Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 2 novembre 2018

 Tabac. Contrairement à la tendance depuis plusieurs années, durant lesquelles France tabac a connu plusieurs plans sociaux, l’entreprise de transformation de feuilles de Sarlat connaît un regain d’activité, multipliant quasi par deux sa production.

Récupération des volumes allemands

« Je préfère un été comme celui-là plutôt que celui de l’an dernier. » Éric Tabanou, directeur général de France tabac, fait allusion à la hausse d’activité soudaine à laquelle a dû faire face son entreprise, dès le mois de juillet dernier. À cette époque-là, l’usine allemande de Karlsruhe ferme. Cette dernière appartient à Alliance one international, qui transforme des feuilles issues des productions allemande et polonaise. « La plupart des usines européennes de première transformation en Europe sont comme nous : elles font face à un déficit de matière première, explique Éric Tabanou. Si nous n’avions pas récupéré les volumes traités par cette usine, nous aurions fermé, nous aussi. »

De fait, le malheur des uns fait le bonheur des autres. « Il a fallu que nous soyons très réactifs, raconte le directeur général. Ce n’était pas un petit ajustement de production : nous avons quasiment doublé les volumes, en passant de 5 600 tonnes produites à 9 600 tonnes. En plus, il a fallu que nous adaptions nos process à ceux de l’Allemagne. Nous avons eu un été compliqué, et c’est encore en cours d’adaptation. »

Après les plans sociaux qu’a connu l’entreprise sarladaise, en 2007, 2011, 2014 et 2016, cette hausse d’activité est une bouffée d’air (sans mauvais jeu de mots) pour la filière tabacole.

Une place à se faire sur le marché à chicha

Pour pouvoir accomplir le travail demandé, France tabac a fait appel au Groupement d’employeurs du Sarladais afin de gonfler ses effectifs. Actuellement, l’entreprise tourne donc avec 36 permanents et 45 à 50 saisonniers, sachant que la haute saison démarre tout juste pour ne s’arrêter qu’en février.

La majeure partie (95 %) de ce qui est transformé sur le site de Sarlat part à l’export, vers l’Asie, les États-Unis, l’Europe ou le Moyen-Orient. France tabac est reconnue pour son savoir-faire, notamment sur le marché du tabac à chicha. « Notre savoir-faire peut aussi être un point faible, dans la mesure où à force de plans sociaux successifs, nous avons perdu en compétences. Or, il y a une vraie reconnaissance de cet atout auprès des cigarettiers, déplore Éric Tabanou. Autre point fort : nous produisons du tabac blond (du virginie), aux caractéristiques très recherchées sur le marché à chicha. Et ces caractéristiques sont liées aux conditions pédoclimatiques. C’est-à-dire que la même variété plantée ailleurs ne fonctionnera pas comme ici. »

Un argument malheureusement insuffisant pour motiver de nouvelles installations en tabaculture, alors même qu’Éric Tabanou le rappelle : « Le problème, c’est la pénurie de matière première ».


 L'ENTREPRISE

9-enc

 

France Tabac, ZI Madrazes, route Gourdon, Sarlat 

Transformation de feuilles de tabac 

36 salariés permanents

  • 95 % du chiffre d’affaires 2017 réalisé à l’export

Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex