Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 21 septembre 2018

Vendanges. La cave coopérative de Sigoulès a lancé sa campagne 2018, le 4 septembre, dans d’excellentes conditions météorologiques. Les rendements et la qualité sont au rendez-vous d’un millésime prometteur. 

Un cru qui s’annonce bien

12 basL’agitation est à son comble ces jours-ci à la cave coopérative de Sigoulès. Les tracteurs et leurs remorques bâchées remplies de raisins se succèdent à l’entrée des conquets de réception pour y déverser leur précieuse marchandise qui doit y être pressurée. « Ce n’est pas difficile de faire mieux que l’an dernier, s’amuse Philippe Allain, président de la cave coopérative de Sigoulès, à l’heure de faire un bilan à mi-parcours. On vise une récolte normale pour nous, entre 50 000 et 53 000 hectolitres contre 37 000 hl l’an dernier. Ça fait du bien au moral. »

Avec cette campagne lancée le 4 septembre par les cépages sauvignons et les vins blancs secs, c’est un peu comme la récolte du renouveau. Les vendangeuses (la plupart en Cuma) sont à pied d’œuvre dès 4 ou 5 heures du matin alors qu’à la cave les pressoirs s’activent à partir de 6 heures du matin jusqu’à 12 h 30 ou 13 h, et même un peu plus tard pour les cépages rouges. 

La météo a été parfaite jusqu’à présent avec de la chaleur et un temps sec. « On craint de repasser en période très pluvieuse et que le botrytis se développe trop tôt. Pour l’instant, la vendange est saine », se rassure le président. Dans les vignes, le pire a été évité après le printemps pluvieux qui a provoqué des attaques massives de mildiou. « Nous l’avons à peu près maîtrisé en augmentant les traitements. La plupart des viticulteurs en ont fait au moins deux supplémentaires. » Du côté des orages aussi le Bergeracois a été assez épargné comparé à ses voisins bordelais ou charentais, même s’il y a eu quelques coups de grêles dévastateurs par-ci par-là.

Les rendements en sauvignon sont dans la moyenne de la cave, entre 60 et 65 hl/ha, bien
au-dessus des 40 hl de l’an dernier. Les premiers rouges ont été vendangés la semaine dernière pour faire du rosé. Il s’agit de parcelles sélectionnées pour leur potentiel productif plus élevé, en merlot et malbec. Là aussi, on se situe entre 60 et 65 hl/ha. « Dans l’ensemble, les degrés sont élevés. Du coup, nous n’avons pas chaptalisé. Nous l’avons fait uniquement pour les moelleux. C’est une pratique œnologique qu’on ne fait pas par plaisir. Nous y avons recours pour garder la fraîcheur du raisin, de l’acidité et du degré », explique le président.

Une organisation rodée

La cave de Sigoulès comprend 85 vignerons pour 950 ha de vignes répartis sur les cantons de Sigoulès, Eymet et Issigeac, dans les quatre couleurs du spectre vinicole. « Nous faisons aussi un peu de Saussignac en liquoreux, que l’on récolte en octobre, et une petite production de vins de pays. »

Pour cette nouvelle campagne, l’organisation semble bien rodée. Une dizaine de saisonniers ont été embauchés au chai, dont certains reviennent déjà depuis plusieurs années. 98 % de la récolte se fait à la machine à vendanger. Gilles Vernhes et Magalie Le Naour, les techniciens viticoles de la cave, sont à la manœuvre, sous l’égide du maître de chai, Lionel Condeau. « Il gère le chai et suit l’évolution des vins. Son rôle est capital, confirme Philippe Allain. Depuis un mois, nous avons défini les volumes pour nos marchés. Il organise la récolte en fonction. » La cave veut produire 10 000 à 11 000 hl de rosé. « Si on pouvait en faire 15 000 hl, on les vendrait », confie le président. Même topo en vin blanc moelleux dont le volume doit atteindre 8 000 hl. « L’autre grosse demande se porte sur les vins bio. Nous en avons 45 ha mais des viticulteurs sont en cours de conversion et d’autres s’interrogent. En 2020, nous atteindrons les 80 ha. Il faut que les viticulteurs soient convaincus et motivés car c’est une autre façon de conduire le vignoble. » 


  

Des marchés calmes

« On espère juste que le marché s’ouvre pour vendre tout ça, lance Philippe Allain. Il n’y avait pas beaucoup de volumes en 2017, mais il restait des stocks 2016. L’année a été relativement calme. Cela s’explique par une baisse de la consommation en France où les marchés sont difficiles. L’exportation reste compliquée pour les vins de Bergerac. » Les prix ont été assez stables mais il n’y a pas encore eu de transactions sur la récolte 2018. « J’ai eu des contacts à propos des volumes. On n’a pas encore parlé de prix. En 2017, on a vendu entre 1 100 euros et 1 200 euros le tonneau. Il ne faudrait pas qu’on baisse en dessous des 1 000 euros. »  


  

EN CHIFFRES 

  • 53 000 hectolitres de vendanges sont espérés par la cave coopérative de Sigoulès en 2018
  • 950 hectares de vignes sont vendangés à la cave coopérative

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