Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 7 juin 2019

 

Industrie. La société Fautras, à Montcaret, fabrique des vans adaptés au transport des chevaux ou de matériel. Elle réalise 28 % de son chiffre d’affaires à l’exportation et emploie 76 salariés.

Une entreprise dans le van

Évoluant d’un atelier à l’autre, Jean-Léonard Fautras, président-directeur général de l’entreprise familiale basée à Montcaret, près de Sainte-Foy-la-Grande, décrit le processus de conception des vans. « C’est la même technique que pour construire les canoës il y a 20 ou 30 ans. Sauf que dans le moule, après, on mettait du tissu », s’étonne

Germinal Peiro, le président du Conseil départemental de la Dordogne, dans l’atelier moulage du polyester. « Cette technique s’appelle “au contact”. On fait aussi des pièces de ce genre de temps en temps », dit le dirigeant. Petit échange technique le 29 mai lors de la visite du président du Conseil départemental avant la 17e rencontre citoyenne organisée sur le canton du Pays de Montaigne et Gurson à Vélines.

Depuis sa création en 1992, l’entreprise Fautras a fait ses preuves dans la construction de vans pour le transport des chevaux. « Cette aventure a même commencé avant la création de l’entreprise, précise le dirigeant. Mon grand-père paternel était importateur de vans pour chevaux d’une entreprise britannique dans les années 70 ». En 1982, son fils, Jean-Luc, et son épouse, Marie-Noëlle, reprennent cette activité sur l’ensemble de la France. En 1992, le fabricant britannique (Ifor Williams) décide de ne plus passer par son importateur français. Un mal pour un bien car Jean-Luc Fautras va pouvoir mettre en pratique ses idées sur la conception de vans pour chevaux. « Dans sa famille, ils étaient tous des hommes de chevaux depuis plusieurs générations », affirme le fils. Grand connaisseur en matière de comportement équin et “Géo Trouvetout”, sa première innovation consiste à remplacer le fond arrière d’un battant avec un pont par deux portes latérales et une petite marche. Ce système permet de rassurer l’animal en le guidant dans le véhicule. Très vite, Fautras se fait une réputation. Plus tard, Jean-Luc Fautras imagine le transport en diagonale qui offre la possibilité de mettre 3 ou 4 chevaux au lieu de 2. Elle permet davantage de confort aux chevaux dans les virages. « Ce sont les deux innovations qui nous différencient encore aujourd’hui. Par l’étude du comportement des chevaux, on apporte plus de bien-être aux animaux et de la praticité pour les cavaliers. On arrive à tirer notre épingle du jeu en dépit de prix plus élevés ».

Épiceries ambulantes

Fautras conçoit environ 1 000 vans tractés par an et 200 remorques. Elle réalise un chiffre d’affaires de 10 M€ dont 3 M€ à l’exportation (28 %), principalement en Allemagne mais également en Autriche, Suède, Italie, Espagne, Belgique et Suisse. En dehors de l’Europe, les ventes restent anecdotiques, notamment aux États-Unis. « On exporte très peu au Royaume-Uni où la livre est en notre défaveur », raconte le P-DG. Ifor Williams reste leader sur le marché européen. « Ils sont 10 fois plus gros que nous. Depuis 2000, comme ils vendent beaucoup au Royaume-Uni et dans la zone euro, la livre leur permet de gagner 30 % de marge. C’est comme s’ils avaient augmenté leurs prix de 30 %. Le Brexit a accentué cet effet », dit le P-DG. 

L’entreprise de Montcaret emploie 76 salariés en comptant deux structures, celle de fabrication et celle de distribution, regroupées sur le même site. Si 85 % de l’activité concerne des vans pour les chevaux, les 15 % restants sont dévolus aux remorques-fourgons pour le transport de matériel professionnel ou de loisirs. « On vend beaucoup à des gens qui ont un camping-car et qui veulent ajouter un véhicule derrière. On vend aussi des remorques pour les auto-écoles afin de faire passer le permis ». 

Récemment, l’entreprise a même gagné un appel d’offres de Crous, Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires, pour concevoir des épiceries ambulantes Crous moovy market’. Des véhicules de ce type sont en fonction sur les campus de Bordeaux, Toulouse et Créteil. « C’est pour contrer la concurrence des food-truck », explique Jean-Léonard Fautras. À l’avenir, le dirigeant de l’entreprise souhaite prendre des parts de marchés en Europe. « On a beaucoup de travail à faire, notamment en Allemagne. Il s’y vend plus du double de vans qu’en France », dit-il. 

« Les Périgourdins ne peuvent pas s’imaginer les pépites qu’on a sur notre territoire sur des marchés de niches », pouvait conclure Germinal Peiro à l’issue de cette visite instructive.

 


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