Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 22 mars 2019

Transmission. Jean-Paul Armand est éleveur de bovins viande bio à Beaumont-du-Périgord. Depuis plusieurs années, il cherche à transmettre son exploitation. Sans succès pour l’instant.

Belle ferme et si peu de candidats

Les vaches sont toutes au cornadis, de chaque côté de la stabulation. Pour elles, c’est l’heure de se restaurer. Jean-Paul Armand s’en occupe tout seul, empêchant les bêtes de se donner des coups de corne et les réalimentant en foin si besoin. C’est un matin gris, avec des nuages bas gonflés de pluie et c’est dommage parce que la vue est superbe depuis ce petit plateau qui domine les vallons alentours. On est au lieu-dit Peyrou, à Beaumont-du-Périgord, à quelques encablures du château de Bannes. « Je cherche depuis six ans quelqu’un à qui transmettre mon exploitation », se désole l’éleveur.

Pourtant, l’exploitation de Jean-Paul Armand est dotée de nombreux atouts, susceptibles de séduire un porteur de projet. Elle est orientée vers la production de viande bovine en bio. La SAU est d’une soixantaine d’hectares, dont huit en location, d’un seul tenant autour des bâtiments. Huit à dix hectares sont consacrés à la culture de céréales, le reste est en prairies. Le cheptel est composé majoritairement de blondes d’Aquitaine auxquelles il faut ajouter trois normandes et deux rouges des prés. « Jusqu’à présent j’avais 40 mères, mais là, je baisse progressivement à une trentaine », précise Jean-Paul Armand. Il en est de même pour les génisses, passées de 25 à 18.

L’éleveur commercialise sa viande auprès de la SCA Pré vert pour l’essentiel. Il fait aussi de la vente directe, en particulier du veau en caissette. « Dans le secteur, en viande bio, il n’y a plus que moi qui fais de la vente directe, donc ça part facilement », se réjouit-il. Jean-Paul Armand, qui vend aussi auprès d’un comité d’entreprise à Bordeaux, estime que cette manière de commercialiser pourrait même être développée.

De nombreux atouts

L’exploitation, outre un parcellaire bien regroupé autour de la stabulation, a l’avantage de disposer d’eau. En effet, en contrebas des bâtiments se trouve une retenue tandis que le reste est relié au réseau d’irrigation local. Du coup, ces différents atouts permettent, bien entendu, de conserver et développer la viande mais aussi d’imaginer la création d’au moins un autre atelier. « Du maraîchage, de l’arboriculture, du poulet, une ferme-auberge... » rêve tout haut Jean-Paul Armand.

L’agriculteur est dans sa soixantième année. Il a souhaité anticiper la transmission de son exploitation en s’en préoccupant il y a six ans. À l’époque, il s’est imaginé qu’en recherchant un associé, il trouverait facilement un candidat. Par ailleurs, au départ, il souhaitait conserver le gîte qu’il loue en saison. « J’ai eu quelques couples candidats, deux, trois... Mais rien ne s’est fait », déplore-t-il.

Aujourd’hui, il a fait évoluer son offre, conscient que de ne pas proposer un logement à proximité immédiate était incontestablement un frein à la reprise. « Le gîte, je pourrais le louer ou le vendre avec l’ensemble s’il faut », précise-t-il.

Jean-Paul Armand viendra témoigner de son parcours difficile vers la transmission lors de la journée organisée par la Chambre d’agriculture, jeudi 28 mars, au Pôle interconsulaire de Coulounieix. En espérant que son exploitation séduira ce jour-là parce que « elle a tous les codes pour intéresser du monde  », conclut le responsable transmission de la Chambre d’agriculture, Pascal Chabaud.


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