Auteur : Suzanne Boireau-Tartarat
Publié : vendredi 22 février 2019

Distribution. Les partenaires de la plateforme Manger Bio Périgord avaient rendez-vous à Sanilhac, vendredi 15 février, à l’occasion de la présentation de leur organisation pour approvisionner la restauration collective.

Alimentaire et élémentaire 

C’est le maillon qui faisait défaut dans les initiatives précédentes : la plateforme logistique devient le pivot du dispositif mis en œuvre par Manger Bio Périgord, pour distribuer des productions bio et locales dans la restauration collective. C’est dans les locaux des transports frigorifiques CLAS, à Sanilhac, que s’organise l’approvisionnement auprès des ressources locales, le stockage et la logistique de livraison. Pour Jean-Marie Viale, prestataire officiel de Manger Bio Périgord, un nouveau plan de distribution est à l’œuvre, sur des schémas de proximité, avec des plateformes déportées pour faciliter l’apport des producteurs et desservir plus de destinataires. Dans un premier temps, les établissements scolaires, puis les Ehpad.

Isle Mange Bio, association en difficulté, s’est transformée et déplacée de Mussidan à l’agglomération périgourdine : Manger Bio Périgord réunit une quarantaine de maraîchers, éleveurs, arboriculteurs et transformateurs. Ensemble, ils approvisionnent la restauration collective et s’impliquent dans la commercialisation, avec un catalogue renforcé par Biocoop. Le service Agriculture du Département accompagne cette mise en place, avec Agrobio Périgord. La Région, la Chambre d’agriculture, le collectif les Pieds dans le plat, GIEE et le Crédit agricole Charente-Périgord sont partenaires de cette « organisation transparente et partagent les risques », comme l’indique Didier Bazinet, vice-président du Département, chargé de l’agriculture, qui prévoit un équilibre du dispositif d’ici fin 2019. 

La coordination est assurée par Mathilde Chaland. La structuration des ressources humaines est en cours, avec des compétences associées : Jean-Marc Mouillac, pionnier de la cuisine 100 % bio à l’école de Marsaneix, est devenu animateur-formateur pour le Département et accompagne les personnels concernés ; Stéphanie Bomme-Roussarie d’Agrobio Périgord établit des diagnostics et sensibilise les collectivités ;  Aurélie Benazet, nutritionniste, intervient pour les Pieds dans le plat. Les contrats entre la plateforme et les producteurs s’établissent sur des prix garantis, la rémunération des producteurs devenant le socle de l’édifice ainsi construit. « Au final, il s’agit bien de relocaliser l’agriculture. Le bio suppose une main-d’œuvre qui permettra de revitaliser les campagnes. » 

Maillage territorial

Germinal Peiro ajoute que le Conseil départemental apporte sa caution morale et financière, et affirme un engagement déjà ancien « pour lutter contre la délocalisation autant que la désaisonnalisation », qui croise désormais des questions environnementales. « La proximité, c’est une économie de déplacements. » Geneviève Barat, vice-présidente du Conseil régional chargée de la ruralité, souligne aussi que c’est le bon moment, « qu’il est possible de libérer le monde agricole de la pression de la grande distribution » et que tous sont motivés pour renouer avec les productions locales. Manger Bio a ainsi reçu une aide de 30 000 € dans le cadre d’un appel à projets régional. 

La loi alimentation prévoit qu’au plus tard le 1er janvier 2022 la moitié des ingrédients servis dans la restauration collective devront être locaux, dont 20 % issus de l’agriculture biologique. La Dordogne prend de l’avance sur l’échéance. Cette perspective pourrait stopper l’érosion du nombre d’exploitations, le Périgord en ayant perdu 26 % entre 2002 et 2012 (comme la moyenne nationale), et reconstruire une économie autour du manger local. La montée en charge reste un défi dans cet équilibre, pour aller au-delà du laboratoire d’idée et durer.


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