Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 16 novembre 2018

 

Nontron. Pour la première fois, des artisans d’art régionaux ont pu assister à une formation sur la réglementation européenne sur le luminaire, les 12 et 13 novembre, au Pôle des métiers d’art.

 

Les artisans d’art face aux normes du luminaire

 

Les discussions vont bon train autour des créations luminaires, le 13 novembre, dans une salle du Pôle des métiers d’art à Nontron. Onze artisans d’art en provenance de la région Nouvelle-Aquitaine y étaient pour assister à la formation “Réglementation des luminaires“ afin d’apprendre à faire certifier conformes leurs créations et pouvoir ainsi participer à des salons importants. 

Cette formation était très demandée par ceux qui ont recours à de l’éclairage dans leurs œuvres. Il s’agit de la première des formations de ce genre, décentralisées en Dordogne. La plupart du temps, elles se déroulent à Paris. Cette fois-ci, la Chambre de métiers et de l’artisanat et le GIL, syndicat du luminaire, se sont employés à ce qu’elle ait lieu à Nontron.

Sophie Rolin, directrice du Pôle des métiers d’art, explique : « La création en luminaire se développe car elle intervient dans la décoration intérieure. De plus en plus d’artisans d’art en font. » Mais la réglementation se fait stricte en la matière. « On a demandé aux artisans qui adhèrent à notre association quelles formations ils avaient envie de mettre en place. Ils ont choisi celle-ci. On a sollicité la Chambre de métiers, qui a été d’accord pour aider les professionnels des métiers d’art. Cette formation est très demandée, mais il n’y a que le syndicat du luminaire qui en dispense, avec très peu de formateurs. D’où la difficulté de les faire venir chez nous. »

« Des risques électriques et thermiques. »

Il faut dire que l’enjeu est de taille pour les artisans d’art, ne serait-ce qu’en termes de sécurité, mais pas seulement. Sylvie Capelino, conceptrice de bijoux et de luminaires de la marque 1P2L à Nontron, a été un peu l’instigatrice de cette décentralisation au Pôle des métiers d’art en en faisant la demande voilà un an. « Je savais que d’autres artisans étaient intéressés. J’estime qu’il faut que je sois aux normes européennes et françaises pour vendre mes produits en toute sécurité pour les acheteurs. Au vu de l’étendue de la réglementation européenne, on n’est pas au courant de tout. En particulier, l’étiquetage est très important. On a amené nos créations pour faire les étiquettes de façon à être en règle lors des contrôles des douanes », explique-t-elle. De cette manière, l’artisane d’art espère pouvoir accéder à des salons qu’elle n’aurait pas envisagé de faire jusqu’à présent.

Jean-Marie Croué, formateur et délégué général du syndicat du luminaire, a fait plus de 500 km en voiture depuis Paris, avec ses 100 kilos de matériel électrique dans son coffre, pour rallier Nontron et assurer la formation pendant ces deux jours. « J’ai déjà fait des formations décentralisées à Vannes. Je propose toute une partie théorique et une autre pratique. Hier, on a présenté la réglementation principale et fabriqué un luminaire. La plupart des artisans d’art présents ont un savoir-faire remarquable. Ils maîtrisent le fer, la faïence ou le bois. Souvent, ils n’ont pas démarré par le luminaire. Quand ils s’y mettent, ils ont le souci de bien faire en conformité avec la réglementation. Le luminaire implique des risques électriques et thermiques. Personne ne va mourir avec une sculpture en bois. Si on y ajoute un fil et une douille, cela devient un produit dangereux », explique le formateur.

D’autres sessions de formation doivent être mises en place en 2019 par la Chambre de métiers et le pôle.

 

 

 


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