Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 21 septembre 2018

Social. Face à une situation financière déficitaire et aux inquiétudes sur leur avenir, les salariés de la Cuma Agro-Aquitaine ont bloqué l’entrée du Pôle interconsulaire mercredi matin. La structure est placée sous la tutelle de la FD Cuma pour l’instant.

La Cuma creuse son trou

« Nous, ce que nous voulons c’est un vrai pilote dans notre bateau. » Cette revendication prononcée par Raphaël Serros, chef d’atelier, résume le sentiment de la quinzaine de salariés de la Cuma Agro-Aquitaine, bloquant l’entrée du Pôle interconsulaire de Coulounieix-Chamiers, mercredi 19 septembre. Un pilote ? Avant de l’avoir, c’est bien la démission de leur président, Benoît Bonneau, qu’ils exigent. La veille, mardi soir, une réunion a rassemblé les salariés, le président et le conseil d’administration. Celle-ci s’est mal terminée quand il a été annoncé aux employés que la structure avait un déficit de 700 000 Ä, et des impayés chez plusieurs fournisseurs pour une somme importante.

La Cuma périgourdine, devenue par la suite Agro-Aquitaine, existe depuis 1975. Elle est spécialisée dans le drainage et tous les travaux de terrassement. Elle compte aujourd’hui une vingtaine de salariés. Si le siège social est au Pôle interconsulaire, elle possède un atelier de mécanique à Sourzac. Elle officie sur les départements de Dordogne, de l’ex-Aquitaine ainsi que dans le Gers. Si elle est forte de près de 2 000 adhérents, seuls 700 sont considérés comme actifs, c’est-à-dire ayant fait appel à la Cuma au cours des cinq dernières années. Son chiffre d’affaires est estimé à environ 1,8 million d’euros. Enfin, elle possède une filiale, l’Eurl Agro-aménagement services, destinée à répondre aux marchés publics ou aux particuliers.

En fin d’année dernière, le directeur de la Cuma, Laurent Coulaud, démissionne de son poste. Il est remplacé en janvier par Emmanuelle Claverie. Cette dernière est en arrêt maladie depuis une dizaine de jours.

Sauver l’outil

En venant manifester leur inquiétude devant le Pôle interconsulaire, les salariés de la Cuma voulaient deux choses : la démission de leur président Benoît Bonneau et la mise sous tutelle de la Cuma, avec une prise en charge par la Fédération départementale des Cuma. Pour résoudre ce conflit rapidement, ils avaient obtenu une réunion dans l’après-midi avec une délégation les représentant, des membres du Conseil d’administration et des élus de la Chambre d’agriculture et de la Fédération des Cuma.

À l’issue de cette réunion, en fin d’après-midi, les salariés, pour l’essentiel, ont obtenu gain de cause. « L’idée, a souligné Jean-François Gazard-Maurel, président de la FD Cuma, c’était d’arriver à se mettre d’accord pour sauver cet outil essentiel aux agriculteurs qu’est la Cuma Agro-Aquitaine. » « C’était une réunion de crise pour une remise à niveau de crise », a constaté le délégué syndical de la Cuma, Christophe
Cramaregeas. Cette remise à niveau passe donc par la démission de l’actuel président Benoît Bonneau. Il sera remplacé lors d’un conseil d’administration, la semaine prochaine. Pour l’instant, la direction par intérim de la Cuma sera assurée par Thierry Guérin, directeur de la FD Cuma.

Jean-François Gazard-Maurel déplore une gestion « à la petite semaine » d’une structure qui n’a cessé de grandir et pour laquelle il fallait une stratégie à long terme. « Nous allons tout remettre à plat pour rebâtir avec des règles claires et de la fermeté s’il le faut.
Pour l’instant, l’essentiel est de retrouver de la confiance, ce dont avaient besoin aussi les salariés. Eux aussi ont les clés de l’entreprise. »
Ce qu’a confirmé Christophe 
Cramaregeas invitant tout le monde à reprendre le travail dès le lendemain.


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