Auteur : Suzanne Boireau-Tartarat
Publié : vendredi 25 janvier 2019

Soutien à l’économie locale. Six communautés de communes du Périgord noir bénéficient, jusqu’en décembre 2020, d’une Opération collective en milieu rural. Commerçants et artisans peuvent bénéficier d’aides pour investir et se développer.

Faire émerger des projets

Une série de réunions vient de se dérouler en Périgord noir, la dernière se tient ce 25 janvier à Sarlat (salle de l’ancien évêché à 20 h), pour présenter une opération visant à soutenir les entreprises locales, qui rendent des services à la population et jouent un rôle majeur de proximité. Six communautés de communes se sont fédérées pour mettre en œuvre cette Opération collective en milieu rural (OCMR, ex-ORAC) : Sarlat Périgord noir, Vallée Dordogne-Forêt Bessède (Saint-Cyprien), Vallée de l’Homme (Les Eyzies Montignac), Domme-Villefranche-du-Périgord, Terrassonnais Thenon Hautefort et Pays de Fénelon. 

La mission est confiée à Rébécca Dain, salariée du Pays de Fénelon, maître d’ouvrage au titre des six communautés. Arrivée en septembre dernier à ce poste, elle a œuvré pendant dix ans pour le développement économique à la Maison de l’emploi du Périgord noir, avec un profil orienté sur les ressources humaines et la formation, auquel elle ajoute ici la compétence gestion de fonds. « Cela me permet d’apporter aussi cette expérience de conseil et de réseaux aux entreprises qui me sollicitent dans le cadre de l’OCMR », constate-t-elle. Il s’agit d’artisans et de commerçants établis sur le périmètre des six “Comcom”, inscrits depuis au moins un an au registre du commerce ou des métiers (même en auto-entreprise), ou immédiatement s’il s’agit d’une reprise d’activité. Potentiellement, cela représente environ 7 000 ins-
crits avec Siret. Le chiffre d’affaires doit être inférieur à 1 Me, les activités touristiques sont exclues du dispositif, exception faite des restaurants ouverts à l’année, qui contribuent à animer un petit bourg, par exemple, la clientèle principale doit être constituée de particuliers (pas de sous-traitance), et les intéressés doivent être à jour de leurs cotisations. Ne peuvent être concernés : les professions libérales, pharmacies, banques, agences immobilières, taxis. 

Premiers arrivés, premiers servis

Tout commence avec un bilan conseil établi par la Chambre de métiers ou la CCI (subventionné à 50 %, 460 € restant à charge), partenaires de l’opération. Ce diagnostic permet de mieux cerner le fonctionnement de l’entreprise et les améliorations possibles. Les chambres consulaires présentent alors le dossier devant le comité des financeurs, réuni tous les trois mois. Les critères d’éligibilité sont établis sur un socle national et modulés en fonction de caractéristiques locales, la restauration du bâti ancien étant notamment l’une des caractéristiques du Périgord noir. Les aides peuvent représenter 25 à 30 % du montant du projet, lequel doit au moins porter sur 

5 000 e d’investissement et au plus sur 60 000 e. Il s’agit bien d’une subvention, mais l’entreprise doit faire l’avance de trésorerie car l’aide est versée sur présentation de factures acquittées. Attention : aucun effet rétroactif. Il faut avoir effectué la demande avant de valider un bon de commande ou d’engager les travaux. Mieux vaut donc se renseigner avant d’entreprendre quoi que ce soit.

« Cette aide a un effet de levier pour des aménagements qui étaient prévus, elle les déclenche rarement. Elle peut aussi rassurer une banque qui hésiterait à soutenir un projet. » La chargée de mission prend ainsi le pouls de l’économie locale. L’émergence de projets d’investissement ici ou là, dans divers secteurs, montre que beaucoup croient encore à l’avenir en milieu rural...

Le coup d’envoi de ce programme a été donné cet automne et 23 dossiers sont déjà arrivés : l’enveloppe financière étant établie à 533 500 e d’aides publiques*, ce qui représentera 1,9 Me de travaux au bénéfice de l’économie locale. Les intéressés doivent se manifester avant qu’elle soit épuisée. Les projets peuvent porter sur des locaux et équipements : réfection intérieure, vitrine, enseigne, matériel (four, vitrine réfrigérée...), accès pour personnes handicapées, réalisation de site internet, aménagement d’un véhicule pour la vente ambulante ou encore achat d’engin pour les TP ; tout ce qui peut rendre une entreprise plus attractive et lui permettre de se maintenir. Rébécca Dain se déplace toujours dans l’entreprise pour examiner le projet. « Des impossibilités sont parfois identifiées pour le réaliser dans ce cadre, mais je peux alors orienter vers d’autres aides : cela vaut toujours la peine de se renseigner. » 

 

*Fonds d’État avec un cofinancement de la Région, du Département, des six “Comcom”.

• Rébécca Dain : 06 20 61 13 32.


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