Auteur : Laetitia Lemaire et Naxan Sewduth
Publié : vendredi 24 mai 2019

Foncier. La conférence départementale sur le foncier rural, lundi 20 mai, a posé la question de la démocratie rurale. L’assistance a particulièrement été mise à contribution, en participant au jugement de cas concrets simulés.

Des cas cornéliens soumis au vote

Dossier n°1 : demande de préemption sur une surface de 4,55 ha de près. L’acquéreur notifié : un dentiste habitant la commune, qui souhaite bénéficier de ces prés pour faire pâturer ses chevaux. La demande de préemption a été notifiée par un agriculteur voisin, dont les terres touchent le pré, qui aimerait s’agrandir. Doit-on préempter ou non ? Dans l’assistance, la majorité des réponses va au “oui“. Fabien Joffre, président du Comité technique Safer Dordogne, confirme que si le cas avait été réel et mis entre les mains des membres de son comité, leur vote aurait probablement été le même que celui du public.

Car ce jour-là, ce ne sont pas de vrais membres qui ont donné leur avis, mais toutes les personnes présentes dans l’auditorium du Pôle interconsulaire, venues assister à la conférence sur le foncier rural. Organisée à l’initiative de la Safer Dordogne, celle-ci avait pour thème “La démocratie foncière“. Et pour ne pas endormir le public, la Safer a eu l’idée d’une conférence interactive, menée à l’aide de présentation de cas concrets, présentés sous forme de films ou de saynètes, avec un boîtier de vote personnel pour chaque participant. « Nous faisons voter la salle sur des exemples concrets et cornéliens afin qu’ils soient en situation, explique Stéphanie Gressier, directrice de la Safer Dordogne. Car souvent, on entend des gens nous dire “Moi, je n’aurais pas choisi ce dossier-là“ ou “C’est sûr, c’est un pistonné“. Là, comme ça, ils se rendent compte. »

Vient ensuite l’étape de la rétrocession, avec quatre candidats : le dentiste, l’agriculteur voisin, un autre agriculteur qui serait ouvert à se restructurer en même temps qu’il participe à l’installation du quatrième candidat, un jeune agriculteur qui cherche ses premières terres. Là encore, la salle vote ; à 60 % en faveur du troisième.

0,5 % des dossiers préemptés

Parfois, le consensus met plus de temps à émerger et Fabien Joffre le dit : « Nous passons vite beaucoup de temps sur un seul dossier », se félicitant par ailleurs que tout le monde ait la parole dans ces comités, avec 90 % des décisions prises à l’unanimité : « Le fait de discuter permet d’arriver à une décision collégiale, ce qui est d’autant plus satisfaisant que tous les syndicats agricoles sont ou peuvent être représentés dans ces réunions ».

Le reste de la conférence a également permis de souligner que très peu de terres sont préemptées par la Safer : 260 dossiers sur 55 000 traités en Nouvelle-Aquitaine, en 2018, soit 0,5 %.


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