Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 16 novembre 2018

Élevage. Déjà partenaires au sein d’une union de coopératives, Périgord Aviculture et Maïsadour font un grand pas supplémentaire en fusionnant. La structure périgourdine devient ainsi une section du groupe coopératif landais.

Après l’union, le mariage

Entre vendredi 9 novembre et le 4 décembre prochain, une page de la coopération périgourdine va se tourner. Vendredi dernier, lors de l’assemblée générale de Périgord Aviculture, le vote à l’unanimité des éleveurs présents, représentants les deux tiers des adhérents, a entériné le projet de fusion de Périgord Aviculture avec Maïsadour. Le 4 décembre, le groupe coopératif tiendra à son tour son assemblée générale et cette fusion sera, là aussi, soumise au vote. La coopérative de volailles de chair de Dordogne deviendra alors Maïsadour section Périgord Aviculture.

Une histoire chahutée

Pour qui connaît l’histoire de la coopérative, ce mariage trouve sa logique dans un partenariat déjà ancien entre les deux structures. Ainsi, en 2005, Périgord Aviculture devient adhérent de Maïsadour, qui lui fournit depuis plusieurs années de l’aliment. Mais ce partenariat se renforce nettement au moment de la faillite de l’abattoir de Terrasson, Volailles du Périgord, que fournit justement Périgord Aviculture. À l’époque, en 2011, c’est le branle-bas de combat pour la filière avicole périgourdine. Soit l’outil industriel d’abattage est sauvé, soit cette filière longue disparaît du paysage agricole périgourdin.

Fermiers du Sud-Ouest, créés par Maïsadour et Terena, rachète l’abattoir terrassonnais, qui prend le nom de Fermiers du Périgord. Dans le même temps, l’Union aviculture Sud-Ouest (UASO) est constituée et regroupe Maïsadour, Périgord Aviculture et Sud-Ouest aliments. Le but est de soutenir l’activité de la production amont en ces temps difficiles. La durée de vie de cette union de coopératives est de cinq ans. Elle s’achevait donc en 2017.

Une alternative simple

« L’alternative était simple : mettre fin à l’union et continuer tout seul ou aller plus loin avec Maïsadour et fusionner dans une suite logique », explique Virginie Petit, présidente de Périgord Aviculture depuis le 13 octobre. Même si perdre la stricte identité périgourdine n’est pas facile, le conseil d’administration de Périgord Aviculture a choisi la fusion. « Les choses ont été faites de manière exemplaire, relève Michel Prugue, président de Maïsadour. Ce projet a été réfléchi, raisonné et présenté à l’ensemble des adhérents de

Périgord Aviculture. »

Un gros qui mange un petit ? Les deux responsables réfutent cette idée. « Tout seul, nous aurions été dans l’incapacité de nous développer. En revanche, nous avons demandé une gouvernance qui nous laisse des manœuvres ici », soutient Virginie Petit. Ce que confirme Michel Prugue : « À Maïsadour, nous sommes très attachés à la proximité mais celle-ci ne se décrète pas. L’éloignement de Périgord Aviculture de notre siège social dans les Landes implique un fonctionnement différent, qui va être expérimenté ici. »

Ainsi, les locaux comme les salariés, cinq à ce jour, restent à Boulazac. Un comité technique et économique sera constitué et reprendra peu ou prou le rôle du conseil d’administration. Virginie Petit devient administratrice de Maïsadour et sera accompagnée dans sa tâche par un administrateur stagiaire, Thierry Noirot.

Maïsadour produisait jusqu’à présent 12 millions de volailles de chair par an. En intégrant Périgord Aviculture, le groupe coopératif va passer à plus de 15 millions, avec deux IGP, poulets des Landes et poulets du Périgord, et devenir ainsi « le deuxième groupe français », se réjouit Michel Prugue.

 


 

EN CHIFFRES

  • 3,2 M de volailles label produites par Périgord Aviculture
  • 107 exploitations adhérentes à Périgord Aviculture, dans six départements, ce qui représente 216 bâtiments de 400 m2

Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex