Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 29 mars 2019

Sigoulès. Dans le cadre de la semaine de l’industrie en Bergeracois, des demandeurs d’emploi ont visité VCN. L’entreprise éprouve des difficultés à recruter dans le secteur spécifique de l’usinage de précision.

VCN recrute dans la petite pièce

De la route menant à Sigoulès, on aperçoit le bâtiment neuf près des vignes, dans la ZAE du Roc de la Peyre. Quand on pénètre dans l’enceinte, avec ses grandes baies vitrées et ses bassins à jets d’eau à l’entrée, on n’éprouve pas l’impression d’arriver dans une usine. C’est dans ce cadre presque enjôleur, intégré par les salariés depuis plus d’un an, que l’entreprise espère bien attirer du personnel.

Le 21 mars dernier, l’entreprise a reçu 12 demandeurs d’emploi pour visiter les locaux dans le cadre de la semaine de l’industrie en Bergeracois, via la mission locale. VCN Industries recrute tous azimuts. Andéol Cristin, en charge de la production et de la relation clients, et Mathias Goubay, responsable qualité, ont assuré la visite d’une usine propre et cossue, bien loin de l’image qu’on pourrait s’en faire. « On cherche entre 8 et 10 personnes. Il en faudrait au moins cinq en production, usinage et métrologie. On va avoir des nouvelles machines et augmenter le volume de pièces produites. Il faudra d’autres personnes au contrôle, en ébavurage et en qualité », explique Mathias Goubay. VCN fabrique des petites pièces de précision, pour le secteur médical, comme des vis orthopédiques ou des instruments dentaires, mais aussi pour l’aéronautique, la défense, la télécommunication et même l’horlogerie de luxe. Les clients ont pour nom Satelec ou Thalès. Les normes de qualité et de traçabilité sont assez draconiennes.

« Il nous faut des gens avec des notions techniques dans la fabrication mécanique, en capacité de lire un plan », affirme Andéol
Cristin. L’entreprise s’est rapprochée du lycée de Claveille, qui forme des BTS en électro-mécanique pour sonder de potentiels candidats. Après, il ne faut pas moins de trois ans de formation en interne pour qu’un salarié devienne autonome sur une machine. 

De la mécanique de précision

Que de chemin parcouru par les époux Vacher depuis la création de l’entreprise en 2003. En 2007, un incendie ravage toute la partie production. Il a bien failli sonner le glas de VCN, mais grâce à des pièces stockées dans des armoires, dans les bureaux administratifs, petit à petit la production repart. Depuis, elle ne cesse de progresser au point d’arriver à saturation. D’où la construction du nouveau bâtiment dans lequel le personnel a emménagé à Noël 2017. Un développement général soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine (500 000 Ä).

Aujourd’hui, ils sont 23 salariés et ce problème du recrutement commence à bloquer l’horizon de la société. « On recherche des personnes pour la production, la métrologie, mais c’est compliqué de trouver. On fait la formation sur place ; encore faut-il que les gens soient motivés. Quand on parle d’usinage, ce n’est pas vendeur. Il existe cette image de la mécanique pas très valorisante. Le fait d’être aux 39 h au lieu de 35 h coince aussi. En production, ils ont la possibilité de faire 44 heures par semaine et de travailler le samedi matin », explique Nathalie Vacher dont l’équipe à 28 ans d’âge moyen. Un problème de recrutement assez général dans l’industrie, et tous les métiers manuels, que l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), dont Jean-Michel Vacher est membre, pointe du doigt alors que le chômage reste élevé.

Le chiffre d’affaires de VCN est passé de 2,6 MÄ en 2017 à 3,1 MÄ en 2018, 60 % concernent le secteur médical. Deux nouvelles machines arrivent en avril, ainsi qu’un centre d’usinage en juin. Une nouvelle activité qui va permettre de faire des pièces plus complexes et toucher de nouveaux marchés. « On est dans un secteur de niche. Nous travaillons des pièces que personne d’autre ne veut faire. Nous étudions toujours la proposition mais on ne dit jamais non à un client. C’est notre philosophie. »

 

 


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