Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 12 avril 2019

Issac. Interbois Périgord et Alliance bois ont organisé une journée destinée aux élus pour expliquer les besoins et les intérêts en reboisement. Ça passe par une connaissance du terrain et de la diversité forestière.

La forêt résumée en trois fosses

En haut de la colline, sur le plateau, des châtaigniers décharnés tendent leurs doigts gris vers le ciel ; plus bas, presqu’au fond du vallon, des charmes en pleine forme voisinent avec des chênes vigoureux. Il y a moins de 200 mètres entre ces deux points, pourtant les conditions de vie forestière n’ont rien à voir. Pour le prouver, deux fosses pédologiques dévoilent la nature du sol. C’est Jérôme Chanel, directeur de l’agence Périgord d’Alliance Forêts et bois, qui livre des explications à une quarantaine de personnes.

Cette journée sur le reboisement en Dordogne, organisée par la coopérative et Interbois Périgord, a eu lieu mardi 9 avril à Issac, sur une parcelle de M. de Montferrand. Si ces journées sont d’abord destinées aux élus et divers responsables des communautés de communes où elles sont proposées, celle-ci s’est déroulée en présence d’une classe du CFPPA de Bazas (Gironde), des BTS gestion forestière.

« L’objectif de ces journées, a rappelé Bernard Marès, président d’Interbois Périgord, est de vous apporter de la connaissance sur la forêt mais aussi de vous mettre en relation avec les professionnels de la sylviculture. »

Avant de partir sur le terrain, Jérôme Chanel a souligné à quel point la forêt périgourdine était variée. Trois facteurs essentiels déterminent cette variété. D’une part, l’intervention humaine a défini un « patchwork foncier », a fait doubler la surface de la forêt en 150 ans ou encore a introduit le châtaignier il y a deux siècles. Le climat influe également sur la nature de la forêt, sachant que « la Dordogne est une espèce de plan incliné de 480-490 mètres au nord jusqu’à à peine quelques mètres d’altitude au sud », avec une pluviométrie de 1 000 mm au nord à 600-700 mm au sud. Enfin la géologie, puisque la Dordogne est la rencontre du bassin sédimentaire d’Aquitaine avec les roches cristallines du Massif central. Il faut y ajouter un réseau de rivières long de quelque 4 500 km.

Acidité, sable et richesse

Sur le terrain, trois fosses pédologiques ont été creusées. En haut de la colline, la première montre un sol constitué d’argile très compactée, très humide en cas de pluie, très sec dès qu’il ne pleut plus. La couche superficielle est pauvre et ce sol est acide. Du coup, la nutrition est rare et seuls des pins peuvent pousser sur ce type de sol.

La deuxième fosse est plus anecdotique. « C’est ce qu’on appelle des “sables à renard” », précise Bernard Marès. En l’occurrence, il s’agit en effet d’une sablière, surprenante à cet endroit. « Ce sable est probablement d’origine fluviale, un cingle de rivière qui aurait subi un plissement de terrain », explique Jérôme Chanel.

La troisième fosse est celle où « on peut planter ce que l’on veut ». Elle est riche de très bonnes argiles, qui permettent une excellente distribution de l’eau et des nutriments. Et voilà en trois fosses résumée toute la diversité forestière périgourdine.


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