Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 19 octobre 2018

Grand Bergeracois. La Communauté d’agglomération de Bergerac est la collectivité qui a le plus augmenté son taux de taxe d’habitation. Frédéric Delmarès, président de la CAB, défend ce choix et en relativise la portée.

« Garder nos capacités d’investissement »

« Le pourcentage peut être élevé, mais quand on augmente de 26 % sur zéro, ça reste à zéro. Toute augmentation dépend du montant initial. » Frédéric Delmarès se fait volontiers provocateur. La collectivité qu’il préside fait partie de celles qui ont augmenté leur taux sur la taxe d’habitation. Cette fameuse taxe d’habitation à la une des actualités, dont la baisse doit améliorer le pouvoir d’achat des Français, comme le vante le gouvernement. Oui mais, si on baisse d’un côté, qu’on augmente de l’autre, qui gagne ?

Le taux de la taxe d’habitation de la communauté d’agglomération de Bergerac est passé de 7,44 à 9,44 %, ce qui est l’augmentation la plus importante des communautés de communes en Dordogne. Frédéric Delmarès, le président de la CAB, assume ce choix. « Nous avons des recettes relativement faibles et, par ailleurs, des dépenses supplémentaires, dont certaines imposées par l’État », souligne-t-il. Comme la Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations) ou la modernisation de la ligne ferroviaire Bergerac-Libourne.

L’élu veut également garder la possibilité d’investissement de la CAB. « En 2018, le budget investissements sera de 15 millions d’euros, il était de 6 millions seulement en 2016. » Et Frédéric Delmarès de rappeler qu’un euro investi, par effet de levier, en génère dix autres. Il prend en exemple l’aménagement d’une zone d’activité qui va permettre d’accueillir un site industriel. Avec une cinquantaine d’emplois à la clé. Il faut y créer un accès et des aménagements.

Une moindre baisse

« Nous comprenons bien que certains peuvent trouver ça douloureux mais notre guide, c’est le retour sur investissement », plaide le président de la CAB. Surtout, il tient à rappeler que tout le monde n’est pas touché de la même manière par cette augmentation. En espèces sonnantes et trébuchantes. D’abord, sur le territoire de la communauté d’agglomération bergeracoise, 20 % des foyers sont exonérés de taxe d’habitation. Et 20 % vont effectivement payer plus qu’avant, ceux qui ne sont pas concernés par la baisse progressive de la taxe d’habitation annoncée par le département. Les 60 % restants vont avoir une baisse moins importante que prévue. « Prenons un foyer avec une maison de 120 m2, qui payait jusqu’à présent 1 000 Ä  de taxe d’habitation. Pendant trois ans, elle aurait une baisse d’un peu plus de 300 Ä de cette taxe. L’augmentation de notre taux, ça représente 100 Ä. Donc la baisse effective est de 200 Ä. C’est quand même une baisse », justifie Frédéric Delmarès.

 


 

COMPARAISON

Selon les chiffres fournis par la Communauté d’agglomération de Bergerac, le poids de la fiscalité est plus important à Sarlat qu’à Bergerac, Périgueux se situant entre les deux. On additionne les quatre produits fiscaux, qui agrémentent les recettes des collectivités, à savoir les taxes foncières bâti et non-bâti, la taxe d’habitation et la CFE (Cotisation foncière des entreprises), et on compare la pression fiscale en euros par habitant. À Périgueux, le total s’élève à 943 Ä/hab, soit 722 Ä pour Périgueux ville et 221 Ä pour le Grand Périgueux. À Sarlat, c’est 1 090 Ä/hab, soit 829 Ä pour Sarlat et 261 Ä pour la communauté de communes. Enfin, à Bergerac, ce montant est de 753 Ä/hab, soit 585 Ä pour Bergerac et 168 Ä pour la Communauté d’agglomération de Bergerac.


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex