Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 8 mars 2019

 

Aviculture. Après avoir fusionné au 1er janvier, Périgord aviculture et Maïsadour ont convié les éleveurs périgourdins à une journée de découverte, où le groupe coopératif a pris le temps de se présenter.

Opération séduction

Allez, soyons francs : elles ne sont pas légion les coopératives capables de réunir pour une journée découverte la moitié de leurs adhérents. C’est pourtant ce qu’a réussi la section Périgord aviculture de Maïsadour, mercredi 6 mars, à la salle des fêtes de Saint-Laurent-sur-Manoire. Sur les 107 adhérents que compte la section, une soixantaine d’entre eux étaient présents. Avec les représentants des partenaires et de Maïsadour, une centaine de personnes ont participé à cette journée. Autant dire que la présidente de la section, Virginie Petit, ou le président de la coopérative, Michel Prugue, étaient ravis.

Cet engouement est aussi la preuve de l’intérêt que les éleveurs portent à leur structure tout autant que de leur curiosité. En effet, depuis le 1er janvier, et après les assemblées générales de fin d’année, Périgord aviculture a fusionné avec Maïsadour. « C’est la première rencontre avec Maïsadour », a rappelé Virginie Petit.

Un film sur Maïsadour a servi de préambule à Michel Prugue. Le président de la coopérative a rappelé que cette dernière était née en 1936. Surtout, face aux éleveurs périgourdins, il s’est attaché à « démystifier » la taille de l’entreprise. « Notre histoire montre que ce sont des associations qui s’agglomèrent autour du cœur Maïsadour pour répondre aux besoins de nos adhérents et satisfaire des marchés », a-t-il ainsi souligné.

Philippe Carré, directeur du groupe depuis deux ans, a continué de raconter « la belle histoire » de Maïsadour, petite coopérative de maïs landaise devenue un groupe international, qui œuvre de la semence à l’assiette. Aujourd’hui, le groupe, ce n’est pas moins de 8 000 agriculteurs, dont 5 000 adhérents et près de
5 500 salariés pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros en 2018. Le pôle agricole, soit l’aval, en réalise 53 %. Quant au pôle Gastronomie, il est composé de marques connues telles que Delpeyrat, Comtesse du Barry, Sarrade, les trois surtout pour les foies gras et salaisons, et Delmas (essentiellement truites et saumons). Le C. A. de ce pôle est de 362 millions d’euros.

Troisième rang français

Bien entendu, le pôle Volailles a immédiatement capté, encore plus, l’attention des éleveurs présents. Avec un chiffre d’affaires de 202 millions d’euros, il se place au troisième rang des groupes français, mais loin de LDC (C. A. de 3,5 milliards) et de Terrena (1 milliard). Au sein de Maïsadour, les producteurs de volailles sont rassemblés dans un groupement. 

Ce dernier est présidé par l’éleveur landais Bernard Tauzia. Il en a expliqué le fonctionnement à ses collègues du Périgord. « Nous sommes 430 éleveurs pour produire 13,4 millions de volailles par an, dont 350 000 festives », a-t-il souligné. La commission volailles comprend une vingtaine de membres et se réunit trois fois par an. « Il y aura une réunion en septembre en Dordogne », a révélé Bernard Tauzia. Le groupement comprend également trois commissions plus spécifiques : technique, volailles festives et fonds de solidarité.

Déjà avant la fusion, Périgord aviculture et Fermiers du Sud-Ouest étaient très liés, la coopérative livrant à l’abattoir de Terrasson, Fermiers du Périgord, déclinaison de la maison mère Fermiers du Sud-Ouest, détenu à 51 % par Maïsadour et à 49 % par Terrena. Le directeur Paul Lebars était donc le mieux placé pour dresser un état des lieux du marché de la volaille.

« La viande en France est de moins en moins consommée, toutes espèces confondues », constate le directeur de Fermiers du Sud-Ouest. Il tempère en ce qui concerne les volailles : cette catégorie contient le lapin dont la baisse de consommation est plus importante que le poulet. La production de ce dernier s’élève à 217 000 tonnes, soit 5 % de bio, 24 % de labels rouges, 24 % de certifiés et 47 % de standards. La consommation évolue aussi puisque les consommateurs se tournent de plus en plus vers des pièces découpées ou élaborées au détriment des volailles entières. Pour autant, Paul Lebars se veut optimiste : « Le marché français est mature mais la consommation de poulet va continuer de croître dans le reste du monde ».

 


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