir les indices et les témoignages et renseigner la population. « L’objectif de cette formation est à la fois d’avoir une acculturation (connaissance approfondie) avec ce que sont des prédateurs comme le loup et le lynx et faire en sorte d’avoir des observateurs éclairés sur le territoire. L’important est de pouvoir objectiver la situation sur le département et ainsi réagir très vite dans le cas d’une prédation ou d’une information pouvant s’apparenter à la présence d’un loup », a dit le préfet. La suite du plan va consister en une étude de vulnérabilité du territoire afin de faire en sorte que le département ne soit pas spécialement attractif pour ce prédateur.


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