Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 23 novembre 2018

 

Viticulture. À l’occasion du salon Vinitech-Sifel, Bernard Artigue, président de la Chambre d’agriculture de la Gironde et de la commission viticole nationale, a lancé Proviti, une prestation proposée par le réseau des chambres d’agriculture.

Une offre de service complète

Tout à coup, le monde se masse à l’entrée du stand et les chargées de communication s’agitent en distribuant les dossiers de presse. C’est que sur un salon comme le Vinitech-Sifel, qui a eu lieu du 20 au 22 novembre au parc des expositions de Bordeaux-Lac, les conférences de presse se multiplient et il suffit de peu pour qu’elle rate sa cible. Ouf ! Quand Bernard Artigue, le président de la Chambre d’agriculture de la Gironde, se présente au micro, tout le monde est là pour l’écouter. Celui qui préside également la commission viticole nationale au sein de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture) vient présenter l’offre de services Proviti. Bernard Artigue résume cette offre simplement : « C’est un accompagnement de l’alpha à l’oméga » ; autrement dit, du pied de vigne à la vente de la bouteille.

« Chaque Chambre d’agriculture, de son côté, est à même d’accompagner les agriculteurs ou les viticulteurs, explique Louis Fleury, directeur marketing et développement à la Chambre d’agriculture de Gironde. Là, nous voulons harmoniser les prestations avec une offre de services globale. Le socle sera le même pour toutes les chambres, même si chacune pourra l’adapter en fonction de ses besoins spécifiques. »

Ainsi, si Proviti est bien une émanation de la commission viticole de l’APCA, elle a été conçue sur la base de ce qui est proposé par la Chambre de la Gironde. Ce que confirme Louis Fleury : « En Gironde, nous sommes déjà en avance sur l’accompagnement au viticulteur parce que nous sommes une terre viticole et que nous avons souhaité répondre à la demande du terrain ». L’idée est qu’in fine, les chambres soient les partenaires incontournables des viticulteurs, capables d’être à leurs côtés de l’amont à l’aval avec un accompagnement qui soit « le plus individualisé possible, le plus précis possible », selon Louis Fleury.

Quatre exemples

Pour illustrer Proviti, les responsables de la chambre ont décliné quatre thèmes : le zéro herbicide, les certifications environnementales, la traçabilité et la stratégie globale.

Pour le zéro herbicide, le conseiller de la Chambre de Gironde, Laurent Bernos a expliqué de quelle manière un partenariat avait été mené avec le Conseil départemental de Gironde. En partant d’un diagnostic, pris en charge à hauteur de 80 % par le Département, le conseiller va pouvoir proposer des solutions au viticulteur pour que ce dernier puisse se passer d’intrants. « Cette orientation technique est compliquée, elle peut demander une nouvelle organisation, des investissements, c’est un travail au long cours, » précise Laurent Bernos. Si pour l’instant ce zéro herbicide n’existe qu’en Gironde, Bernard Artigue espère bien que dans le cadre de Proviti, il pourra se décliner dans d’autres départements : « C’est une mécanique qui est enclenchée et on ne pourra pas revenir en arrière ».

HVE niveau 2

La société pousse les viticulteurs à entrer dans une démarche de certification environnementale. Cédric Courbris, président des Vignerons indépendants de Gironde, a volontiers reconnu que c’était cette pression sociétale qui l’avait incité à se faire certifier. « Surtout, avoue-t-il, j’en avais peur : du travail en plus, des investissements en plus… »

Le conseiller viticole Yann Montmartin l’a rapidement rassuré. Son exploitation était déjà à 99 % dans les clous pour obtenir la certification HVE (Haute valeur environnementale) niveau 2. Du coup, ça dédramatise. L’atout n’est pas négligeable, y compris pour la commercialisation. D’ailleurs pour Yann Montmartin, à terme, 100 % des exploitations viticoles seront d’une manière ou d’une autre certifiées. « Nous sommes aujourd’hui capables de répondre à nos clients d’où vient telle cuvée, quel raisin et tout ce qui a été fait sur chaque parcelle. »

Aller chercher des marchés en Chine

Benoît Le Ribauld est venu de sa Champagne pour évoquer la traçabilité en viticulture. Il livre à la coopérative Cogédi qui produit les Champagnes Collet, dont il est l’un des administrateurs. Pour la mise en place de la traçabilité, la coopérative s’est appuyée sur Thomas Mineur, conseiller à la Chambre d’agriculture. « Depuis dix ans, nous travaillons avec l’outil Mes P@rcelles, que nous adaptons aujourd’hui pour les coopératives », a expliqué ce dernier. Il rappelle aussi que ce logiciel offre une sécurité réglementaire mais est aussi une aide au calcul des marges ou encore à la gestion des stocks.

Dans le cadre de l’offre de service Proviti, il existe un autre logiciel spécifique aux viticulteurs, Ma C@ve, pour gérer la vinification et tracer les vins.

Enfin, le quatrième thème abordé lors de cette présentation nationale concerne la stratégie globale, de la production à la commercialisation. Pour ce faire, Bernard Artigue s’est réjoui que la Chambre de Gironde soit l’une des premières en France à avoir embauché un conseiller dédié à l’export vers la Chine.

Laurent Chu assume cette tâche en accompagnant les producteurs afin qu’il trouve leur place sur ce vaste marché de l’Empire du Milieu. Dominique Galineau, qui profite de ses conseils, a ainsi révélé qu’il se passionnait de plus en plus pour la commercialisation, un secteur qu’il délaissait précédemment quand son vin partait au négoce bordelais. « Pour une fois, marcher ensemble, harmoniser et parler entre nous. Voilà ce que doit être Proviti », a conclu Bernard Artigue.

 

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