Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 12 octobre 2018

Conférence. Le Conseil départemental, la Fédération des Cuma et Interbois Périgord ont présenté la forêt en Dordogne lors du Festival des énergies, à Douchapt. Une source d’énergie renouvelable qui couvre 45 % du territoire.

La forêt, de l’énergie à revendre

Dans le programme assez rempli du Festival des énergies, les 5 et 6 octobre, au village de Beauclair à Douchapt, une conférence a été organisée : “La forêt, source d’énergie renouvelable“. Christophe Prince, délégué d’Interbois Périgord, Bertrand Langlois, animateur à la Fédération des Cuma, et Fabrice Mathivet, du Conseil départemental de la Dordogne, en ont assuré la présentation.

Les trois intervenants ont pu dévoiler les divers effets positifs de la forêt pour l’environnement, notamment en fixant le carbone. En Dordogne, elle couvre 418 000 ha, soit 45 % du territoire, en faisant le troisième département le plus boisé de France, avec trois quarts de feuillus et un quart de résineux. L’arbre mature est utilisé à 40 % à destination du bois-énergie ou d’industrie, 30 % pour le bois d’œuvre et 30 % pour les produits connexes de scierie. « La forêt subit les événements climatiques comme les tempêtes de 1999 et 2009, les sécheresses et les maladies telles que l’encre du châtaignier ou la chalarose du frêne. Elle ne se déplace pas », a expliqué Christophe Prince. 

Certains phénomènes comme le dépérissement des taillis de châtaigniers sont apparus assez récemment. Les professionnels réunis au sein d’Interbois ont décidé de combattre le phénomène avec l’aide des pouvoirs publics. 4 800 ha de travaux en dix ans ont été réalisés, dont 586 ha de taillis dépérissants. La Région et le Département aident les propriétaires forestiers dans leurs investissements, a expliqué Fabrice Mathivet. 99 % de la forêt est privée en Dordogne.

Une ressource énergétique

Dans le département, les peuplements sont « claquants » ou « subclaquants » et deviennent une véritable source d’énergie. Le châtaignier alimente la production de plaquettes forestières. 86 400 tonnes sont produites dont 20 000 t sont consommées localement. Le département exporte en la matière comme pour le bois d’industrie. « Après la récolte, on reconstitue les peuplements. On replante du résineux les trois quarts du temps, notamment du pin maritime, car les sols sont adaptés, et 25 % de feuillus comme du chêne rouge d’Amérique. En sud Dordogne, c’est plutôt des mixtes châtaignier et pin maritime », a détaillé Christophe Prince.

L’intervention d’une personne dans le public a souligné les risques d’une monoculture industrielle à base de résineux, faisant le parallèle avec ce qui se passait en Limousin. « La forêt devient une usine à bois et une niche fiscale pour les fonds de pension et les assurances. » Les intervenants se sont voulus plutôt rassurants sur ce point. « Le morcellement de la forêt, avec beaucoup de propriétaires nous protège un peu de cela », selon le délégué d’Interbois.

Progression du granulé

Un tour d’horizon du bois énergie a été réalisé. En Dordogne, 43 % de l’énergie utilisée pour la production de chaleur sont issus de produits pétroliers, 24 % de l’électricité, 12 % du gaz et 13 % des ENR thermiques. 78 % de ces 13 % sont composés de bois. Il se consomme autour de 250 000 m3 de bois de chauffage, soit un tiers du volume de bois récolté/an. « Plus un bois est sec, plus il contient de l’énergie », a précisé Bertrand Langlois. Sachant qu’un bois sec avec un taux d’humidité inférieur à 25 % est prêt à l’emploi. 

Les granulés bois gagnent du terrain. « On peut en trouver localement, selon l’animateur des Cuma. On a l’usine Grasasa à Saint-Sabine-Born, qui en fait à partir de connexes de scieries situées 60 km autour de l’usine. » Elle produit 17 000 tonnes de granulés par an redistribués auprès de revendeurs locaux.

 

La plaquette forestière bénéficie du développement des chaufferies collectives (on en recense 45 sur le territoire dont 20 réseaux de chaleur), en particulier à Périgueux et aux alentours, dans le cadre du plan bois-énergie. La récente inauguration du réseau des Deux Rives en est un exemple.

 


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