Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 14 juin 2019

Syndicalisme. La FNSEA 24 et les JA ont rencontré le préfet, Frédéric Perissat, le 5 juin sur l’exploitation de Nathalie Puech à Vergt. Il fut notamment questions de défrichement ou des dégâts de sangliers.

Des doléances à foison

L’entrevue avait été reportée à plusieurs reprises à cause des différentes périodes électorales en 2019. Finalement, les représentants de la FDSEA 24 et des JA ont pu rencontrer le préfet de la Dordogne, Frédéric Perissat, pour un entretien, le 5 juin à la ferme de Nathalie Puech à Vergt. C’est en partant des exemples de problèmes rencontrés dans cette exploitation, où sont produites des fraises, des châtaignes, des noix et des céréales, que différents sujets d’échange ont émergé.

L’agricultrice produit des fraises remontantes. « Il faut faire des rotations. Pour cela, on est obligé de déboiser », explique-t-elle. Le défrichement doit être compensé soit financièrement soit sous forme de reboisement. La plupart du temps, les agriculteurs doivent payer, faute de possibilités de reboiser. Les indemnités demandées (en moyenne 3 700 Ä/ha pour les résineux et 5 500 Ä/ha pour les feuillus) les pénalisent. Un accord départemental passé avec la précédente préfète permettait de déroger totalement à la compensation au cas où les parcelles étaient mises en prairies, en cultures de fraises, et partiellement pour les vergers et les truffières. Le préfet actuel a émis des doutes quant à la légalité de cet accord. 

Par ailleurs, les deux syndicats veulent mettre en place en Dordogne une forme de bourse d’échanges entre agriculteurs et forestiers en circuit court. Le préfet a dit attendre un document solide sur ce dispositif dans le respect de la législation. « Je ne suis pas très friand des règles coutumières. Après, c’est la course à l’échalote, a-t-il déclaré. Il faut adapter la réglementation au territoire et pas le contraire. Il ne faut pas que la forêt soit systématiquement la variable d’ajustement. » « Pour l’instant, c’est l’agriculture ! », ont rétorqué de concert Fabien Joffre et Pierre-Henri Chanquoi, respectivement présidents de la FDSEA et des JA Dordogne.

Comme dans de nombreuses exploitations, Nathalie Puech est victime de dégâts de sangliers, même en ayant clôturé ses vergers. Les représentants syndicaux sont revenus à la charge pour continuer les prélèvements qui augmentent ces dernières années. La FDSEA et les JA ont demandé l’obtention pour les agriculteurs d’un droit de destruction pour défendre leurs cultures. Le préfet a redit sa volonté d’augmenter les prélèvements, que ce soit des sangliers ou des cervidés, en dépit du recul du nombre de chasseurs. Un mois de chasse a été ajouté cette année, permettant de tuer 500 sangliers supplémentaires. Il a dit vouloir recourir à des battues administratives dans les points noirs.

Impact du gel  

Cette année, les noyers et les châtaigniers ne poussent pas bien. Nathalie Puech soupçonne le coup de froid des 5 et 6 mai d’en être à l’origine ; même si les températures n’avaient pas été aussi basses qu’en 2017 et que l’impact semblait réduit. L’humidité de l’air et la force du vent associées aux températures négatives auraient eu un impact plus sévère. La FDSEA et les JA attendent une évaluation de cet épisode pour une reconnaissance du caractère de calamité agricole. 

Au fil des échanges, il fut aussi question du loup, du photovoltaïque au sol, des problèmes de pourriture des châtaignes à cause d’un champignon, des conditions d’autorisation de brûlage des pommiers en fin de vie… En Dordogne, comme ailleurs, les préoccupations des agriculteurs ne manquent pas.


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