Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 24 novembre 2017

Palmipèdes. Les responsables départementaux de la sécurité sanitaire ont rappelé les mesures de biosécurité qui s’appliquent dans la majorité des élevages de canards, d’oies ou de poulets pour éviter le retour de l’influenza aviaire.

Se défier de la grippe aviaire

“L’hiver vient”, comme diraient les héros d’une série d’héroïc fantasy, et les palmipèdes et autres gallinacés tremblent, rajouteraient volontiers les éleveurs. Car avec l’hiver, les oiseaux migrateurs quittent leur refuge du nord pour se déplacer vers de meilleurs cieux, s’arrêtant dans leur périple sur des zones humides. Avec ces vols, c’est aussi le virus de l’influenza aviaire qui se déplace. Du coup, les élevages français entrent dans une période de risque que les mesures de biosécurité, des pratiques adéquates ou réglementaires, doivent juguler. C’est ce qu’ont rappelé, vendredi 17 novembre, Frédéric Piron, directeur, et Franck Martin, vétérinaire, de la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations).
Outre les mesures qui s’appliquent déjà, cette période comprise entre le 15 novembre et le 15 janvier – et ce sera tous les ans comme ça – voit l’obligation de nourrir les palmipèdes dans les bâtiments dès lors qu’il s’agit d’une exploitation comprenant plus de 3 200 canards ou oies. Par ailleurs, avant tout déplacement d’un lot, y compris dans une même exploitation en fonction d’une distance minimale, un prélèvement afin d’effectuer un dépistage virologique doit être fait sur 20 oiseaux (cette année, à partir du 1er décembre pour des raisons de mise en œuvre). « Actuellement, de nouvelles techniques de dépistage sont en passe d’être homologuées », a précisé Franck Martin. Quant à Frédéric Piron, il a souligné que cette mesure « vise évidemment à limiter le nombre de déplacements ».

Déclaration de mouvements

Comme ça se passe déjà pour tous les ruminants, les éleveurs vont se voir dans l’obligation de déclarer à l’administration tous les mouvements, entrées et sorties, des lots. Cette déclaration est valable autant pour les palmipèdes que pour les gallinacés. Cela implique la tenue d’un registre des mouvements et une déclaration par l’éleveur. Si pour les poules et poulets, ce système de télédéclaration existe, pour les palmipèdes, c’est un peu différent. Avec le Cifog, pour les filières longues, la base existe. En revanche, pour la filière courte, elle est à mettre en place. « Pour nous, a expliqué Franck Martin, ces déclarations de mouvements sont importantes parce que ça nous permet, en cas de problème, d’avoir au préalable recensé tous les animaux présents et l’endroit d’où ils viennent. »
Depuis les deux épisodes de grippe aviaire et la mise en place des mesures de biosécurité, la DDCSPP a effectué 54 contrôles (en 2016 et 2017). Seize feront l’objet d’une contre-visite pour non-conformité majeure. « Se prémunir de l’influenza aviaire est une responsabilité collective, a tenu à rappeler Frédéric Piron. Tous les niveaux de la filière sont concernés. »


EN CHIFFRES

  • 3 200 palmipèdes dans une exploitation, limite au-dessus de laquelle l’alimentation doit être distribuée dans un bâtiment
  • 20 animaux à prélever pour un dépistage virologique préalable à tout déplacement d’un lot de palmipèdes

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