Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 9 novembre 2018

 

Emploi. La FDSEA 24 et les JA restent déterminés à obtenir la meilleure compensation possible de la disparition du Tode et du CICE. Ils ont invité des parlementaires chez Pierre Brunie, pomiculteur à Dussac.

Toujours mobilisés pour le Tode

Les avancées obtenues en première lecture du Projet de loi de financement de la sécurité sociale à l’Assemblée nationale semblent doper la FDSEA 24 et les JA pour aller plus loin. En compensation de la disparition du Tode (Travailleurs occasionnels demandeurs d’emploi), le projet de loi modifié instaure une exonération complète de charges patronales jusqu’à 1,15 Smic avec un point de sortie à 1,6 pour 2019 et 2020. Un premier pas vers une sortie progressive, qui n’est pourtant pas encore suffisant pour les syndicats. C’est pour cette raison qu’ils ont invité les parlementaires à venir discuter du problème à l’Earl Les Vergers de la Robertie, à Dussac, chez Pierre Brunie, alors que le nouveau texte doit être examiné par le Sénat, à partir du 12 novembre, avant de revenir à l’Assemblée nationale. Fabien Joffre, le président départemental du syndicat, Laurence Rival, présidente de la commission emploi, accompagnés de quelques arboriculteurs, ont pu échanger sur les inquiétudes posées par cette évolution avec le sénateur Claude Bérit-Debat et Marc

Mattera, suppléant du député Jean-Pierre Cubertafon.

Chiffres à l’appui, Pierre Brunie a exposé son cas. Il est gérant d’un verger de 12,5 ha de pommes et aussi éleveur de bovins viande. Le coût supplémentaire de la suppression totale du Tode approcherait les 12 000 € chez lui (25 saisonniers, 8 337 heures travaillées), sur la base d’une année assez atypique marquée par le gel en 2017. En année normale (650 tonnes produites), il évalue le surcoût à 20 000 €, soit 3 centimes le kilo de pommes. « Le marché de la pomme est européen, a-t-il expliqué. Avec les Espagnols et les Italiens, c’est très compliqué sur les prix. Cela se joue au centime près. » 

Des difficultés à trouver des saisonniers

La problématique est d’autant plus importante en pommes ou en fraises que la main-d’œuvre représente environ 60 % du coût de production. Les producteurs ont souligné leur difficulté croissante à trouver des saisonniers. « Si on est obligé de les mettre aux 35 heures, ils ne seront pas très intéressés à venir travailler, notamment les Portugais et les Espagnols qui viennent pour faire beaucoup d’heures », selon l’exploitant de Dussac. « Si une filière tombe, ce sera encore plus compliqué de trouver des saisonniers, car l’intérêt en Dordogne est de pouvoir passer de l’une à l’autre. Surtout qu’en France, on a choisi les axes de la qualité et de la réduction des phytosanitaires, qui dépend beaucoup de la main-d’œuvre », a ajouté Fabien Joffre. 

Afin de compenser la fin du Tode et du CICE, l’ensemble des participants s’est exprimé pour porter l’exonération de charges patronales à 1,25 du Smic, début de la dégressivité, en excluant les congés payés et les heures supplémentaires. Le sénateur Claude Bérit-Debat a dit : « Il faut trouver une formule pour atténuer cette suppression. C’est le gouvernement qui la détient. Je soutiendrai vos revendications. Le monde agricole est assez bien défendu au niveau du Sénat, mais à la fin c’est l’Assemblée nationale qui vote. » Marc Mattera a quant à lui demandé des éléments chiffrés, précis, basés sur la dernière proposition à 1,15, afin de mieux défendre la démarche. « Il est important de garder ce système sinon ce serait la fin d’un grand nombre d’exploitations », a souligné Laurence Rival.

Une autre rencontre de ce type est prévue le 19 octobre, en Bergeracois, chez un viticulteur, autre filière très touchée par la réforme.

 


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