Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 8 février 2019

La défense des lignes du quotidien

Transports. Elisabeth Borne, ministre des Transport, est venue inaugurer les travaux de modernisation de la ligne ferroviaire Bergerac-Libourne. L’occasion d’échanger avec les élus sur le désenclavement.

Ironie du sort, une panne électrique survenue le matin même à la gare Montparnasse, a quelque peu perturbé la venue d’Élisabeth Borne en Dordogne, jeudi 31 janvier. Elle a finalement commencé sa visite par un échange avec des élus et des chefs d’entreprises, à Mussidan, et n’a pu visiter le pôle multimodal. Elle s’est vue remettre le compte rendu de la réunion du Grand débat national avant de rallier la gare de Bergerac, en début d’après-midi.

Les travaux de la ligne Bergerac-Libourne ont débuté le 2 janvier et vont durer jusqu’au 29 septembre. 62 km de voies ferrées vont être intégralement refaits pour un coût de 84 Me, financés par une quinzaine de collectivités. Cette ligne draine 540 000 voyageurs par an, se plaçant ainsi numéro 5 des TER de la Nouvelle-Aquitaine. 

Alain Rousset, président de la Nouvelle-Aquitaine, a rappelé l’importance de cette ligne pour la région : « C’est la plus fréquentée avec plus de 3 200 voyageurs par jours ». Avec l’arrivé de la LGV à Bordeaux, cette ligne a connu une des plus fortes augmentations (+ 10 à 15 %).

 La ligne est symbolique de ces transports du quotidien sur lesquels l’État a dit vouloir mettre la priorité. « C’est un discours auquel il faut associer des moyens. Dès 2017, nous avons renforcé les investissements de l’État dans les transports, a dit la ministre. Nous sommes à nouveau en hausse, cette année, de plus de 300 Me. Durant le quinquennat, nous avons décidé de consacrer 13,4 milliards d’euros dans les transports. C’est 40 % de plus que le quinquennat passé. C’est le prix pour réduire les fractures territoriales. »

Lancement d’une mission

Il faut dire que la France a d’importants besoins en la matière. Plus de 4 000 km de voies ferrées nécessiteraient des travaux. Le gouvernement a budgétisé 1,5 milliard d’euros dans le cadre du CPER (Contrat de plan État-région) pour le financement de ces lignes. Élisabeth Borne a évoqué le lancement d’une mission confiée au préfet, François Philizot, chargé d’établir un diagnostic ligne par ligne. « Il nous faut absolument sortir de l’approche binaire : on remet en état à l’identique ou on ferme la ligne. Il faudra établir un plan de bataille région par région pour définir les investissements, leur nature et leur rythme. C’est un travail difficile. C’est si simple de cacher la réalité sous le tapis et de se contenter d’annonces sans lendemain. Cela n’est pas mon approche. Je préfère que les vérités soient dites même si elles sont moins plaisantes que les non-dits. »

Interpellée par Germinal Peiro sur le projet de 2x2 voies de la RN21, la ministre n’a pas laissé grand espoir aux élus :  « On ne va pas promettre systématiquement des 2x2 voies à caractéristiques autoroutières que l’on repousse de décennies en décennies ». Elle a évoqué uniquement des aménagements indispensables telles que des créneaux de dépassement et des contournements de bourgs. « C’est bien le travail que nous aurons à conduire ici avec la RN21. »


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