Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 21 juin 2019

 

Vins. Unidor a connu une année 2018 plus compliquée mais continue d’afficher de bons résultats financiers. Le centre d’embouteillage et de stockage des vins prépare l’avenir avec son plan stratégique.

Solide, prévoyant mais inquiet

Dans la foulée de l’analyse du bilan et du compte de résultat d’Unidor par Carine Roussel, expert-comptable, les commissaires aux comptes, M. Rondeau et Carpentier, ont été unanimes pour reconnaître la solidité financière de la structure d’embouteillage et de stockage des vins. « C’est une année un peu mitigée sur le plan de l’activité mais qui est correcte sur le plan financier dans un contexte plus que compliqué », a dit M. Rondeau qui participait le 18 juin à sa 35e et dernière assemblée générale avant de prendre sa retraite. Le fonds de roulement affiche 5 Me, en hausse de 621 000 e sur un an. « Quand je vois l’état de vos installations, c’est le jour et la nuit par rapport à ce que j’ai pu connaître. Vous avez su profiter des bonnes années pour vous consolider. Vous avez la capacité de faire face aux aléas. »

L’exercice 2018 présente un résultat excédentaire de 270 000 e. Atteignant 20 Me, le chiffre d’affaires de la structure de Saint-Laurent-des-Vignes a progressé de 3,5 Me. Cette progression est essentiellement la conséquence de la fusion avec Bergerac vins car l’activité de conditionnement est en baisse d’1,4 million de bouteilles avec 14,8 millions de bouteilles manipulées contre 16,2 millions en 2017. La filiale commerciale, Couleurs d’Aquitaine, a confié 1,2 million de bouteilles en moins à conditionner. Sans oublier que l’arrêt de l’activité de la cave de Port-Sainte-Foy a aussi renforcé cette tendance baissière. Le gel de 2017 est passé par là en réduisant fortement les volumes récoltés. « La bonne maîtrise des coûts de gestion, la baisse des charges sur plusieurs postes et le développement de la marge commerciale ont permis d’amortir la baisse des volumes », a dit Philippe Allain, président d’Unidor. Face à cette situation un peu paradoxale, il a tenu à dire : « Cette baisse d’activité sur les marchés m’inquiète car c’est du vin qui ne part pas. La santé de nos appellations est en jeu. Il faut être vigilant pour l’avenir et faire attention de ne pas se cacher derrière les résultats d’Unidor ».

La structure regarde déjà vers l’avenir et met en place son plan stratégique à horizon 2023, établi lors d’un séminaire en 2018. Jean-Marc Fontaine, le directeur général, en a rappelé les principaux points et l’état d’avancement. « Dans un marché du vin difficile, il faut se projeter à 4 ou 5 ans avec l’idée principale d’améliorer la rémunération des producteurs. On a voulu faire des valeurs du Périgord notre ADN avec l’ambition d’être la locomotive des vins du Bergeracois ». 

L’unification juridique et politique d’Unidor et Couleurs d’Aquitaine est un des grands chantiers. La transversalité est aussi à l’ordre du jour avec la création d’une commission technique et l’embauche d’un coordinateur technique (en cours) pour favoriser la cohésion entre les différentes entités (caves et filiales). Il s’agit aussi de renforcer les partenariats, notamment pour développer l’export. Un nouveau système d’information va être instauré.

Stratégie commerciale

C’est sur la stratégie commerciale et le marketing qu’Unidor met l’accent. La structure a l’ambition de doubler ses ventes d’IGP Périgord pour arriver à 10 000 hl d’ici 2023. « Il faut travailler des produits qui sont demandés », a dit Jean-Marc Fontaine. Unidor souhaite tripler les ventes de rosé en 5 ans et surfer sur la vague des vins sucrés. Autre objectif : revendiquer un statut éco-responsable et développer des gammes bio et nature, dans l’air du temps. Enfin, les dirigeants veulent valoriser les bergerac rouge et le monbazillac en créant une offre premium.


 


Réussir le Périgord
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