Auteur : Sylvain Desgroppes
Publié : vendredi 31 mai 2019

Témoignage. Pour sa venue dans le sud du département, Élevage et territoire met en première ligne l’élevage caprin, une filière dynamique. Exemple avec Hervé Freyssignet, à Lamonzie-Saint-Martin.

« Une belle opportunité pour le secteur »

Éleveur caprin à Lamonzie-Saint-Martin, Hervé Freyssignet est un fervent défenseur de sa profession. Il participera, le 15 juin prochain, avec la même ardeur à la quinzième édition d’Élevage et territoire. « C’est une belle opportunité pour le secteur, sur lequel cette manifestation ne s’était jamais déroulée. Il faut en profiter pour promouvoir la production caprine, qui est en bonne santé », explique-t-il.

L’agriculteur sait de quoi il parle. Issu du milieu agricole, il a tout d’abord travaillé au Château Tiregand pendant onze ans, validant son Bepa. Il quitte cette exploitation mêlant viticulture et cheptel bovin pour en rejoindre une autre sur le même modèle organisationnel au Monteil, près de Lamonzie-Saint-Martin. C’est en effet en 1997 qu’il reprend l’exploitation de ses beaux-parents.

Si la production de vaches laitières a déjà été arrêtée, il reste quatre hectares de vignes qu’il conserve, optant pour sa part pour un élevage caprin. D’une centaine de chèvres à son installation, il passe à 200 têtes dès 2001, arrachant les parcelles de vignes. « L’idée était de faire du pâturage. Puis en 2011, nous avons arrêté pour passer à un affouragement en vert pour nos 300 chèvres », précise l’éleveur.

Au niveau des cultures aussi l’exploitation a évolué. Le maïs pour ensilage a été arrêté. Aujourd’hui, Hervé Freyssignet produit des céréales à paille, du blé, du soja et des légumineuses (trèfle, luzerne...). « Le blé et le soja permettent de valoriser le fumier produit par l’élevage et d’avoir une rotation des cultures. L’intérêt est ensuite d’avoir de la paille et de l’herbe », explique-t-il.

Un fonctionnement le plus simple et efficace possible. La production laitière est ensuite vendue en laiterie pour la fabrication du Cabécou du Périgord ; ce qui exige le respect d’un cahier des charges pour conserver une bonne qualité. « Pour bénéficier de la prime sur le lait, il faut respecter des normes, sur l’alimentation, la traite, le bien-être animal, la gestion des effluents », complète l’éleveur.

Mieux communiquer

Ces démarches, Hervé Freyssignet, comme tant d’autres, les embrasse avec l’envie de faire progresser et évoluer positivement ses méthodes de production. L’impact est bon pour tout le monde ; pour l’éleveur, pour sa production, pour le consommateur. « Si on ne respecte pas la terre, elle ne nous le rendra pas. Ici, on fournit un lait de qualité pour produire un fromage de Dordogne », estime-t-il.

Élevage et territoire est peut-être l’événement parfait pour encourager la communication et améliorer l’image de l’agriculteur. « Cela permet au public non agricole de voir ce que l’on réalise sur le territoire, pourquoi et comment on le fait. C’est du concret, on parle de nos métiers, de nos démarches. Nous sommes là pour expliquer, échanger », juge Hervé Freyssignet, engagé fortement dans la manifestation.

Ce dernier attend aussi de tels rendez-vous qu’ils favorisent les relations entre professionnels. « C’est bien que les gens se rencontrent hors du contexte du travail et de leurs filières respectives. » Quant à la filière caprine, il s’agit d’une belle vitrine : « Nous allons présenter des animaux, organiser des dégustations de fromages et de viande de chèvre, faire des démonstrations de parage... »

Porté notamment par la Fédération départementale des Cuma, l’événement fait aussi appel à son réseau local pour organiser les festivités. Longtemps adhérent et aujourd’hui président de la Cuma de la Nauve, l’éleveur est donc concerné à de multiples égards, lui qui est aussi administrateur du syndicat caprin départemental. Pas question donc de manquer ce temps fort de l’année 2019.

« Il faut promouvoir la production caprine, qui fonctionne bien, qui se développe, et va chercher des producteurs dans l’avenir », annonce Hervé Freyssignet. Ce dernier sait de quoi il parle, puisque l’installation de son fils est imminente. « On aura un Gaec à trois, avec mon épouse et mon fils. On va passer à 500 chèvres, avec des investissements sur les bâtiments et la salle de traite », conclut-il.


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