Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 24 mai 2019

 

Bâtiment photovoltaïque. Christophe Gay est éleveur de blondes d’Aquitaine à Tocane. Il avait besoin d’un lieu de stockage. Il a réfléchi son bâtiment et son investissement en fonction de ses besoins professionnels.

Une stratégie globale d’exploitation

Les pieds dans la gadoue, parce qu’il a plu pendant plusieurs jours, à relever les bâches dans le froid avec des mains qui se transforment en glaçon pour récupérer la paille ou le foin dont les animaux ont besoin ; cette même paille ou ce foin qu’il perdait aussi parce que trop humide pour être mangé par les animaux... Christophe Gay en avait assez. À coup sûr, il avait besoin d’un bâtiment de stockage supplémentaire sur son exploitation de bovins blondes d’Aquitaine et veaux sous la mère, située à la limite de Lisle et Tocane-Saint-Âpre. Certes, mais quel bâtiment et comment le financer ?

« Si on envisage le photovoltaïque, les premières questions à se poser sont : où est le transformateur ? Quelle est sa puissance ? »,   dit en préambule Christophe Gay. Si ce transfo est trop loin, il faut tout de suite passer à autre chose. L’éleveur de Tocane s’était déjà interrogé sur la faisabilité d’un bâtiment photovoltaïque au moment où il a construit sa stabulation en 2007. À l’époque, il ne trouvait pas le système satisfaisant. Malgré tout, sachant qu’il lui faudrait un jour ou l’autre un lieu de stockage, il terrasse et remblaie une surface propre à recevoir un bâtiment.

Ce qui va engager Christophe Gay à aller plus loin, il y a trois ans, c’est justement l’installation d’un transformateur au coin de sa parcelle. Dès lors, l’éleveur a plusieurs solutions pour choisir le photovoltaïque. Mais, en premier lieu, il dessine son bâtiment, ce qu’il veut et ce qui correspond à son besoin professionnel : le stockage de foin et de paille et la possibilité de circuler autour, tout en se gardant l’option de le faire évoluer en fonction des nécessités. De fait, le bâtiment fait 42 m x 6 m (plus 4 m de bi-pente), avec un entre-fermes de 6 m, et est bardé sur trois côtés.

Si des investisseurs sont prêts à vous construire un bâtiment quasi pour rien, c’est que le photovoltaïque doit valoir le coup ? Fort de cette réflexion, Christophe Gay a choisi d’investir lui-même dans son bâtiment plutôt que de le déléguer, de quelque manière que ce soit, à quelqu’un d’autre. Surtout, il a réfléchi cet investissement conséquent dans une stratégie globale de l’entreprise. « Ça a été compliqué », reconnaît l’éleveur. Mais sans regret.

Pour cause : deux ans et demi après sa mise en service, l’installation photovoltaïque s’avère tout à fait conforme aux prévisions. En clair, Christophe Gay a investi 185 000 €, totalement empruntés sur 15 ans. La production et le rachat de l’électricité, en moyenne aux alentours de 13 000 €/an, couvrent l’ensemble des annuités. De plus, une fois branché, le système nécessite peu de temps : « Je fais faire un nettoyage des panneaux par an et je relève les compteurs deux fois par an, que je renseigne sur le site d’Enedis et je suis payé un mois après », se réjouit Christophe Gay. Les quatre onduleurs sont reliés à une base qui lui permet d’être prévenu en cas de soucis.

Éclairés par cette expérience, l’agriculteur et son fils, en passe de s’installer, réfléchissent à un bâtiment photovoltaïque pour les animaux, qui « permette de supporter l’investissement bâtiment en pesant moins sur la productivité de l’élevage ».

 

 

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