Auteur : Thierry Ganteil
Publié : vendredi 1 mars 2019

Faune. Le Conseil régional a alloué, le 15 février, une subvention de 50000 eurso à l'association Houmbaba pour lancer une expérimentation sur la cohabitation avec le loup en Nouvelle-Aquitaine.

Prouver la présence du loup

Le retour naturel du loup en France a été officialisé en1992 avec l’observation d’un couple de loups dans le parc national du Mercantour. Depuis, la population se développe et occupe de nouveaux territoires en progressant notamment vers l’ouest. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) estime qu’à la sortie de l’été 2018, il y avait en France 85 ZPP (Zones de présence permanente), où des loups sont sédentarisés.

Dans sa progression, le loup arrive aux confins immédiats de la Nouvelle-Aquitaine. C’est dans ce contexte que la Région souhaite développer une expérimentation visant à anticiper l’éventuelle arrivée du loup et proposer, entre autres, des mesures de suivi et d’éloignement. Celles-ci permettraient d’assurer la compatibilité entre le développement de l’élevage et la présence du loup tenu à l’écart.

Les situations dangereuses liées au loup sont nombreuses, touchent les biens, le bien-être au travail et les entreprises. La viabilité d’une population de loups ne pourra être possible que lorsque les doutes des éleveurs sur la capacité des autorités à les protéger et à « contrôler » au quotidien cette présence auront été levés. La Région souhaite donc aider les éleveurs du Limousin à acquérir certaines techniques ou savoir-faire pour rendre la présence de loups supportable.

Une présentation avec les éleveurs

Nicolas Thierry, élu de la Gironde au Conseil régional, a en charge l’environnement et la biodiversité. C’est à ce titre qu’il est venu à la mairie de Saint-Anne-Saint-Priest (Haute-Vienne), avec Jean-Jacques Blanchon, président de l’association Houmbaba, et Antoine Nochy, un membre actif, présenter cette expérimentation. Au début de son intervention, il a souligné: «La Région a abordé ce dossier avec rationalité pour sortir de l’émotion».

La progression de la présence du loup pose d’abord des problèmes à l’élevage de plein air très présent sur le plateau, avec des éleveurs qui produisent de la viande de qualité et qui refusent un modèle d’enfermement des animaux. «Mais il y a aussi l’enjeu de la préservation d’une espèce protégée. On ne peut pas collectivement s’indigner de la disparition du vivant et, dans le même temps, se dire que, parce qu’une espèce nous pose des problèmes, il faut l’éradiquer», a-t-il ajouté.

La problématique de la Région est donc de mettre en place un fonctionnement qui ne pénalise personne. «Il faudra être extrêmement ferme sur la préservation d’un modèle d’élevage présent ici, que l’on défendra jusqu’au bout, et l’être tout autant sur le principe que le droit d’exister d’une espèce n’est pas négociable non plus.»

Le loup, mon ennemi

Alexandre Pagnaud, éleveur d’ovins à Sainte-Anne-Saint-Priest, a fait une longue présentation de la suspicion de la présence du loup sur le territoire de la commune. La première prédation suspecte sur son troupeau remonte à décembre 2016. «Le loup, c’est mon ennemi. Pour le combattre, il faut le connaître.» C’est pour cela que cette expérimentation est une bonne nouvelle pour lui.

Dès maintenant, cette expérimentation doit permettre de recueillir plus d’informations sur l’éventualité de la présence de loups. Il est demandé, notamment aux éleveurs, de signaler toute prédation suspecte.

• Signalement à faire auprès d’Alexandre Pagnaud : 06 14 99 41 14.


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