Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 8 mars 2019

 

Élevage. La FDSEA et les JA Dordogne ont mis en place une opération afin de pallier les manques de paille de certains éleveurs. Les syndicats ont négocié un tarif acceptable, soutenu par leur partenaire.

De la paille à prix mutualisé

Le tracteur avance, manœuvre et s’approche du semi-remorque. Le chargeur monte et les pointes s’enfoncent dans la botte de paille. Avec délicatesse, l’agriculteur fait reculer l’ensemble. Les quatre bottes oscillent puis se stabilisent. Benoît Mouton peut aller déposer sa paille dans la cour de sa ferme, devant l’une de ses stabulations, sous le regard intrigué de ses vaches. Il va falloir à peine une heure pour décharger les 26,3 tonnes de paille. « Heureusement qu’elle arrive, je commençais vraiment à manquer de paille », concède l’éleveur de Thiviers.

Benoît Mouton, en Gaec avec son fils Fabien, bénéficie de l’opération “paille“, lancée en décembre par la FDSEA et les JA Dordogne pour pallier les manques de cet été. Florent Claudel, membre de JA, éleveur laitier à Montagnac-la-Crempse, s’est rendu compte en fin d’année qu’il manquerait de paille. Or, il en a un besoin vital pour assurer la qualité de son lait et garantir la santé de ses vaches. Il s’est vite aperçu qu’il n’était pas le seul dans son cas. « En décembre, explique-t-il, nous avons lancé une prospection auprès des éleveurs pour connaître les besoins. » De ces retours, il apparaît qu’il s’élevait à environ 1 000 tonnes.

Florent Claudel va alors, avec le soutien de la directrice de la FDSEA, Marion Minois, chercher un transporteur et trouver Gerritse Fourage, un spécialiste hollandais qui achète de la paille en Espagne pour la ramener aux Pays-Bas. Après négociation, tout le monde tombe d’accord sur un prix. « Raisonnable et en dessous du marché », confie Benoît Mouton. Cette opération bénéficie d’un soutien du Crédit agricole Charente-Périgord, qui permet d’abaisser le tarif de la paille.

Au final, 24 éleveurs se sont engagés à la mi-janvier pour un volume global de 860 tonnes. Le transporteur, qui va chercher la paille à Saragosse et Burgos en Espagne, gère toute la logistique, y compris la prise de rendez-vous avec les éleveurs pour la livraison. D’ici la mi-mars, tous les agriculteurs périgourdins devraient être livrés. Benoît Mouton s’est félicité de pouvoir faire la jointure avec la prochaine récolte. Quant à Florent Claudel, qui s’est fait livrer 100 tonnes de paille, il s’est dit « très satisfait de l’ensemble de l’opération ».

 


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