Auteur : Suzanne Boireau-Tartarat
Publié : vendredi 7 septembre 2018

 

Chasse. Les chasseurs font aussi leur rentrée : ce dimanche, ils seront 19 928 titulaires d’un permis, dont 315 nouveaux, à investir le terrain. Priorité de la fédération : la formation. Avec un point fort sur la sécurité. Et un nouvel examen. 

Il est temps de tirer à la chasse

Ce dimanche à 8 h, c’est l’ouverture de la chasse, période qui s’étire jusqu’au 28 février, 18 h. Et une certaine continuité s’agissant du sanglier puisque les battues ont repris le 1er juin, du fait d’une prolifération observée aussi bien en milieu rural qu’en zone périurbaine, avec des dégâts sur une moitié des communes de Dordogne. Pour la saison 2017/18, 12 022 sangliers ont pourtant été abattus, pour 15 221 attributions. S’y ajoutent 465 bêtes entre le 1er juin et le 15 août. « Cela fait 2 000 sangliers de plus que l’an passé », souligne Michel Amblard, président de la fédération, qui rappelle tout de même que « la chasse est un loisir, pas un travail ».

Cette année marque un renouveau pour la formation du permis. L’École chasse nature de la fédération départementale, installée à Saint-Astier depuis 2004, se prépare aux changements qui entreront en vigueur en octobre. Le nombre de chasseurs diminue et la fédération se donne les moyens d’améliorer les résultats des candidats à l’examen : la nouvelle formule s’adapte aux difficultés observées sur le parcours de formation. Cette évolution va permettre aux candidats de bénéficier d’une journée complète plutôt que deux demi-journées actuellement, ce qui offrira une meilleure concentration et un accompagnement dans la continuité, avec davantage de possibilités de manipuler les armes et de s’exercer. Cette réorganisation donne la possibilité aux formateurs de mieux évaluer les connaissances du candidat, y compris sur la
théorie, avec un examen blanc complet qui n’était pas prévu jusqu’à présent. De plus, des vidéos seront accessibles sur le site de la fédération (www.chasseurs24.com) pour détailler des parties du programme, ce qui viendra en complément du livret et aidera ceux qui négligent la partie théorique. 

Les deux tiers réussissent

63% des candidats ont jusqu’ici leur permis de chasse ”du premier coup”, si l’on peut dire. Sur 503 convocations, on compte 315 permis. Une dizaine de sessions sont proposées chaque année, avec jusqu’à 40 inscrits. Cet examen unique est fondé sur des mises en situation, avec des obstacles. Tirer ou pas ? Quelle espèce ? Le futur chasseur doit tirer quand il en a la possibilité, bien sûr. Et ramasser ses cartouches (à noter les 2 tonnes collectées sur la saison). Le rangement de l’arme fait aussi l’objet de toutes les attentions : pas de manipulation devant un humain, un animal domestique ou du matériel. Si un comportement dangereux est relevé sur le parcours, c’est l’élimination directe. Si tout va bien, l’épreuve se poursuit avec un volet théorique de dix questions, dont une éliminatoire. 

Franck Vernet et Alain Petit, techniciens et formateurs référents, notent les efforts toujours plus grands pour la sécurité. « L’office analyse chaque incident ou accident pour améliorer la formation. »
La nouvelle organisation est le fruit des observations sur le terrain et des retours d’expérience. « Dans la jeune génération, nombreux sont ceux qui n’ont jamais approché une arme car il n’y a pas de chasseur dans leur famille. Nous accueillons aussi des retraités qui choisissent la chasse comme loisir. Et des ressortissants étrangers qui doivent repasser leur permis dans le pays où ils s’installent. » L’Europe n’a pas encore harmonisé ce chapitre, l’Allemagne étant l’un des pays les plus sévères. 

En plus de cette formation initiale, la fédération propose bien des formations complémentaires (chasse à l’arc, directeur de battue, etc.) et des remises à niveau lors de modules délocalisés que 1 138 chasseurs ont suivis en 2017.

 

 


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