Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 24 mai 2019

Saint-Aulaye-Puymangou. Fruit de la collaboration entre la commune et la maison Camus, un cognac monocru, issu du vignoble communal périgourdin, a été lancé en édition limitée de 3 000 bouteilles par an numérotées.

Les notes légères du cognac local

Pour cette journée promotionnelle du 16 mai, la commune avait mis les petits plats dans les grands en invitant une multitude d’acteurs politiques (Conseil départemental, Région, Grand Périgueux), touristiques et médiatiques. Pour ce lancement en grande pompe, le programme était bien ficelé : présentation de la bastide de Saint-Aulaye, visite des musées du cognac et du pastel, avant la dégustation du fameux cognac élaboré par la maison Camus et la découverte de la tour du château où vieillissent les eaux-de-vie. Pour clôturer le tout, comme tant de découvertes et d’émotions creusent l’appétit, un déjeuner était servi, préparé par les chefs des Logis du Périgord avec les produits AOC du Périgord. Au menu, toasts et verrines à base de foie gras, truffes, caviar, fromages, canard, fraises… le tout accompagné de vins de bergerac et monbazillac. Périgord Attitude en a profité pour faire la promotion des produits sous signes de qualité.

Revenons à la genèse de ce projet. Saint- Aulaye appartient à l’AOC Cognac depuis la création de l’appellation en 1909. Avec quelques communes alentour, elle constitue une excroissance en terres périgourdines de vignes éligibles au cognac. Afin de maintenir cette tradition et la valoriser, Saint-Aulaye avait planté 1,5 ha en cépage colombard au début des années 2000. Un demi-hectare supplémentaire a été planté cette année. La vigne est cultivée en fermage par Fabien Rouzeau, viticulteur et éleveur de veau sous la mère à Puymangou. Avant, la récolte alimentait une cave coopérative de Charente-Maritime. L’idée émerge alors chez Yannick Lagrenaudie, le maire, et des élus, de créer un cognac local en bouteille. « L’élément déclencheur vient du contact avec une ancienne élève qui travaille chez Camus, Eugénie Leong, dont j’ai été l’instituteur à Saint-Aulaye », relate le maire. Une rencontre a lieu avec les dirigeants de la marque à Vinexpo. De fil en aiguille, l’idée gravit les échelons et séduit Cyril Camus, le PDG de la maison éponyme.

Un finish monbazillac

En 2015, un accord de collaboration exclusif est passé. Une fois la récolte vinifiée, elle est envoyée à Cognac pour être distillé deux fois avec ses lies. L’eau-de-vie obtenue vieillit 3 ans dans la tour du château de Saint-Aulaye dans des barriques à grains fin, en partie de la forêt de la Double, contenant peu de tanins pour enrichir l’eau-de-vie de notes boisées. « Notre maison est très attachée à la notion de terroir. On travaille déjà beaucoup sur des monocrus avec les borderies ou des eaux-de-vie de l’île de Ré. Il existe une palette aromatique dans plusieurs terroirs », a dit Patrick Léger, directeur et maître de chai de Camus.

Le cognac connaît un second vieillissement d’une durée variable dans des fûts de chênes ayant contenu du monbazillac, provenant du château Tirecul la Gravière, afin d’ajouter des notes douces et onctueuses. Ce finish, pratique plus connue des amateurs de whisky, apporte une complexité de saveurs et une belle robe jaune d’or aux reflets ambrés. Au palais, le cognac révèle des arômes de fruits secs, d’épices douces et d’écorce d’orange soulignés par des notes de café torréfié. « 80 % de la consommation du cognac est réalisé en apéritif ou en long drink, a expliqué Patrick Léger au moment de la dégustation. Ce cognac est destiné a être consommé à l’apéritif même si on peu aussi le boire en digestif. On se rapproche des spiritueux bruns de types scotch. On sent des notes un peu vanillées au nez. Celles de monbazillac apportent un côté très fleur d’acacia et miel avec une bouche relativement ronde et souple. »

Il résulte de ce travail d’orfèvre une série limitée de 3 000 bouteilles numérotées, issue du millésime 2015, dont environ 500 devraient être vendues dans les commerces locaux. Le prix de vente conseillé en France s’établit aux alentours de 55 € TTC. Une petite part des ventes doit revenir dans les caisses de la commune.


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