Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 5 avril 2019

 

Peste porcine africaine. La Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations a organisé une réunion pour informer et responsabiliser les acteurs de la filière porcine.

Branle-bas de combat

Un reste de sandwich au jambon qu’on balance par la fenêtre de la voiture en se disant qu’un animal en profitera, un morceau de vieux saucisson qu’on donne à manger à son cochon vietnamien... Des gestes anodins dont les conséquences peuvent être dramatiques. La peste porcine africaine est une maladie extrêmement contagieuse dont la seule protection réside dans les mesures de biosécurité. Elle est aujourd’hui dans la tête de tous les producteurs de porcs et de tous les responsables de la filière porcine. Même si, pour l’instant, cette maladie reste cantonnée à la frontière belge, du côté des Ardennes.

Tout d’abord, il faut le rappeler, la peste porcine africaine (PPA) n’est pas contagieuse pour l’être humain. En revanche, c’est une maladie “économique”, elle empêche tout commerce export dès lors qu’un pays n’est plus indemne. Elle provoque une mortalité très forte chez les animaux infectés, les suidés, tels que les porcs et les sangliers.

Jeudi 28 mars, la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations) de Dordogne a réuni les acteurs de la filière porcine ou impactée par la PPA comme les chasseurs, l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) ou les établissements zoologiques pour préparer une gestion de crise éventuelle. « Informer, faire preuve de vigilance dès maintenant, préparer la crise et, pour ce faire, mettre en place les réseaux d’information en faisant connaissance et en se parlant avant... Voilà les objectifs de cette réunion », a résumé Frédéric Piron, directeur de la DDCSPP.

« C’est une saloperie ! » Franck Martin, responsable du service vétérinaire à la DDCSPP, n’hésite pas une seconde : « La PPA résiste à la congélation pendant plus d’un an, résiste à la putréfaction, résiste à la salaison ». Cette capacité de résistance tout autant que sa capacité de propagation en font une maladie très difficile à combattre.

En observant la manière dont la PPA s’est propagée à travers le monde, on se rend compte qu’elle fait de grands bonds d’un pays à l’autre (de l’Europe de l’Est à la Belgique), voire d’un continent à l’autre (de l’Afrique à la Chine). Ce qui prouve que c’est une maladie qui est majoritairement transportée par les activités humaines. D’où la nécessité d’en prendre conscience et d’être particulièrement vigilant.

Baisse des prix

En septembre dernier, des sangliers infectés par la PPA sont découverts en Belgique, à quelques kilomètres de la frontière française. Pour bien comprendre l’impact, Jean-François Renaud, président de l’Arepsa (Association régionale porcine sanitaire d’Aquitaine) et éleveur à Trélissac, s’en désole : « Depuis ces premiers cas, le prix du porc en Belgique a baissé de 30 % ».

La Dordogne compte environ 250 élevages de porcs, dont une centaine en plein air. L’ensemble représente 180 000 porcs charcutiers et environ 5 000 reproducteurs. Il faut y ajouter une trentaine d’élevages de sangliers. Seules des mesures de biosécurité, séparant par exemple les zones d’élevage et professionnelle, des clôtures efficaces contre les animaux sauvages pour les élevages plein air, des stockages et circuits de distribution d’alimentation protégés, là aussi contre les animaux sauvages, etc., permettront d’éviter la propagation de la maladie.

 

Les chasseurs, présents à la réunion via leur président Michel Amblard, sont aussi appelés à faire preuve de vigilance, notamment lors de découvertes de cadavres de sangliers suspects. Mais les randonneurs ou VTTistes peuvent tout autant signaler ces cas. La vigilance contre la peste porcine africaine est bel et bien l’affaire de tous.

 


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