Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 5 juillet 2019

L’État veut booster l’apprentissage

La réforme de l’apprentissage et de la voie professionnelle lancée depuis le 1er janvier 2019 suscite des interrogations. Elle a pour but de promouvoir cette filière auprès des jeunes et ne plus en faire une voie de garage.
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La députée joue la pédagogie

Réforme. La députée, Catherine Fabre, rapporteure de la loi Avenir professionnel, est venue en Dordogne pour faire un premier bilan de la réforme avec les acteurs de la formation.

2361 reformeLe gouvernement a fait voter en septembre 2018 une réforme pour favoriser l’apprentissage et l’accès à la voie professionnelle. Les partenaires sociaux des branches professionnelles sont mis au cœur de ce nouveau dispositif. Entre autres nouveautés, la limite d’âge pour devenir apprenti a été repoussée à 30 ans et les aides aux employeurs ont été simplifiées. 

Une table ronde sur l’apprentissage et la voie professionnelle s’est déroulée le 24 juin à la préfecture de Périgueux en présence des députés, Catherine Fabre et Philippe Chassaing, et des acteurs de la formation professionnelle. La députée de la Gironde est l’ancienne rapporteure de la loi sur l’avenir professionnel. Elle a entamé un tour de France des départements pour faire un bilan de la réforme, expliquer et écouter les requêtes. « Il faut s’assurer que la loi se met bien en place et se faire le relais des difficultés de transition », a-t-elle expliqué. « Un député est aussi celui qui va venir expliquer la loi. C’est un fil conducteur, bien avant la crise des Gilets jaunes », confirme de son côté Philippe Chassaing, député de la Dordogne. 

Libéralisation

Le nouveau système mis en œuvre depuis janvier 2019 a pour but de déployer les formations en alternance. « Aujourd’hui, tout le monde veut aller dans la filière générale alors que la filière professionnelle par alternance donne des résultats bien meilleurs », selon la députée. Il s’agit de promouvoir cette filière « d’excellence ». Une volonté ancienne des gouvernements qui a bien du mal à se concrétiser. « Cela n’a pas fonctionné parce qu’on était dans un système administré. Les Régions donnaient les autorisations d’ouverture des formations subventionnant les organismes de formation indépendamment de leur activité. On change le modèle économique des organismes de formation en leur disant qu’ils peuvent créer une formation si un besoin existe. Une entreprise qui considère qu’elle n’arrive pas à recruter peut créer son CFA, pareil pour une branche, et cela sans autorisation de la Région. » Une libéralisation assumée réalisée en donnant les clés aux acteurs : « Plus vous développez l’apprentissage avec des contrats d’apprentis, plus vous allez être financés ». Les taux d’insertion professionnelle et de rupture de contrats des établissements vont être publiés avec l’objectif de favoriser la qualité du contenu des formations. Les normes de travail des apprentis ont été assouplies. Les acteurs de la formation ont exprimé quelques inquiétudes sur un risque de concurrence accrue entre établissements, le coût de l’apprenti, la prise en charge de la mobilité… 

Les métiers en tension qui ne trouvent pas de main-d’œuvre sont monnaie courante alors que le chômage reste élevé. « Le texte veut aussi favoriser la formation tout au long de la vie », a rappelé Philippe Chassaing qui articule cette réforme avec celle de l’assurance chômage. Reste à réaliser un travail de communication sur l’image des métiers pour changer le regard sur l’apprentissage. « Il faut développer une culture du métier en France et renouer avec une vision du travail comme quelque chose d’émancipateur, avoue l’élue. Toute notre politique consiste à associer les aides sociales à un accompagnement et une incitation à la reprise d’activité ».

 

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