Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 21 décembre 2018

Écoconstruction. À l’occasion d’une journée technique menée par Interbois, Thierry Amalric et Nelly Rouland ont présenté une maison en ossature bois et béton de chanvre, qu’ils ont fait construire en 2011, comme maison secondaire.

Petite maison parfaitement écolo

Il a beau faire un petit 2 °C à l’extérieur, lorsque Thierry et Nelly ouvrent les portes de la dépendance qu’ils ont fait construire voilà sept ans, il y fait plutôt doux. Pourtant, la maison est désormais inoccupée, non-chauffée. C’est là que l’on prend tout à fait conscience de la qualité d’isolation d’une habitation en ossature bois et béton de chanvre.

C’était la consigne de base à respecter pour Karine Lamothe, l’architecte en charge de la réalisation du projet, en 2011. À l’époque, Thierry Amalric et Nelly Rouland habitent en région parisienne. Deux ans auparavant, ils ont acquis 3 000 m2 de terrain sur Saint-Astier et veulent s’y faire construire une maison bioclimatique. Ça ne court pas encore les campagnes, et le couple a un peu de mal à trouver des architectes qui répondent à leurs souhaits. « Ils ne nous présentaient pas des idées vraiment peu gourmandes en énergie. Il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas, sur la conception ou les matériaux », se souvient Nelly Rouland. Sauf Karine Lamothe.

L’architecte parvient à s’en tenir au budget « assez serré » de 150 000 e, conception et construction comprise. Elle opte pour l’ossature bois et le béton de chanvre, et en moins d’un an, les 70 m2 de la résidence secondaire de Thierry et Nelly sont sortis de terre.

Les contraintes naturelles prises en compte

L’exemple était parfait pour une journée toute dédiée au bois-construction et aux matériaux bio-sourcés, organisée par Interbois. Karine Lamothe a pu y justifier ses choix, devant un public averti composé de constructeurs bois, de confrères et responsables environnementaux auprès des collectivités. 

« Les propriétaires voulaient garder l’aspect enduit que l’on trouve par ici tout en n’utilisant que des matériaux écologiques. Le béton de chanvre permettait les deux », explique-t-elle. Thierry Amalric ajoute : « Avec ce matériau, on avait à la fois le côté isolant et quelque chose de biosourcé pour bâtir les murs ».

Karine Lamothe a également composé et orienté le projet en tenant compte de l’environnement naturel et de cette contrainte supplémentaire : Thierry et Nelly avaient anticipé la construction d’une autre maison, positionnée un peu en retrait de la première, qui deviendrait, à termes, leur maison principale. « Il ne fallait pas que l’habitation secondaire gêne l’autre, tout en profitant quand même des apports solaires », se souvient l’architecte. Toutes les fenêtres ont été dirigées sud, sud-ouest, avec un débord de toit pour protéger de l’ensoleillement l’été. Un poêle permet de chauffer l’hiver un intérieur habillé de lambris en douglas. Ou pas, puisque la température ambiante reste agréable même sans chauffage. 


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