Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 15 mars 2019

Brexit. La CCI International Nouvelle-Aquitaine a organisé, mardi 12 mars, une réunion sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, en s’appuyant sur une absence d’accord, le scénario le plus compliqué.

Vers une nouvelle frontière 

À l’heure où sont écrites ces lignes, les parlementaires britanniques n’avaient pas fini de plonger leur pays dans une profonde incertitude. Après avoir voté, mardi, contre l’accord sur le Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, ils devaient se prononcer, mercredi soir, sur une sortie de l’UE avec ou sans accord et jeudi sur un report éventuel du Brexit. Quoi qu’il arrive, tout le monde a intérêt à envisager le scénario le plus défavorable, à savoir le “no deal”, une sortie de l’UE sans accord. C’est bien ce qu’ont martelé les animateurs de la réunion organisée, mardi au Pôle intercon-
sulaire, par la CCI International Nouvelle-Aquitaine.

« Nous allons sortir d’une période de 44 ans de marché intérieur pour passer à la reconstruction d’une frontière, se désole Natalia Richardson, juriste à la CCI International Nouvelle-Aquitaine. Personne n’avait anticipé ces difficultés et il faut vous préparer au pire. » Un Brexit dur, le 29 mars, c’est la fin de la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux, et c’est la fin de l’union douanière.

Franchir les étapes

« Jusqu’à présent, a rappelé Catherine Bièche, conseillère entreprises à la Direction des douanes Nouvelle-Aquitaine, les échanges intracommunautaires sont effectués sans formalités douanières, hormis les cas particuliers des produits avec taxe d’accise comme les alcools. » En cas de sortie sans accord du Royaume-Uni, le dédouanement reprend sa place.

Pour schématiser, tout produit sortant de France devra franchir la douane en France avant son transport principal, puis passer la douane au Royaume-Uni avant son acheminement vers le client britannique. Ça fonctionne évidemment de la même manière dans l’autre sens. Ce système douanier s’impose de toutes les manières, y compris si on choisit la voie postale ou le fret express.

Face aux représentants d’entreprise ou responsables de l’export, Catherine Biège incite à anticiper au mieux le dédouanement. Elle le reconnaît : « Ça aura un impact sur tous les aspects de l’entreprise, le commercial, la logistique et la production, l’administration et les finances. Tout ça a évidemment un coût ».

En ce qui concerne les produits agroalimentaires ou issus de l’agriculture, on ne sait pas quelles seront les règles en matière sanitaire et phytosanitaire. Mais il y en aura.

 


 

BLOCAGE

Le casse-tête irlandais

Sous l’égide de l’Union européenne, l’accord de paix du Vendredi Saint, signé en 1998, mettait fin à trente ans de guerre civile en Irlande du Nord. Cet accord rendait la frontière “invisible” entre l’Irlande du Nord, membre du Royaume-Uni, et l’Irlande, indépendante et État-membre de l’Union européenne. Cet accord garantissait la libre circulation des hommes et des biens entre les deux Irlande. L’accord sur le Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne prévoyait qu’à l’issue de la période de transition, en 2020, un filet de sécurité (backstop) garantirait un non-rétablissement d’une frontière dure, faisant, dans ce cas, de l’Irlande du Nord un territoire à statut particulier au sein du Royaume-Uni. Or, les partisans d’un Brexit dur n’en veulent absolument pas. Ce qui s’est encore confirmé au parlement britannique, mardi.

 

 


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