Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 8 décembre 2017

Agroécologie. L’association Zéro Clivages fait ses premiers pas dans le monde agricole pour promouvoir une agriculture durable, basée sur le principe de la ferme bas carbone. Moins de phytos et d’OGM et de l’autonomie fourragère à la clé.

L’agriculture vers le bas carbone

C’est vrai, elle n’en est qu’à ses « balbutiements », selon les propres mots de Pierre Veyssi, l’un de ses membres fondateurs. Mais l’association Zéro Clivages pourrait rapidement séduire un plus grand nombre d’agriculteurs que les cinq qui sont à l’origine de sa création. Elle le porte dans son nom. « Zéro Clivages signifie zéro pollution liée au climat, aux vaches ou aux gaz à effet de serre, détaille Patrice Brachet, son président. Et au-delà de ça, ça veut aussi dire que nous ne sommes pas là pour nous battre avec qui que ce soit. Nous nous adressons aux laitiers, aux éleveurs et même aux jardiniers amateurs qui font leur potager chez eux, le dimanche. »
Le principe peut également se révéler fédérateur : se basant sur les attentes sociétales et environnementales du moment, les membres de l’association réfléchissent aux meilleures manières de pratiquer une agriculture avec moins de pesticides, moins voire pas d’OGM, moins de carbone, tout en augmentant l’autonomie fourragère et protéique de l’exploitation et le bien-être animal. « Il y a un vrai défi, car le monde aujourd’hui nous attend là-dessus, insiste Pierre Veyssi. Les gens veulent manger sain, de qualité et pas cher. » Tout en pensant qu’ils font du bien ou en tout cas pas trop de mal à la planète. Pour cela, Zéro clivages se base sur le modèle de la ferme bas carbone. « La taxe carbone, c’est dans la loi. Nous savons que, dans peu de temps, il y aura une taxe sur la production de carbone. Nous savons aussi que par la pratique de certaines cultures, un peu différentes, nous sommes capables de stocker du carbone. Nous devons prendre les devants et être en capacité de prouver que nous pouvons remplacer telle culture par une autre », ajoute-t-il.

Fédérer les agriculteurs

Jean-Philippe Granger, président de la Chambre d’agriculture et l’un des cinq membres fondateurs de Zéro clivages, approuve : « C’est vrai, le bas carbone peut encore être une notion barbare pour certains. Mais c’est un sujet complet, qui couvre des thèmes de société qui, pris un à un, sont dans l’air du temps l’autonomie fourragère, la baisse nécessaire des produits phytosanitaires, l’agronomie... » « Cette association va créer du lien entre les agriculteurs, se félicite Yannick Francès, président du pôle Élevage de la Chambre d’agriculture. Les techniciens, les GIEE (Groupements d’intérêt économique et environnemental), ça existe mais la plupart des agriculteurs en sont détachés. Là, Zéro clivages entre dans le concret. »

Partager les résultats d’essais

Principalement portée par des producteurs laitiers, l’association s’attache aujourd’hui à développer un modèle adapté à cette production. Patrice Brachet, son président, pratique depuis 2013 une agriculture qui lui a fait baisser sa consommation de phytos de 70 % et ses frais vétérinaires de 20 000 à 3 000 € par an. Après analyse, il s’avère aussi que son lait serait de meilleure qualité et son troupeau « en très grande forme ». Il pratique les TCS (Techniques culturales simplifiées) avec semis direct et couvert végétal. « À l’heure où l’on se perd dans le débat du glyphosate, il y a quelque chose à en sortir », constate-t-il.
À termes, l’association souhaite proposer un diagnostic carbone à toutes les exploitations qui adhéreront, des journées techniques et formations et surtout, faire profiter ses membres de tous les résultats d’essais qu’elle aura pratiqués.


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