Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 21 septembre 2018

Tuberculose bovine. Alors que de nouvelles mesures sont mises en place pour lutter contre la maladie, des agriculteurs trouvent des solutions simples de mesures de biosécurité. Exemple à Saint-Rabier, au Gaec des Trois tilleuls.

De la mare au baquet, circuit fermé

11 2« Nous avons la chance d’avoir des mares en haut de nos collines. Des résurgences du Massif central. » De cette particularité géologique, Magali Gayerie et sa mère, réunies au sein du Gaec des Trois tilleuls à Saint-Rabier, ont fait une force pour aménager leurs points d’eau et les sécuriser. Des mesures de biosécurité simples et de bon sens, qui ont été prises en exemple par les participants et responsables du comité de pilotage de lutte contre la tuberculose bovine en visite sur l’exploitation. « Bien sûr, c’est un exemple, pas forcément à refaire à l’identique mais qui permet de montrer que la biosécurité, ça peut être simple. Dans tous les cas, ce sont les éleveurs qui ont les cartes en main », a plaidé Franck Martin, responsable service vétérinaire à la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations).

Le Gaec des Trois tilleuls produit des veaux sous la mère (70 par an) avec une centaine de mères limousines et des tantes montbéliardes. La SAU est de 130 hectares, quasiment tout en prairie. Les mères sont rentrées le matin et le soir pour faire téter les veaux. Magali Gayerie, installée depuis 2004, est d’autant plus sensible à la biosécurité, que son troupeau a été victime de la BVD il y a deux ans, entraînant un assainissement drastique de ce dernier.

Parmi les recommandations pour lutter contre la tuberculose bovine, la mise en sécurité des points d’abreuvement est une priorité. Sur son exploitation, Magali Gayerie compte une dizaine de mares, chacune va permettre d’installer trois ou quatre points d’eau sur les pâtures. « Le système est simple parce qu’il fonctionne par gravité », explique l’éleveuse. De fait, à partir des mares, des tuyaux sont tirés et enterrés vers les baquets. L’eau descend vers les points d’abreuvement où un flotteur permet de garder le niveau après que les animaux ont bu. « J’ai de l’eau tout le temps et ça suffit pour abreuver les vaches », reconnaît Magali Gayerie.

Évidemment, c’est dès le départ qu’il faut éviter la moindre infection, aussi les mares sont-elles clôturées pour empêcher le gibier de s’en approcher, tout comme les fossés desservant les prairies. Par ailleurs, le tour des baquets est empierré pour éviter le piétinement des bovins. Enfin, les clôtures sont électriques et le fourrage est stocké à l’intérieur d’un bâtiment. Le parcellaire étant bien regroupé évite le fil à fil avec les voisins et une haie délimite le plus proche voisin.

La mise en œuvre de ces pratiques, a rappelé Magali Gayerie, nécessite du temps et, surtout, de la surveillance quotidienne.

À chacun de s’en inspirer en fonction de ses possibilités.


 

De nouvelles mesures

 Avant la visite à Saint-Rabier, s’est tenue une réunion du comité de pilotage de lutte contre la tuberculose bovine.

Le comité de pilotage de la lutte contre la tuberculose bovine qui rassemble autour de Mme la Préfète des représentants des éleveurs (GDS, Chambre d’agriculture), des vétérinaires sanitaires, des chasseurs, de la DDCSPP, de la DDT et de l’ONCFS s’est réuni le 13 septembre dernier. Des représentants de la Direction générale de l’alimentation et de la Direction régionale de l’agriculture et l’alimentation ont présenté les points forts de la stratégie de la lutte au plan national et régional : 

• rendre la surveillance de la maladie plus efficiente en adaptant les protocoles de dépistage pour optimiser leurs performances sur les espèces domestiques en élevage comme en abattoir ;

• développer la biosécurité en élevage bovin, en construisant avec les professionnels un guide de bonnes pratiques adapté au risque tuberculose bovine en élevage bovin, à partir des connaissances actuelles et des expériences de terrain, et en imposant réglementairement les mesures indispensables en matière de biosécurité dans certaines zones à risque ;

• obtenir un haut niveau de garantie de l’assainissement des zones infectées en veillant à bien informer l’éleveur sur les contraintes liées à l’abattage sélectif et en veillant avec attention au respect de ces contraintes ;

• adapter le pilotage et les moyens au défi de l’éradication de la tuberculose bovine en soutenant des projets de recherche pouvant contribuer à améliorer la lutte contre cette maladie.

Alors que le démarrage de la campagne de prophylaxie 2018-2019 de la tuberculose bovine se rapproche, ce copil a été l’occasion de faire un bilan de la campagne précédente et d’exposer le protocole de la future campagne.

En dépit des contraintes propres au nouveau test de dépistage IDC (Intradermotuberculination compa-
rative), la précédente campagne de prophylaxie s’est déroulée de manière satisfaisante de l’avis même des éleveurs, des vétérinaires sanitaires et des experts. Le taux de réactions déclarées a sensiblement augmenté. Ce taux est passé de 0,22 % en 2017 à 0,43 % en 2018, ce qui témoigne d’une amélioration de la surveillance quand bien même le nombre de foyers déclarés est resté globalement identique en 2017 et 2018 (31 foyers en 2017 contre 29 en 2018).

Si la Nouvelle-Aquitaine demeure la région la plus concernée par le sujet “tuberculose bovine” avec plus de 85 % des foyers recensés en 2018, la Dordogne n’est plus désormais le département le plus infecté (29 foyers détectés ce jour). Elle est devancée par les Pyrénées-
Atlantiques (33 foyers).

Toujours en recherche d’amélioration de son dispositif de surveillance de la maladie, les services de l’État en Dordogne ont décidé :

-  de placer l’ensemble des cheptels du département en prophylaxie annuelle,

-  d’abaisser l’âge des animaux soumis au dépistage de 24 à 18 mois.

Ces mesures devraient entrer en vigueur à la fin de l’année.

En parallèle, l’État a augmenté son soutien financier pour le dépistage et l’assainissement en revalorisant de 2 millions d’euros l’aide à la réalisation de l’IDC par bovin, et en augmentant sensiblement les barèmes forfaitaires des indemnisations pour les abattages
diagnostics.

 Préfecture 


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